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compensé de son dévouement à la science par les sommets élevé où il est déj parvenu.
Autres compagnons de täbie pendant nos cinq repas quotidiens : voici un élève de l'Ecole des beaux-arts, qui fait avec un esprit sans pareil la charge très-réussie de tous ses compagnons de traversée; voici un jeune homme qui vient d'Australie, où il a été recueillir une succession inattendue. Cet autre, M, de .…, occupe dans la diplomatie une position secondaire, dans laquelle ii s’ennuie ; il demande un changement avantageux. Sur toute la liste des passagers, il n’y a que nous qui fassions purement et simplement un voyage de plaisir.
2 octobre.
Vers quatre heures du matin, la mer se déchaîne furieuse. Les vagues sont des montagnes, et la violence du vent entasse ces montagnes les unes sur les autres, comme Ossa sur Pélion, et quand nous ne sommes pas sur la crête de ces montagnes, elles nous dominent d'une effrayante hauteur.
Oh! si Backuysen était là, lui qui se faisait attacher au grand mât des navires pour étudier les effets de la mer en furie! Les pétrels, oiseaux des tempêtes, rasent l’écume et viennent de temps à autre se reposer sur les haubans et sur les vergues.
On ne sait où se tenir ni quelle position prendre; couché, on tombe de son lit; assis, on a les reins torturés par le changement d'équilibre que procure chaque coup de roulis ou de tangage. Souvent on reste debout, appuyé contre les colonnes et les meubles, essayant de marcher de temps à autre et n’y réussissant guère. Le cliquetis des verres et des carafes, attachés aux longs plateaux rectangulaires que soutiennent des armatures mobiles, forme un accompagnement ironique aux sarabandesinvolontaires que les plus graves passagers exécutent, grâce aux mouvements désordonnés du navire. Tel est l’état actuel de tous les passagers non malades; quant aux autres, ‘= n'ai pas à m’en occuper.
Je ne peux cependant n’empècher de plaindre ce jeune couple américain qui fait on voyage de noces, Depuis dix jours que nous sommes partis de New-York, le mal de mer impitoyable ne les a quittés ni l’un ni l’autre : touchante sympathie. Et quand, par basard, un moment de répit se produit dans leurs souffrances respectives, s'ils osent se hasarder sur le pont, c'est pour s’éviter soi-
gneusement, tant ils craignent qu’une recrudescence subite du mal ne les mette l’un devant l'autre dans une position improper.
4 octobre.
Salut à la mer, redevenue belle pour notre arrivée en Angleterre! À neuf heures du matin, nous rangeons à gauche le cap Lizard, dont les hautes falaises de granit presque noir émergent de la mer, couvertes de maisons blanches et de pelouses vertes. Nous passons la digue de Plymouth, et c’est dans le port que notre steamer débarque le seul de ses passagers qui soit à destination anglaise. Cela nous permet de voir la rade de Plymouth, baie très-pittoresque, boisée, bâtie de châteaux et de forts.
Quelques heures se passent, la nuit tombe, la lune se lève. Voici les trois feux tournants du Casquet, le rocher où Victor Hugo à placé les exploits de sa pieuvre; voici le feu fixe du cap de la Hogue, la première pointe de France; voici Barfleur. Notre traversée a été longue, retardée par le vent contraire et le mauvais temps; mais enfin, dans six heures, nous serons en vue du Havre, nous serons au port, nous serons arrivés, Tout est bien qui finit bien.