‹ ProméthéeChapitre 23 sur 26 · PE · texte numérisé non relu

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Et Therbe soupirant sur la moniague i

De tous les Immortels pour étouffer 1a plaiutc, Il prendrait scs pipeaux 1

PHOUÉTIIBB.

Mais sous-même, aujourd’hui qui supplies t'abîme , Où donc arei-sous eu pitié d’une Tictime î Vous sousient-il de moi ? car je tous connais tous. Quand mon cœur appelait , que ne répondiex-TOUS? Quand pour vous complaisant j’empirais mon sup- Alors de la pitié c’était l’heure propice. [plice , Mais cette heure est passée , ô dieux! il est trop tard. ch ans dis n taux.

Nous ne demandons pas nos coupes de nectar,

Ni des cantiques saints la céleste ambroisie ,

Ni dans nos encensoirs les parfums de l’Ane;

Mais ce peu que possède, abrité sous l’autel, L’insecte au front luisant, qui regarde le ciel;

Ce que le Ter de terre au sépulcre demande ,

Dn rayon de soleil, du néant paurre offrande,

La lumière , la tie ; à tous elle appartient.

Quoi de plusîun tieux temple aisément nous contien t. Plus petits au besoin, et tout chargés d'entraxes, Nous baiserons tos pieds, s’il est des dieux esclarcs; Donnex-nous seulement la place pour rShiper.

164 FROMÉTHÉK DÉLIVRÉ.

MICHEL

Jéhovah veut les deux pour les tous occuper.

Dans l'horreur de l'ahime il remplit chaque place , Et des mondes créés H déborde l'espace.

Le néant seul vous reste; il vous y faut rentrer.

CHGEDB DES DIEUX.

Quoi! sitôt le nectar a pu vous enivrer!

Achevez; triomphez avant qu'on vous connaisse.

A des dieux jeunes sied l'orgueil de la jeunesse.

Des lamentations bientôt l'heure viendra.

Gomme il nous a manqué, l’encens vous manquera. De trop d’illusions désabusant vos ombres,

Le ver de vos autels rongera les décombres.

Comme nous rejetés loin du char des vivans, Comme nous vous serez la pâture des vents.

L’aigle vieillit, ainsi vieillira la colombe,

Et la voûte des deux vous fera votre tombe.

Que de larmes alors et quels maux infinis 1 Car vos ailes d’azur et vos sistres bénis De vos temples détruits défendront mal les faites. Vous seuls assisterez en pleurant à vos fêtes.

Sans lyres, sans flambeaux , privés des saints amours, Il vous faudra des morts chanter les hymnes sourds. Le temps , d’un souffle amer corrompant les présages , De vos livres sacrés dispersera les pages.

Descendus dans l’abîme où sont les anciens dieux, Vous nous verrez au seuil... ce sont là nos adieux! HICHBti.

Maudits qui blasphémez, disparaissez 1

RAPÜAEL.

Fantômes,

Loin d’ici Odu néant remplissez les royaumesl

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166 PItOMÉTHÉE

Chaque été ranimant leurs couronnes flétries,

L’âge accroît leur trésor.

Heureux aussi le lis qui se mire dans l’onde.

L’abeille en l’adorant lui consacre son miel.

Comme un prêtre il répand son encens sur le monde : La terre est son autel.

Mais malheur à la fleur cachée au sanctuaire.

Les dieux heurtant les dieux, ils se brisent d’abord.

Leur sceptre moissonné sous un vent de colère Se flétrit dans la mort.

Que faut-il pour briser un divin caducée ?

Que faut-il de nos fronts pour voiler la splendeur?

Un songe , un souffle, un rien, l’ombre d’une pensée Qui grandit dans un cœur.

Le jour fait place au jour, à l’aube la froide ourse,

La joie à la douleur, à l’hiver le printemps.

Ainsi changent les dieux , dans leur rapide course , Plus que l’onde inconstans.

Dans l’Olympe d’abord tout prospère à l’enfance;

Au sortir du néant pour nous mieux abuser,

La terre avec le ciel étant d’intelligence,

Nous pouvons tout oser.

Sur nos rians berceaux s’épanouit l’étoile;

Comme une fiancée au-devant de l’époux,

L'oracle f.i nous voyant , soudain laisse son voile Tomber à nos genoux.

Toute fleur en naiiiant se remplit d’ambroisie. L’univers est un vase où fume le nectar;

Chaque esprit est un temple , et chaque ame saisie S’attelle au divin char.

