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Prolégomènes a toute métaphysique qui aura le droit de se présenter comme

Le nouveau volume de Kant, dont nous donnons ici pour la première fois la traduction française, est un secours précieux pour Tintelligence de la Critique de la raison pure. C'est pour initier le public savant à cette réforme que Fauteur crut devoir donner les Prolégo- ' mènes. Ils sont à la fois une introduction à la Critique et une apologie de cet ouvrage. Il fallait avant tout faire comprendre l'essence du criticisme , et montrer qu'il n'est point l'idéalisme de Berkeley, que la dialectique transcendantale n'aboutit pas au scepticisme, que les contradictions qui la constituent n'ont rien d'artificiel, qu'elles ont au contraire leur raison dans la nature même de l'esprit humain.

Les deux autres fragments, sans avoir la môme importance que les Prolégomènes, ont au fond la même utilité, puisqu'ils peuvent contribuer également à donner une parfaite intelligence de la réforme

VI ^TBRTISSEUENT DU TIUBUCTEUK.

philosophique opérée par leur auteur. Us ont de plus un intérêt historique qui leur est propre, puisqu'ils sont destinés à. feire voir ce qu'il y a de vraiment nouveau dans la Cfritique ,de la raison pure, et en quoi surtout elle est un progrès sur la philosophie de Leibniz et de Wolf .

Les Prolégomènes parurent en 1783, à Riga, chez Hartknoch, et n'ont eu qu'une édition jusqu'à la publication des œuvres complètes de Kant, qui a eu lieu dans ces derniers temps, par les soins réunis de MM. Rosenkranz et Schubert. Ils font partie du t. III de cette édition. C'est celle que nous avons suivie. Celle de M. Hartenstein est postérieure.

Le second fragment, Sur la découverte^ etc., parut d'abord à Kœnisgsberg, chez Nicolovius,in-8% 1790. Il eut une seconde édition en 1791, mais sans aucun changement.

Le troisième fragment, des Progrès de la Metaphysique , etc., est un mémoire en réponse à l'Académie des sciences de Berlin, qui avait mis au concours, pour l'année 1791, la question suivante : « Quels sont les progrès réels de la Métaphysique en Allemagne depuis Leibniz et Wolf? » Kant était plus capable que personne de les assigner, du moins en partant de la réforme dont il était l'auteur. Son mémoire, interrompu par la mort, mais très avancé cependant, fut publié en 1804, à Kœnisberg, par Rink (1). M. Rosenkrantz fait remarquer avec raison

(1) Voir sur ce concours Bartholmess, Hift, de V Académie de Prusse^ t II, p. «75-277.

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que cet écrit a une importance qui semble n'avoir pas éfê assez comprise par les historiens de la philosophie, au double point de vue du rapport du système de Kant avec l'histoire de la philosophie, et avec les formes réunies du dogmatisme et du scepticisme.

Si Ton joint aux Prolégomènes et aux deux autres opuscules qui les accompagnent dans le présent volume, les Eclaircissements de J. Schulze sur la Critique, dont nous venons également de donner la traduction, on aura toutes les ressources néc^saires pour bien comprendre l'ouvrage fondamental de la philosophie de Kant. Cette analyse de Schulze a sur toute autre esquisse de ce genre l'avantage unique d'avoir été jugée par Kant lui-même d'une parfaite exactitude.

DijoD, le 10 aTril 1865.

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