PREDICTION DU CARDINAL D AILLY
Le carUinal d'Ailly, qui s'occupait beaucoup trastrologie, a composé sur ce sujet un ouvrage curieux qui a pour titre : TractaLus de coU" cordiâ astronomiœ cum theologiâ (1490) . t;e savant et vertueux prélat avait annoncé la révohiiion (le 1789. Le Journal des Débats du 8 janvier 1840 s'exprime ainsi à ce sujet :
u II faut appliquer cette remarque du bon
sens antique à la bizarre calncidence qu'a dé-
couverte M. Ideler, de Kerlîn, en calculant, a la prière de M, de Humboldt, quelles années de notre ère répondaient aux grandes conjonctions ' (le Saturne indiquées par le cardinal d'AilIy dans ses Tables Aiphomines, comme devant amener des événements extraordinaires. M. Ide- ' 1er, en ayant soin de se servir de la première édition imprimée à Venise en 1492, y voit qu'une des grandes périodes de Saturne devait être accomplie en Tannée qui répond a mil sept CENT Q€\TRE-vi!SGT NEUF» Le Cardinal d'Aiily, qui écrivait en 1414, dit, au sujet de la conjonc-tion de Saturne, pour 1789 : ( Si le monde vit jusque-là 9 ce qufi JJieu seul sait , il y aura alors de grandes et nombreuses vicissitudes et des révolutions étonnantes, surtout dans les lois. ( Si mundus usgue ad illa tempora duraveritj quod solus Deus novit, muttm tune, viagnœ et mirabiles alterationes vmndi et mutationes futurœ suntet maximè circà leges. )» M. de Humboidt, en citant cette coin* cidence accidentelle, se demande si celle prédiction d'une révoIuUon, qui occupe une si grande place dans l'histoire du genre humain, a déjà élé signalée par ceux qui se plaisent, de nos jours, à tout ce qui est mystique et ténébreux. Comme nous pensons, dit le' rédacteur du Journal des Débats^ qu'il ne Ta pas encore été ailleurs que dans son savant ouvrage, nous la consignons ici comme une chose curieuse en ce moment de recrudescence prophétique. »
D£ J£AK MVLLEE ( REGIOMONTAHUS ), Éfèque de RatUbonm et célèbre roathémalicicn (I).
*( Posl mille explelos à parla Yirginis aQuos,
Kl seplingentos rursus abiiedalos,
Ocluagesimus ocinvus, mirabilis annus,
Ingruel, ei secum trisiia fala lerel.
Si non hoc anno io\\is malus occidct orbis.
Si non iii nihilum lerra lieiumriue met,
Cuncia lamen mundi sursurn ibiuit atque deorsum
Imperia» et lucius undique grandis erii^ »
« Cest-à-dire: Après 7nillc aas accomplis de- « puis renfantement de la Vierge, et que, de « lAws.sept cents dm se seront écoulés, la qua-
tre vifigt-huitième année sera une année « bien étonnante, et entrainera avec elle de « tristes destinées. Dans cette année, si toute la ^ race perverse n'est pas frappée de mort, si la «c terre et la mer ne se précipitent pas dans le « néant, du moins tous les empires du monde
seront bouleversés, et il y aura de toutes « parts un grand deuil. )>
(0 Voyez Journal historique et liUéraire , 15 octobre 16S7, p. 'tiù. — Ibid. 1" lévrier 1792. p. 234.