‹ ProméthéeChapitre 12 sur 26 · IB DIEU · texte numérisé non relu

IB DIEU

Comme un jeune coursier qui mord le frein d’argent. Tu repousses d’Bermès le frein trop indulgent.

Quel démon dans ton cœur habite et te conseille? Vainement mes discours ont frappé ton oreille. Veux-tu sur ce rocher passer l’éternité?

m La douleur infinie, est-ce ta rolupté?

Le rautour est-il las de fouiller dans ta reine?

Ou crois-tu de tes mauxqu’enfin la coupe est pleine , Et que tout l'art des cieux n’y peut rien ajouter? Détrompe-toi, derin J Sous l’œil de Jupiter,

Chaque jour la douleur se creuse darantage.

A ses flots d’amertume il n’est point de rirage ;

Le mal produit le mal au lieu de le guérir,

Et l’on peut y puiser sans jamais le tarir.

Ah 1 quelle mer d’angoisse il te reste à connaître , Quand de ton propre cœur il faudra te repaître I Ton supplice, crois-moi , ne fait que commencer. Les dieux sont patiens; mais crains de les lasser.

Enfant du noir Typhon, l'aigle, nouveau convive, D’abord élargirait ta blessure encor vive.

Puis sous des cieux de plomb viendrait le désespoir ; Puis le doute infernal rirait de ton savoir;

Puis toi-méme, à la fin, te rongeant dans le vide, Disputerais ton coeur aux chiens de l'Euménide. Combien de maux alors enfantés chaque jour 1 Car tu regretteras la serre du vautour.

Pour la dernière fois, je te le dis encore,

Obéis I

le cnceCH.

N’attends pas que l’aigle te dévore.

Des menaces d’Hermès n’es-tu pas ébranlé?

PBOHBTHÉE.

Je savais son oracle avant qu’il eût parlé.

Que la haine aujourd’hui par la haine se venge !

Des cieux c’est la coutume. Est-il là rien d’étrange ? Donc , sans plus reculer , contentons le destin. Aigles, venei. Mon cœur vous convie au festin.

Des éclairs sur mon front que le glaive s’embrase I Que le ciel en tombant de sa voûte m’écrase I Sous des vents eflrénés, que l’astre au front d’airain Avec le flot des mers confonde son chemin I J’y consens. Des destins que la tourbe irritée Traîne au fond des enfers le corps de Prométhée : C’est en vain ; rien ne peut me tuer tout entier.

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