‹ Prophylaxie de la syphilisChapitre 117 sur 123 · SERVICES QU IL PEUT RENDRE A L ENSEIGNEMENT · texte numérisé non relu

SERVICES QU IL PEUT RENDRE A L ENSEIGNEMENT

de la syphilis ? Est-ce que dans leur pratique elles ne reiiconlrenl pas à tout moment des accidents ou des conséqueuces de la syphilis, sous forme d'avorlements, d'accouchemenls prémalurés, de lésions placentaires, de manifestations d'hiTédité spécifique, de contaminations de nourrice» etc.? Est-ce qu'il ne dépend pas de leur ignorance ou de leur instruction spéciale de laisser se produire ou de conjurer de vérilables calâslrophes dans les familles? Exemples r

Un enfant nouveau-né ne tarde pas à présenter des symptômes d^hérédo-sypliilis qui sont absolument méconnus par une sagefemme de province et non traités. Il succombe à six semaines, le jour même où il m*est présenté, le jour môme où, pour la première fois, la syphilis est diagnostiquée sur lui, alors, 0 est vrai, qu'il n*était plus temps de la traiter*

Une sage- femme (de province également) laisse une nourrice continuer à allaiter un enfant qui. vers Vàge de trois se mai Des, a commencé h présenler des ulcérations buccales. La nourrice prend ut un mauvais mal au sein » et nous est adressée à Sainl>Louis avec son nourrisson et la sage-femme. Nous reconnaissons sur elle (la nourrice) un chancre typique du mamelon avec adénopathie axillaire, et, sur Tenfant, des syphilides buccales avec d'autres lésions d'hérédosyphilis. a Que voulez-vous? nous dit alors spontanément la sagefemme; la syphilis, moi, je ne connais pas Qa; on ne parle pas ^le ça chez nous. D'abord, on ne m*a jamais enseigné ça. >*

Une jeune sage- femme (de Paris, celle-ci) nous amène à Saint- Louis une nourrice, son nourrisson et le frère de ce nourrisson. Elle nous expose qu'elle a cru devoir depuis deux jours, en dépit des protestations de la mère de ces deux enfants qui se dit très saine, faire suspendre lallaitement au sein, el cela pour deux raisons : ** parce qu'elle a découvert sur le nourrisson deux taches palmaires qui lui ont paru suspectes; el, d'autre part, parce qu*ayant demandé à examiner le frère de ce nourrisson, âgé de quatre ans, elle a trouvé sur lui une tuméfaction osseuse tibiale qui n'a fait quaccroître ses soupçons. «ï Examen fait, nous trouvons ce double diagnostic absolument juste (diagnostic qui, soit dit au passage, a sûrement sauvegardé la nourrice d'une contamination syphilitique; car, quelques jours plus tard, la poussée spécifique de lenfant, après avoir débuté par une syphilide palmaire, se continuait par une poussée de syphilides buccales, qui sans doute n'eussent guère manqué de contaminer la nourrice), .rajouterai que, félicitant alors celte jeune et habile praUeienne d'un diagnostic qui témoignait d'une bonne éducation spéciale, elle me répondit ce mot qui a sa valeur pour la démonstration que je poursuis : ^ Mon njérite u a pas été bien grand. Monsieur le Docteur, car j'avais vu un ras tout semblable à celui-ci il y a quelques années dans votre service, et Je nui eu qu'à me souvenir. »t

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548 LE IiISPENSAllŒ VÉNlÏBÉOLOGigLTE.

Et voilà comnieot un souvenir dliupital peut opérer un sauvetage en fait de syphilis.

C*esl assez dire fpi*au nom du bon sens et de Texpéncnce II y a utiliLé majeure h ce ijue Tedu cation des sages-femmes soit complétée par un enseigrieincnt syphiligrapfiiquei enseignement à coup sûr très élémentaire eldrconseriL exclusivement [bien entendu) à l'ordre des sujets qu'elles peuvent rencontrer dans leur pratique.

Cet enseignemenl, j'imagine* ne depaBserait pas huit îi dix teçoDS, quant à sa partie Ihéorique, Il pourrait iHre fait, pour ne pa.s surcharger le médecin titulaire, par le médecin assistant du dispensaire.

J'ai terminé^ et je résumerai les points principaux de cet exposé en disant :

L — La syphilis a bien plus souvent besoin de consultations que dlnterneœeat hospitalier.

