TOUTES LES VOIX A L UNISSON
Le voile épais des apparences, Qui seul rend divers tous les êtres, S'amincit, se soulève et laisse transparaître L'unique et divine substance.
J'aime! L'amour dilate et soulève mon âme.
Je suis ivre d'amour. Ainsi qu'un cèdre en feu
Je suis un tourbillon de parfums et de flammes.
Je suis ivre d'amour. Libre, immense et joyeux
Je marche dans le ciel, je chante et je chancelle.
Je suis ivre d'amour. Ah! si j'avais des ailes.
L'une caresserait tous les astres des cieux
Et l'autre couvrirait la terre de caresses.
Je suis ivre d'amour! Le monde est dans mes yeux!
Le monde est dans mon cœur comme un cri d'allégresse.
Tout mon corps et le monde
Doucement se confondent ;
Les fleuves de mon sang ^
Coulent, chauds et puissants,
Promet hée. 1 97
Dans la nature entière En charriant partout L'amour et la lumière.
Une seule âme habite en tout,
Sereine, infinie et divine.
Zeus ! Zeus ! C'est toi, — je te devine, —
Toi qui t'épanouis en moi,
Dévoilant ton être en mon être !
Zeus î Comment ai-je pu jadis te méconnaître! Je te croyais bourreau, tyran, sinistre roi
De la douleur et des supplices.
A présent je sens et je vois :
Ma justice était ta justice,
Mon amour était ton amour;
Quand mes cris appelaient le jour,
C'est toi qui voulais la clarté
Et la divine vérité.
C'est toi qui dans mon cœur cherchais l'Etre suprême, Car je suis ton effort palpitant vers toi-même,
Unique, immense volonté.
Qui te disperses dans le monde,
Et qui, souffrant d'être le monde.
Reviens en pleurs à l'unité.
igS ' Prométhée.