‹ Promenades dans les deux Amérique 1876-1877 [microforme]Chapitre 74 sur 109 · LL · texte numérisé non relu

LL

vé

. trentaine d'ouvriers indigènes travaillent active-

riers-tins, massifs de camélias et de ‘géraniums, plantations de pêchers et d’arbres couverts de fléurs. L'air est embaumé par le parfum des bordure de violettes. Quel contraste avec la sauvage nature du détroit de Magellan que je venais de .duitter depuis cinq jours à peine’! La plupart des arbres sont à feuilles persistantes ; leurs nouvelles pousses, d’une couleur vert tendre, sæ détachent” nettement sur la sombre verdure des anciennes feuilles. Quelques-uns, au tronc noueux, aux , grosses branches étrangement contournées, sont : ‘ couverts de plantes parasites. Une journée entière -Suffirait à peine pour visiter toutes les parties de cet admirable jardin. Réèllement il faut une fortune princière comme celle què la famille Cousiño à gagnée dans l’ exploitation des mines, pour avoir pu tréer, en quelques années, üne -emprapes mer- veille.

Lorsque nous rentrons à bord, il fait nuit. ‘Une

-ment à l'emmagasinage du charbon; quatre chalands.amarrés aux flancs du Polosi, déchargent simultanément leur cargaison. Mais nous en avons à embarquer 900 tonnes, et ce n’est pas une petite affaire : chaque chaland contient 18 tonnes : il en faudra donc 60 ES FORD le chargement.

Le Vendemain matin tout ést terminé : les ouvriers ont travaillé la nuit entière; on leur apporte un plein seau de cäfé qu’ils ont bien gagné, Quels types pour un artiste que les visages farou-

ches, les barbes incultes, le costume délabré de ces

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LOTA gens à race indienne pure, mais la plupart sont des métis de blancs et d ‘Indiens; que l'on désigne ici sous le nom de cholos. Beaucoup sont : nu-pieds ; d’autres ont de mauvaises chauésures faites d’un morceau de peau de bœuf recouverte dé son poil, et grossèrement fabriquées par eux-mêmes. Leurs vêtements en lambeaux, leur corps souillé de charbon,

contribuent à leur donner un aspect encore plus

sauvage. Nous embarquons un certain nombre de passagers, venant tous de Conception, : ville située ‘à peu de distance au: nord de Lota, et réunie à Valparaiso par une voie ferrée. Nous apprenons que cette pärtie du Chili, de même que la Répu-

| blique Argentine, vient d’être ravagée par de ter-.

“ribles inondations, qui ont emporté les ponts du chemin de fer et détruit la voie sur plusieurs points ; de sorte que les communications pär terre sont complétement ne Nos nouveaux compagnons attendent depuis quatre jours, à Lota,

l'arrivée du Potosi. Un pareil retard we s'était.

jamais produit, aussi commençait-on à éprouver ‘de sérieuses inquiétudes sur notre compte.

Cependant, la mer grossit, et l'embarquement devient difficile. Il n'y a point ici de wharfs ou débarcadères, comme aux États-Unis ; c’est là un sérieux désagrément,/ commun à presque tous les

ports de l'Amérique du Sud, et dont le voyageur -

à particulièrement à souffrir. sur la côte mal abritée de l'océan Pacifique. La houle soulève votre légère embañcation, qui risque à chaque moment

15m RS re 2m mm s/e mes mem sem s/e

à poncho! Quelques-unsisemblent être de

propice pour Sayter sur l'échelle, etse livrer à une. 8ymnastique peu . agréable, quelquefois même

périlleuse ; tandis que l'équipage et les passagers,

tranquillement accoudés sur les bastingages, se

rient de votre embarras.

Après avoir quitté le mouillage de Lota, nous Passons devant plusieurs mines de houille, situées sur le bord de la mer. Le charbon de cette province ne coûte que vingt-cinq francs la tonne, mais il se réduit vite en poussière, et fait moitié moins de profit que celui d'Angleterre. Nous passons fort près de la péninsule de as lelas'de Bio-Bio et de l’île de Tiriquina. Au loin, on distingue la blanche ‘Ville de Conception. |

J'observe dans ces parages un phénomène assez curieux. L'eau sur laquelle. nous naviguons est d'un “vert très clair; à quelques mètres du vaisseau, une ligne bien tranchée nous sépare d’une nappe d'eau de couleur bleu foncé ; pendant un

‘ quart d'heure, nous allons de l’une à l’autre, et toujours les eaux conservent leur couleur dis-

tinéte, même à leur point de contact. Nous sommes alors en face de l'embouchure du Bio-Bio, le plus { grand fleuve du Chili. Je suppose que cette diffé rence de eolcration est due à l'abondance des eaux douces provenant des récentes inondations. En tous cas, il paraît assez étrange que la limite de chaque bande puisse rester aussi nettement définie.

Le lendemain, 23 août, à midi, nous entrons en" rade de Valparaïso, Le 20 était le jour réglementaire de l'arrivée du Potosi : maïs, pendant ce voyage de trois semaines, nous avons eu constam-

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