CHAPITRE III
LA MODIFICATION AU PLAN PRIMITIF. L*OPPOSITION DU DÉPARTEMENT DE l' YONNE.
Le percement de la montagne d'Etais avait toujours paru devoir présenter de grandes et coûteuses difficultés ; et lors de la discussion sur Tutilité du canal, l'assemblée municipale de Donzy avait, suivant Tavis de son président Frappier, insisté sur ce point. Frignet avait été de son côté frappé de ce grave inconvénient à l'œuvre qu'il voulait reprendre.
Aussi dès le mois de septembre 1790, se transportat-îl sur les lieux, afin de se rendre compte de Fétat du sol, et de l'abondance des eaux. Si, du côté de Druyes, le débit des sources lui parut suffisant, du côté d'Entrains, au contraire, il constata que les étangs étaient presque entièrement desséchés, à la suite de travaux ordonnés par le duc de Nevers. Les jaugeages qu'il fit lui donnèrent des résultats identiques à ceux qu'avait faits Le Poittevin en 1720, soit 2.170 pouces d'eau à la seconde; l'étang inférieur d'Entrains, le 23 septembre, coulait encore à pleins bords, malgré la sécheresse et alimentait un moulin. Descendant le cours du Nohain, il trouva au pont de Couloutre, un courant régulier, et le jaugeage lui donna 3.100 pouces à la seconde. Poursuivant son examen de Donzy à Cosne, la situation lui parut identique ; quelques maisons de campagne devaient seules être sacrifiées.
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74 LA JONCTION DE LA LOIUE ET DE l'yONNE
Pour éviter le passage entre Entrains et Druyes, Frignet songea à faire passer le canal par les gorges qui s'ouvrant dans la vallée du Nohain, à l^est d'Entrains, aboutissent au ruisseau de Cerbelin* et àCorvolrOrgueilleux *. Le trajet par cette direction se trouvait raccourci de moitié. En outre cette région, très peuplée, était à proximité de forges et de fourneaux. Aussi dès ce moment, c'est-à-dire dès les 25-26 septembre, jours où il examina ces gorges, se décida-t-il à modifier le projet primitif ^ Il ne rencontra pas d'objection auprès du comité d'agriculture, qui le 19 novembre décidait, sur le rapport de Hell, qu'Amelot pourrait donner au canal telle direction qui lui conviendrait, pourvu que les plans et devis fussent approuvés par l'administration du département de la Nièvre *.
Cette modification, bien qu'avantageuse pour l'enireprise, devait en retarder Texécution. Il y avait en effet de nouveaux intérêts en jeu, qu'il fallait ménager ; il était nécessaire de consulter les municipalités et le Directoire du district de Glamecy ; il fallait compter sur le mécontentement du département de l'Yonne, complètement laissé de côté par cette modification au plan primitif.
Au contraire, le district de Glamecy allait être traversé par le canal : aussi dès que les nouveaux projets furent connus, on s'empressa de travailler à les faire aboutir. Ce fut au mois de décembre que le Directoire du district eut connaissance des desseins d'Amelot et de
1, Corbelin, Nièvre, arr. Glamecy, cant, Varzy, com. la Chapelle Saint- André.
2, Corvol-rOrgueilleux, Nièvre, arr. Glamecy, cant. Varzy.
3. Arch, dn ministère des Travaux Publics, Navigation. Projet d*un canal de Cosne à Glamecy, pièce 5.