La consultation externe constitue pour le traitement des afîecLions vénériennes, non pas la partie annexe, accessoire, subordonnée» mais la partie essenlielle, principale- On ne peut, en particulier, bien traiter la syphilis qu^avec un système fortement organisé de consultations externes-

IL — Or, telles qu'elles fonclionneni actuellement, nos consultations hospitalières pour la syphilis sont bien plutôt faites pour en détourner les malades que pour les y appeler et les y retenir ; et cela notamment :

Parce que ces dites consultations sont insu fusantes comme nombre et conséquemment encombrées à rcxcï^ss;

Parce qu*au lieu trétrc gratuites, elles sont (comme je Tai démontré) pécuniairement ouéreuses pour le;? malades;

Parce que, sous leur forme actuelle, elles sont déplaisantes, désol>!jgeanles, inconvenantes, vexatoires, odieuses de par la confemion pnbliqne de la sijphilis^ etc. ;

Parce qn*elles sont insuffisantes au point de vue proptiy lactique;

Parce que, suffisantes, voire excellentes pour le traite me ut des accidents syphilitiques, elles sont mal appropriées au trailement de la syphilis;

Parce qu'enfin elles ne sont en rien organisées pour le traitement des autres alfections vénériennes, la blennorrhagie particulièrement.

III. — CoDçu dans un tout autre esprit, le Iraitemeut de la syphilis devrait avoir pour organes des DISPENSAIRES rattachés à nos hôpit^iux;

Dispensaires miiliiples:

Disjiensaires méthodiquemeni réparlis dans les divers quartiers de la capitale;

Fonctionnant ri Jours ei heures propices aux malades^ Yoite pput- (ïire le soir, si une expérience tentée en ce sens était bien accueillie par le public parisien ;

Fonctionnant avec disiribuihn g ra lutte de médicaments;

Fonctionnant avec le système eicpéditif et indispensable des fiches individuelles;

Fnfin, oiTrant à tout malade, au verso de chaque ordonnance, une fnslrntdion élcmentairo propre à i celai rcr sur les dangers de la syphilis, non pas seulement pour lui-mômej mais par rapport à autrui.

IV. — Et su ri ou t, il faudrait qu'à l'intolérable système d© la coasultatîou publique par fournées fût substituée la Consultation Individuelle, privée, Beerète. Je réclame donc énergiqu**nicnt pour le consultant d'hôpital un |irivilège jusqu'alors accordé seulement au client de vilk% à savoir le leie-à-ldie avec le médecin*

V. — Devenant le pivot du système que je propose, les Cûnsulta* lions externes constitueraient un service exclusif de tout autre, confié à desmudecini^tilulaires.

11 y aurait intérôl générai, comme intérêt scientifique» à ce que le traitement de la sypliilis et des maladies vénériennes fût confié à un personnel de médecins qui, à tous les degrés de l'échelle hiérarchique, seraient recrutés par concours spéciaux, et que ce service médical eùt sou autonomie, à la façon du corps des accoucheurs des hôpitaux,

VL — Profitable aux malades, le système des dispensaires vénéréologiques ne semraii pas moins utilement les iniéréls de la science, eu créant tout un groupe nouveau de centres d'enseignement.

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TABLE DES MATIÈRES

Dangers multiples de la tnal^die. — Conséquences sociales^ — SyphiJis » méritées i» et «yphilis ininiériti^es. — ïnsitfdaanec des moyens prophylactiquea acluels» — NëceBsité de sauviîçardcr plus unicacûiTient là santé publique qu'on ne la fait aujourd'hui, S Trois ordres de moyens prophylacLiques :

L — Mfifttîres de prophylaxie administrative,. *..,,...,... fi Dan|;ers de la prostiluLion. — Provocation publique* — Pro vocation des débits de vins, ^^ Les invîieufnts. — L'arbitraire administratif, — Nécessité d'une hase lég&le pour la survciU laiicp administrative des prostituées, — h* inscription, — Les in Sun mise*.

U, — Hospitalisation. — Traitement.. ,,.. .,...* îG

IIL — Réformes dans l'ensaignemeiit**^ 30

Question de Saint-Lastare. — Vieux préjugé». — l^éformes à introduire dans le recrutement du personnel médicaE| les concours^ etc. — Sta^e spécial, etc.

Prophylaxie de la syphilis dans farmée et la marine. ..,.,...<.. 41 Prophylaxie des contagions syphilitiques dérivant de Taliai- Icment AÈ

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