‹ Prolégomènes a toute métaphysique qui aura le droit de se présenter commeChapitre 14 sur 98 · TROISIÈME OBSERVATION · texte numérisé non relu

TROISIÈME OBSERVATION

On peut en conséquence répondre aisément à une objection facile à prévoir, mais sans force, à savoir « que par l'idéalité de l'espace et du temps tout le monde sensible se trouve converti en une pure apparence. » Après qu'on eût commencé par dénaturer tout aperçu philosophique touchant la nature de la connaissance sensible en ne faisant consister la sensibilité qu'en une espèce de représentation confuse d'après laquelle nous connaîtrions encore les choses telles qu'elles sont, m ner dans cette r( nous avons, au i consiste pas dan ou de l'obscuri de l'origine de lî

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anable et presque délibérée, l'objection qui consiste à dire que ma doctrine convertit toutes les réalités du monde sensible en un Quand un phénomène nous est encore tout à fait libres sur la chose en conséquence. Il reposait jugement est l'affaire de l'entende

POSSIBILITÉ d'une MATHÉMATIQUE PUBE. 65

savoir s'il y a ou s'il n'y a pas vérité dans la détermination de l'objet. Or, la différence entre la vérité et le rêve n'est pas décidée par la propriété des repréit rapportées h des objets, puisque is sont les mêmes de part et d'autre, r la liaison des représentations sui- Lii déterminent Tenchalnement des ms la notion d'un objet, et en tant coexister ou non dans une expérience. Et alors ce n'est pas la faute de$ phénomènes si notre connaissance prend l'apparence pour une vé^

par laquelle un objet une notion de l'objet ïxistence que l'enten- Les sens nous repréomme s'il s'exéculait ^e, en quoi il n'y a ni qu'on pense qu'il n'y ge pas du tout e ouvement. Mais gement faux, si irdes pour évit prendre pour objective cette espèce de représen subjective, on dit alors : Les planètes semblent i grader. Maié l'apparence n'est pas imputable aux sens; c'est l'affaire de l'entendement , qui seul a i jugement objectif d'après le phé-

, tout en ne faisant aucune atf enos représentations, et quoique nos

06 PROLÊGOMÊNEâ A LA MÉTAPHYSIQUE.

intuitions sensibles (quel qu'en soit le contenu) unissent en une expérience dans Tespace et le temps suivant des règles qui président à lenchaînement de toute connaissance, peut naître une apparence trompeuse ou une vérité, suivant que nous sommes inconsidérés ou prudents; ce qui ne regarde que l'usage des représentations sensibles dans Tentendement^ et point du tout leur origine. Pareillement, si je ne considère toutes les représentations des sens avec leur forme, l'espace et le temps, que comme des phénomènes, et ces phénomènes comme une simple forme de la sensibilité qui ne se rencontre point dans les objets en dehors de cette sensibilité même, et que je ne me serve de ces représentations que par rapport à une expérience possible, il n y a pas alors la moindre occasion d'erreur, ou bien une apparence doit me porter à les considérer C( mènes, car elles peuvent i gulièrement en une expéri la vérité. Ainsi toutes les p sur Tespace comme sur te

conséquent à l'égard de toute expérience possible sont valables, si je considère l'espace comme une simple forme de la sensibilité, ou comme quelque chose qui tient aux objets sensibles eux-mêmes, quoique dans le premier cas seulement je puisse comprendre la possibilité de savoir a priori ces propositions concernant tous les objets de l'intuition extérieure ; à part cela, pour ce qui est de toute expérience purement possible, c'est tout comme si je n'avais pas entrepris ce divorce avec l'opinion .commune.

POSSJMUTÉ D^UNE MAIHÉMATIQUE PURE. 67

Mais si, avec mes notions d'espace et de temps, j'ose sortir de toute expérience possible, — ce qui est inévitable quand je les donne pour des propriétés inhérentes aux choses en soi (qu est-ce qui pourrait alors m'empêcher en efifet de les rapporter cependant aux mêmes choses, si mes sens pouvaient être organisés autrement, et de manière à se trouver ou non en harmonie avec elles?), — alors une erreur grave est possible; elle porte sur une apparence, lorsque je donne ce qui n'était qu'une simple condition personnelle de l'intuition des choses, et qui n'avait de valeur certaine que pour tous les objets des sens, par conséquent pour toute l'expérience possible seulement, comme universellement valable, parce que je la rapportais aux choses en elles-^nêmes, au lieu de la restreindre aux conditions de l'expérience. '

na doctrine de l'idéalité du monde sensible tout , qu'elle est bien plutôt application jde l'une des rtantes , de celle que la mathématique expose a priori, à des objets réels, et d'empêcher qu'elle ne soit prise pour une simple apparence, parce qu'il serait absolument impossible sans cette remarque, de décider si les intuitions d'espace et de temps, que nous n'empruntons d'aucune expérience, et qui sont cependant a priori dans notre représentation, ne seraient pas de pures chimères qui n'auraient pas d'objet, pas d'objet adéquat du moins, et par conséquent si la géométrie elle-même n'est pas

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une pure apparence, quand nous en avons au contraire établi la validité incontestable par rapport à tous les objets du monde sensible, par cela même que ces objets sont de simples phénomènes.

En deuxième lieu, il s'en faut d'autant plus que mes principes, parce qu'ils composent les phénomènes de représentations sensibles, qu'ils convertissent la vérité expérimentale en simple appareijce, qu'ils sont bien plutôt l'unique moyen d'éviter l'apparence transcendante, qui a jusqu'ici fait illusion à la métaphysique, laquelle a été ainsi conduite à des efforts puérils, pour attraper des bulles de savon, parce qu'on prenait des phénomènes, qui sont cependant de simples représentations, pour des choses en soi. De là toutes ces antinomies de la raison que je mentionnerai plus tard, et qui s'évanouissent à cette seule observation : qu'un phénomène, tant qu'il est employé dans l'expérience, produit la vérité, mais que du moment qu'il en franchit les bornes et devient transcendant, il ne produit qu'une pure apparence.

Laissant aux choses que nous nous représentons par les sens leur réalité, et restreignant notre intuition sensible de ces choses à ce qu'en aucune partie, pas même dans les intuitions pures d'espace et de temps, elles ne nous représentent rien de plus que le simple phénomène, mais nullement leur qualité en ellesmêmes, je n'imagine par là aucune apparence perpétuelle de la nature, et ma protestation contre toute pensée d'idéalisme est si claire, si peu équivoque, qu'elle serait même superflue, s'il n'y avait pas des

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