‹ Promenades en NorvègeChapitre 52 sur 72 · RESTAURATION DU CULTE DE SAINT OLAF L'ANCIENNE MÉTROPOLE DE LA NORVÈGE · texte numérisé non relu

RESTAURATION DU CULTE DE SAINT OLAF L'ANCIENNE MÉTROPOLE DE LA NORVÈGE

ATRONDHJEM, lancicn siège archiépiscopal de la Norvège, nos deux prêtres nous reçurent à bras ouverts. Bien des choses se sont passées depuis notre dernière visite (voir Tournée pastorale^ p. 163). La restam-ation de l'ancienne cathédrale, qui dans le temps S'élevait au-dessus des glorieuses reliques de notre saint roi et martyr Olaf, a fait de rapides progrès, et ce magnifique monument compte de nouveau parmi les plus imposants de lEm'ope. {Voir la gravure, p. 209.) Jusqu'ici il a servi d'église pai'oissiale aux protestants; mais eux-mêmes reconnaissent que leurs prosaïques services religieux font piètre figure dans ce somptueux sanctuaire, construit pai' leurs ancêtres catholiques en vue de la magnificence des cérémonies de notre sainte Église. Bien des voix autorisées proposent de construire aux protestants un autre temple et de considérer l'ancienne cathédrale uniquement comme monument national. Pourquoi ne pas nous la rendre tout simplement?

D'autres protestants et parmi eux même des pasteurs, tout en voulant conserver au culte luthérien la cathédrale, proposent d'y rétablir le culte de saint Olaf. Il y a trois ans, ils ont demandé officiellement au gouvernement de pouvoir }' célébrer la fête de notre patron national. L'idée d'une reprise de son culte a fait tant de chemin, que le

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-gouveriu'iiR'iil, u'osunl prciidic sur lui l:i rcsponsiibilllr d un relus, réjM)iuUl (juc (• (Hail iariairc du Ddvi'II fie 'rrondliicin ; celui-ci j'cfusa la permission.

C'élail en 1897. La ville de 'J'rondlijem céiéhi'ail alors le neuvième ceiileiiaire de sa londalion. Le (Conseil comtnunal, en cela d'accord avec la i^n-ande majorité du peuple norvégien, voulait fixer au 29 juillet, fête de saint Olaf, la célébration de ce jubilé, parce ([ue, comme Ta dit notre grand poète Bjœrnstjerne Bjœrnsen, c'est saint Olaf seul qiiji a civilisé et christianisé la Norvège, lui seul qui a fondé Trondhjem. « Le 29 juillet, jour de saint Olaf, ajoutait-il, est le jour de Trondlijem. » Malheureusement, Je roi étant empêché pour le 29 juillet, on fut forcé de choisir le 18 juillet pour le jubilé.

De tout côté, cette décision provoqua les plus vives i^rotestations; un parti politique exploita le mécontentement général et s'en fit même une arme contre le roi. On rappela que la Norvège doit à son pati'on tout ce qu'elle a de grand et de beau; on faisait remaiT^uer que la Norvège protestante avait laissé échapper une occasion unique de réparer les fautes que lui avaient fait commettre son intolérance et un esprit trop borné; on demandait que le jour de saint Olaf fût décrété fête nationale et célébré très solennellement.

Bjœrnsen allait jusqu'à reconnaître « que les grands saints de l'Église font plus de bien, même après leur mort, que mille pasteurs protestants de leur vivant. »

« La Norvège, disait-il fort justement, n'a pas de souvenir historique comparable à celui de saint Olaf, qui, il y a 867 ans, donna son sang pour la plus noble cause. »

Le sentiment public chercha à se dédommager en organisant le 29 juillet, après la fête présidée par le roi, une seconde solennité. Jamais, même aux jours de sa plus grande gioii'e, Le saint roi ne fut célébré par de plus éloquents panégyristes, et l'Église catholique n'eut rien à relever de malsonnant dans ce concert d'éloges. Un professeur de l'Université déclarait:

« Nous sommes plus proches parents de ceux qui ont construit la

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talllédralc do 1 r(»ii(lliji'in Jis CMllioliciiiis . (|iie de cl'U\ (£ui l'oiiL hadi.ucomuH' de chaux \vs hithérieus). »

Di'vaiil plus dt' douze mille i)er.s()iiiic.s Bjd'rnstjernc Bjœriiscn prononça, au piun- de la ville, un disc^ours (pii liL vibrer tous les eteurs. Il raconta ce (pie le suinl roi avait été iK3ur lu Norvège durant

Lis TRCLDTIKDERNE (voir p. I98).

sa vie et après sa mort; il décrivit les douleurs de ses ancêtres lorsque les Réformateurs leur arrachèrent Olaf et la Vierge Marie ; il leur montra tout ce qui. après des siècles, est resté dans les âmes norvégiennes de l'esprit du saint ro , les supplia de faire re^i\Te cet esprit, et conjura l'Église de TÉtat de rouvrir les portes de ses temples à ce grand Saint et à son e'sprit. Si la vieille cathédrale n'eut pas. en ce jour, de service religieux

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cil sou honneur, on l'y iïla (luand même en musi(|uc el eu chants; élcclrisés par k's anciennes liymnes cl légendes (hi Saiul, les milliers (le proleslauls (jui emplissaient l'immense sanctuaire se crurent reportés aux temps calholi(pies, où le 29 juillet réunissait autour de la tombe du roi-marlyr hi Norvège entière.

En même temps il y eut de magnifiques fêtes à Christiania et en d'autres villes. Que les temps sont changés! Naguère on foulait aux pieds tout ce qui sentait de loin le catholicisme! Bien des journaux protestants en ont fait la remarque pour s'en féliciter, en même tem})s qu'ils stigmatisaient ce qui reste de fanatisme en certains esprits. Bon nombre de pasteurs luthériens ont, en cette occasion, déclaré ouvertement qu'ils avaient honte de ceux qui renient la gloire dont l'Église de leurs pères a couvert la Norvège. Prions pour qu'un jour le peuple chrétien voie revenir ces temps de gloire catholique, et que le Seigneur et saint Olaf rentrent dans la cathédi^ale de Trondhjem !

Pour saint Olaf, ce vœu est déjà en partie réalisé. Ce même gouyemement, qui en 1897 n'osait pas ouvrir cette cathédrale en son honneur, a édicté en 1899 un office liturgique particulier pour sa fête et permis de la célébrer dans les églises luthériennes du pays!

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