ÉTAT ACTUEL DU SERVICE DES EAUX DE PARIS EN GEN ÉRAL
Des établissemens de trois espèces fournissent aux habitans de Paris l'eau rigoureusement nécessaire à leur consommation; savoir :
0, Les Sources de Belleville et des Prés-Saint-Gervais, au nord; et au midi, celles de Rungis et de Cachan, amenées par l'Aquedue d’Arcueil ;
20, La Machine hydraulique du Pont Notre-Dame ;
5v. Les Pompes à vapeur.
Je ne parle point ici des Eaux de l'Ourcq qui se distribuent dans Paris, parce que ces Eaux n'étant point encore potables, ne sont que d'un usage très-secondaire,
Chacun de ces établissemens contribue à la consommation journalière dans les propor-
tions suivantes :
pouces Soutces du Or nn e e des ent TO Sources du midi + RE NE ee ET ES Pompe Notre-Dame, . .........+........ 70 Pompe à feu de Chaillot. .................. 160 Pompe à feu du Gros-Caillou. . ...............: 60 TONER Re er OT OU 27,000 muids,
s Sources du nord.
Les Sources du nord comprennent toutes les eaux de Belleville, Ménil- Montant et les Prés-Saint-Gervais, recueillies dans des Aqueducs ou Pierrées d’un entretien peu dispendieux, dont la fondation date du règne de Philippe-Auguste.
Ces eaux, en général de mauvaise qualité, sont crues, dissolvent imparfaitement le savon,
et cuisent mal les légumes.
Des Sources du midi.
Les Sources du midi réunies dans l’Aqueduc d’Arcueil, construit par Marie de Médicis, arrivent à la hauteur de l'Observatoire, d'où elles se distribuent avec facilité dans la partie de Paris
de la rive droite.
située sur la rive gauche de la Seine, et même subsidiairement sur quelques parties
L'Aqueduc est un monument aussi intéressant sous le rapport de l'art que sous celui de
Jutilité publique.
are pren
Machines hydrauliques.
Les deux Machines hydrauliques du Pont-Neuf et du Pont-Notre-Dame , qui ont suffñ
pendant long-temps, avec les Sources du nord et du midi, à l'approvisionnement de Paris,
furent établies, la première, sous le règne de Henri II] , l'autre sous celui de Louis XIV. ? ? Le]
Elles servaient un grand nombre d'abonnemens et de concessions gratuites sur les deux rives
de la Seine. Cependant les réparations qu'elles exigeaient sans ce
se, et le peu d’eau qu'elles élevaient, ont fait concevoir depuis long-temps le desir de les supprimer. La Samaritaine a été abattue en 1812, et si l'autre machine ne l'a pas été en même temps, c'est qu'on manquait de
moyen de suppléer complètement à son service journalier.
Des Pompes à rapeur.
Les établissemens dont nous venons de parler ne produisaient donc que 155 pouces d'eau, quantité insuffisante pour une capitale dont la population s'augmentait tous les jours. Vers
le milieu du siècle dernier, toutes les idée:
se dirigèrent sur des moyens nouveaux de fournir des eaux potables à la ville de Paris. De Parcieux, et après lui Péronnet, avaient reconnu la possibilité d'amener , à la hauteur de l'Estrapade, deux à trois mille pouces d'eaux de l'Yvette et de la Bièvre, dont l'analyse avait constaté la salubrité ; mais il aurait fallu consacrer 8,000,000 à cette entreprise, et le Gouvernement hésitait, lorsque les frères Perrier Propo-
sérent , en 1776, d'élever à leurs frais l'eau de la Seine, à l’aide de Machines à vapeurs, à
condition qu'ils en auraient le privilége exclusif et la faculté de vendre l'eau à un certain prix, soit par abonnement dans les maisons particulières, soit en public par le moyen de
fontaines réservées à cet effet. Leur projet était d'établir quatre Pompes, deux de chaque
côté de la rivière, qui devaient se communiquer et être au besoin servies par les mêmes tuyaux. De ces quatre établissemens, deux seulement, ceux de Chaillot et du Gros- Caillou , ont été effectués. Toutefois ces deux Machines élévent une masse d’eau presque suffisante pour la consommation personnelle des habitans de Paris, et leur service est d'autant plus important, que rien ne l’arrête, ni les crues, ni la baisse de la rivière, ni les réparations ,
ni les gelées. Mais comme elles consomment en combustible ce que les autres dépensent en
réparation, il est à propos d'aviser aux moyens de ne rien perdre de l'eau qu'elles élèvent , afin qu'elles n'aient à élever que le volume nécessaire à la consommation.
On a calculé qu'un pouce d’eau potable suffit pour 2060 personnes. En portant à 600,000 le nombre des habitans de Paris, ce n’est donc que 300 pouces d’eau qu'il leur faut, J'en ajoute 100 pour que le service se fasse au-delà des besoins. Or, les Pompes à feu de Chaillot et du Gros-Caillou bien administrées, suffiront, avec les Sources du nord et du midi, pour
fournir et au-delà ces 400 pouces néces
ires, les Aqueducs de l'Ourcq procurant d’ailleurs en abondance les caux non potables pour la lessive, l'écurie, et les autres usages communs. I faut d'ailleurs observer qu'une fois le système des grosses conduites changé , il sera facile d'établir dans les quartiers de Saint-Antoine et du Jardin des Plantes, de nouvelles Pompes
à feu, si c'était nécessaire, ou plutôt encore, de profiter de la hauteur des eaux de lOurcq
pour faire monter celles de la Seine dans de nouveaux réservoirs, ainsi que nous l'explique-
rons plus bas,