En
rent du Mikado Tordre pour lé shogun el le prince d'Aidzu de retirer leurs troupes du palais et l'occupèrent aussitôt. Le même jour, ne se croyant plus en sûreté, le shogun et Aidzu évacuèrent Kiyôto et se retirèrent précipitamment sur Ôsaka, où ils arrivèrent le lendemain. Des édits importants, émis au nom de l'empereur, signalèrent cette retraite. Le Mikado déclara sa souveraineté rétablie et étendue à toutes les parties de l'empire. Le shogunat fut aboli ; un autre décret posa les principes de la nouvelle constitution. Mais le prince d'Aidzu ne se tint pas pour battu. Entraînant le shogun dans une dernière tentative, il marcha avec lui sur Kiyôto. Près de Fujimi , à cinq milles de la capitale , on rencontra les hommes de Satsuma et de Choshiu Une bataille sanglante eut lieu , elle se termina par la déroute des agresseurs et leur retraite sur Ôsaka. Après avoir brûlé le château de cette ville , le shogun se réfugia sur une de ses frégates, qui le transporta dans sa capitale. Les vainqueurs, conduits par un membre de la famille impériale, se dirigèrent par terre sur Yedo, et y entrèrent sans que le shogun , retiré dans le temple d'Uyeno, parût vouloir essayer la moindre résistance. On lui permit de se retirer dans ses terres, où il vit encore paisiblement et sans être molesté par le gouvernement impérial.
Telle fut, après une durée de sept siècles , la fin du shogunat.
Le prince d'Aidzu retourna avec ses troupes dans ses domaines, et, ayant formé avec plusieurs daimios une ligue connue sous le nom de Confédé-
ration du Nord, continua les hostilités pendant quelque temps. Une défaite qu'il subit dans les derniers jours de Tannée' mit fin à la confédération et à la guerre civile. Partout, sauf un seul point, l'au torité du Mikado était reconnue.
On sait que Yezo , la plus septentrionale des quatre grandes îles, n'est qu'une vaste forêt, renfermant, dit-on, de grands trésors de cuivre et de charbon, mais habitée par des aborigènes, de vrais sauvages. Quelques points de la côte méridionale ont été colonisés par les Japonais. Sur l'extrémité sud en lace de Niphon, se trouve Hakodaté, l'établissement le plus important. C'est ce port qui, sur la demande du commodore Perry, fut ouvert aux Américains, et est aujourd'hui l'un des cinqpom des traités accessibles aux Européens. Pendant que les Groupes des princes marchaient sur la capitale du shogun, Enomoto, capitaine dun vaisseau de guerre, s'empara de la flotte japonaise ancrée devant Yedo, et se rendit avec ces bâtiments dans le port de Hakodaté. Son arrivée y devint le signal d'une révolution pacifique. Le capitaine Brunet, un des instructeurs français, se mit à la tête du mouvement. On proclama la République et le suffrage universel! Ce suffrage, il est vrai, fut réservé aux samurais , c'est-à-dire à la classe militaire. Toutes les autres castes restaient expressément exclues. Les résidents étrangers, pour la plupart des aventuriers, très-peu nombreux d'ailleurs, et parmi eux l'un des consuls, prirent fait et cause pour la révo-