Mais tout ce faux brillant ne cachant rien qu’un rê ve , L’ambroisie, en un jour, se convertit en fiel. Contre ses vains sermens l’oracle se soulève;

L’enfer est dans le ciel.

Dans l’empyrée alors le désespoir commence;

Tout sceptre est un roseau qu’un zéphyr fait plier. On voit des dieux errans, qu’agite la démence,

Eux-mêmes se nier.

Car, le voile est tombé qui protégeait l’idole;

La parque aux froides mains, sans mère, sans époux, Au front des immortels a ravi l’auréole;

La nuit descend sur nous.

Du doute, aux pieds boiteux, la savante industrie Sur nous a renversé nos cieux sans fondemens.

Il a, dans ses festins, brisé l’urne tarie De nos enchantemens.

Sur les lèvres des dieux l’hymne crédule expire; Fils d'un monde perdu, dispersons-nous dans l’air. Des ruines d’abord peuplons le vide empire Et l’autel de l’enfer.

Dans le temple enfoui sous les feuilles d’automne, Dans le vide des cœurs où se tarit l’amour ,

Dans les tièdes esprits que le doute couronne, Faisons notre séjour.

Mais tous qui survivez , si , du haut des nuages , Vous entendez gémir tos temples vermoulus, Alors, souvenez-vous, en lisant les présages,

Des dieux qui ne sont plusl

Sur nos bouches d’ivoire ,

Dans nos temples muets L’insecte, sans mémoire.

Vient tendre ses filets.

L’Olympe nous oublie;

Altérés de nectar,

■L’impiété nous lie Au timon de son char.

L’astre du-jour dévie ,

L’ame éteint son (lambeau.

Partout était la vie;

Partout est le tombeau.

Sous la pâle aurore Tout se décolore !

O cieux impuissans I Le dieu s’évapore Comme un grain d’encens.

Dans l’herbe flétrie,

Dans l'ame tarie ,

Dans la mer sans fond ,

Une voix s’écrie :

Les grands dieux s’en vont.

(Le chœur te ditpene.) f.

MICHEL

lia sont évanouis.

Mais leur chant dure encore.

RAPHAËL

Du chœur de* séraphins la lyro plus sonore Bientôt dissipera l’hymne du désespoir.

Tel le pur arc-en-ciel chasse un nuage noir.

Cet hymne affreux toujours résonne à mon oreille. Qui pourra l'étouffer? en sursaut il réveille,

Sous son ongle d’airain, la plainte de mon cœur;

Et les astres glacés le redisent en chœur.

RAPHAËL

Ce n’est rien, en effet, que la plainte d’un rêve,

Peut-être d'un roseau le Eoupir sur la grève,

Ou l’érho du passé qui s'entend défaillir.

Vois nos fronts sourians, sont-ils faits pour pâlir?

PROlliTBÉE.

Combien de fronts divins qui défiaient l’orage,

J’ai vu déjà pâlir et mourir avant l’âge 1...

Demain, si dans vos cieux rassasiés d’amour,

Sur vos sépulcres d’or s’abattait le vautour!

MICHEL

N’achive pas. Avant que le doute t’enivre ,

Par ces chemins d’azur hâte-toi de nous suivre.

PROHBTHBB.

Mais ne craignez-vous pas qu’avec moi , dans le ciel , Ne rentre la douleur qui s’abreuve de fiel?

Le flot du souvenir débordant ma pensée ,

Par hasard de ma coupe une goutte versée De vos robes d’azur ternirait la splendeur.

Car la douleur partout enfante la douleur.

En vain dans les esprits versant une onde pure, Vous croiriez de vos cieux effacer la souillure.

La tache, sous vos mains, chaque jour s’accroîtrait. Comme un arbre infernal le doute grandirait;

Et moi, seul à l’écart, caché sous son ombrage, Dans votre immense deuil je verrais mon ouvrage. Retrouvant le Caucase au céleste séjour,

La colombe, en son nid, couverait le vautour.

BSPHABL.

Ainsi qu’un noir serpent nous foulons toute crainte. Ouvre ton aile. Viens sur la colline sainte.

(//* prennift leur essor et e’él'event au-deatut de la terre avec Prométhée.)

PROMÉTHÉB.

Sous votre aile, en effet, la terre disparaît,

Mais non pas la douleur qui survit en secret.

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