DANS TOUTES LES GRANDES COMMUNICATIONS DE LA CAPITALE
{ le des principaux agrémens d'une grande ville consiste dans la facilité des communications et la commodité des gens à pied pour les parcourir. On est peu tenté d'admirer l'éléganc e des édifices, la richesse des boutiques, lorsqu'on ne parvient aux uns et aux autres que par des rues sales et mal pavées. Vienne, Madrid, Milan, Florence, Amsterdam ont des trottoirs en dalles de granit de niveau avec le pavé de leurs rues. Toutes les villes de l'Anglete rre et des États-Unis en ont de semblables, mais exhaussés de quelques pouces. Paris seul conserve son ancien pavé raboteux et glissant , tel à peu près quil fut établi sous Philippe-Auguste, sans qu’on ait jamais rien fait pour l'améliorer. Qué lqu s hommes éclairés se sont élevés dans leurs écrits
contre cette négligence (1), et ont attiré l'attention des administrateurs. M. le Préfet de la Seine
fit publier en 1806, dans les différens arrondissemens, une invitation aux propriétaires de maisons de donner leur avis sur l'utilité des trottoirs et de s’entendre pour leur construction. Ces propriétaires , auxquels on demandoit la dépense du premier établissement, s'y refusèrent tous, et la plupart sous les prétextes les plus puérils; ils donnèrent, par là, une nouvelle preuve de cette vérité : que le bien ne peut se faire en France que d'autorité ou par l'autorité.
C'est donc au Gouvernement, auquel on doit déjà tant de grands ouvrages d'utilité publique
dans Paris, que le nouveau bienfait de donner à la capitale des communications faciles paroît réservé. Mais avant de l'engager à prendre cette nouvelle charge, il est nécessaire de lui en
bien prouver les avantages, la facilité d'exéc
tion, et le peu de dépense à laquelle cette institution entraineroit.