‹ Promenades en NorvègeChapitre 25 sur 72 · I. ^'oir Toitrn/fe paslofale, p · texte numérisé non relu

I. ^'oir Toitrn/fe paslofale, p

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\.v Ijord Inlrrai (jui iihoiilil :i Oddc. le S(xtI jord. le-iiiiil à lui seul loul co ((Ut' les Ijords norvégiens possèdent de jjeaulé sauvage. 11 ressemble à une longue et étroite crevasse, pénétrant jus(|ue dans les profondeurs d'un gigantescpie inassii" de jnontagnes.

Pendant que Je bateau vous emporte, vos deux yeux suilisent à peine à recueillir Ions ses charmes. Tout en haul. une cime (|ui me-

jEUNES PATRES NORVÉGIENS (d'après une peinture de Tiedemand)

iiace de faire la culbute et de vous écraser. Là, entre deux cimes, un glacier, semblable à une cataracte engourdie au milieu de sa chute. Plus loin encore des cascades, tantôt fougueuses et bruyantes, tantôt minces et gracieuses, sautant de rocher en rocher, disparaissant, reparaissant tour à tour, tantôt s'évaporant en brouillard, en formant devant la^Daroi de granit un voile 3i candide, si léger, que vous grondez le vent qui le déchire, tantôt luisantes, festonnant le long du rocher comme un ruban argenté, que vous seriez tenté d'en-

I)i: lIAlU)ANCii:urjC|ai) a STAVANtihn. 100

rouler cl d envoyer aux chères Dames des (J'^uvres Apostoliciucs de France pour garnir leurs ornonenls d'église.

Plus loin, un co(|iiet village avec son église, ses fermes, ses champs, ses vergers, ses prairies. Pendant que le .haleau s'y arrête, nous ol)servons deux jeunes pa^'sannes dans le costume de Ilardanger, occupées à traire leur petite chèvre, l'n touriste les met sans plus de façons dans sa boîte photographique. [Voir la (jrauurc p. Ul.j

Xous avançons toujours, pendant des lieures et des heures. A chacpie instant nous pénétrons dans un nouveau bras du Hardanger, pour y déposer ou prendre des voyageurs. Nouvelles vues, nouvelles connaissances, nouveaux costumes. Tout a coup mon compagnon me dit:

« — Monseigneur, voyez donc cela! Que c'est pittoresque! »

C'est une noce qui vient de l'église, en barques naturellement. Sur la première, pavoisée (h\ drapeau national, a pris place le jeune couple /Voir hi grau. p. 119.) Assise à côté de son époux, fière comme une reine, la jeune femme porte sa traditionnelle couronne de fiancée. Au rythme des avirons, qui frappent )es eaux en cadence, le violoniste de la paroisse joue les airs piélancoliques et enchanteurs du Hardanger, accompagnant les chants des parents et amis qui suivent dans les autres barques.

Notre capitaine est un homme de cœur. Une salve de ses mortiers salue le jeune couple et lui annonce que nous nous associons à son bonheur. Les rochers rendent le salut.

Lhomme du violon se dresse; tous se lèvent avec lui et entonnent le chant national : « Ja. vi clsker dette land. » (Oui ! nous aimons ce pays.)

Les voix graves des hommes, les voix argentines des femmes chantent l'hymne patriotique, nous-mêmes nous le répétons, et les mortiers rechargés scandent le refrain, et Jes grottes du rivage répercutent les accents vibrants du choeur: : Ja. vi elsker dette land. »

« — Oui. qui pourrait connaître et ne pas aimer ce paj^s? me dit

I 10 PIlOMi:XADES I:N NOHVKdi:.

mon eompa^Mion, en voyant disparaître au loin les barques du coiiègc iiuplial. Ah! pourcjuoi ii'avons-nous pas de stations au flar- (l;uii|er? »

« Pounpioi? Jui dis-je. Vous me répéterez )a même question au Soi^neljord, au Nordljord, à Aalesuiid, au Romsdalsfjord, en vingt endroits, l'ouripioi? Hélas! vous le savez. !Maintenant nous ne pouvons (|u ('\|)lorer et faire des projets. A Dieu l'avenir; Lui est riche. >>

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