‹ Promenades archéologiques, Rome e PompéiChapitre 29 sur 68 · Voy. n · texte numérisé non relu

Voy. n

des faces était toujours à l'ombre quand l'autre était au soleil, en sorte qu'on pouvait s'y promener dans toutes les saisons de l'année et à tous les moments du" jour : il suffisait do changer de côté, selon les heures, pour y trouver toujours la chaleur en hiver et le frais en été. La muraille était probablement couverte de peintures, et ces peintures devaient reproduire celles de Polygnote. Le temps les a toutes détruites ; mais il n'a pu ôter à ce simple mur de briques son air de grandeur et de majesté. C'est assurément une des plus belles ruines romaines qui nous restent, et l'admiration qu'on éprouve en le regardant augmente encore quand on songe au chef-d'œuvre grec qu'il rappelle et dont il est le dernier souvenir.

Un peu plus loin, en continuant dans la même direction, on arrive à une vallée d'une assez médiocre étendue et plus longue que large, que les archéologues, sur le témoignage de Spartien, s'accordent à appeler Canope. Ce nom n'a pas été donné sans motif, comme tant d'autres. Sur une brique qu'on a trouvée dans la vallée, on lit ces mots qui ne permettent aucun doute : Deliciœ Canopi. Nous étions tout à l'heure à Athènes, et nous visitions le Pœcile ; une fantaisie du capricieux empereur nous transporte tout d'un coup en Egypte.

Il faut croire que l'Egypte était un des pays qui avaient le plus frappé Hadrien dans ses voyages. On ne visitait pas sans la plus vive surprise cette terre étrange que ses traditions, ses coutumes, sa langue et ses dieux séparaient du reste du monde. Depuis que les Romains étaient devenus les maîtres de l'univers, la plupart des peuples avaient renoncé à leurs lois et à leurs usages pour prendre ceux des vainqueurs ; l'Egypte , sous tous les régimes, resta fidèle à son passé. Les conquérants grecs qui étaient venus régner sur elle, les préfets que Rome envoyait pour la gouverner, ne changèrent rien à ses habitudes.

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