CHAPITRE II
Prophylaxie chez les prostituées
La surveillance de la prostitution est instituée au Havre depuis le 16 Thermidor an V.
De 1870, date à laquelle nous commençons à avoir des renseignements précis, à 1882, 1l y avait au Havre de 36 à 38 Maisons closes, disséminées un peu partout dans la ville.
En 1882, latitude est donnée aux femmes de sortir dans la rue ; de ce fait, un grand nombre de maisons ferment au point que nous n’en trouvons plus que 3 en 1904. Par contre, se créèrent les « Bars anglais » sur les quais.
Avec la guerre de 1914-1918, le nombre des Maisons passe à / en 1914, à 8 en 1915, à 9 en 1916 et depuis, ce chiffre est resté le même, pour un effectif de 43 à 92 femmes.
Les femmes de Maisons sont visitées les mardi, les vendredi, et plus souvent si le Médecin chargé du service le juge à propos. Jadis, celles qui étaient reconnues malades étaient hospitalisées à l’Infirmerie de la prison des femmes ; mais, depuis le 18 mars 1859, elles sont
reçues au « Dispensaire Municipal de Salubrité » de la Rue Duroc où elles sont retenues pendant le traitement — celles qui veulent travailler sont occupées, soit à la couture, soit au repassage, et sont rémunérées pour ces services. Il fonctionne sous la surveillance du Bureau d'Hygiène et sous la direction médicale des Docteurs Leroy et Tulasne. Il comprend en outre, comme personne), une directrice logeant obligatoirement dans l’immeuble avec son mari, deux infirmières et une cuisinière.
Les femmes cartées libres, suivant leur catégorie, ou bien sont visitées à domicile le mardi, ou bien doivent se présenter à la consultation le mercredi au Dispensaire.
Flles peuvent, de plus, être contre-visitées si elles sont ramassées dans la rue faisant du racolage, ou sur la demande du médecin.
Le samedi est réservé pour les cures d’entretien : tous les autres Jours : visites, examens et pansements.
De même que pour les malades de la consultation de la peau, toute femme surveillée est munie d’un carnet samitaire sur lequel sont mentionnés les résultats des examens de laboratoire ainsi que les différents traitements reçus.
Les examens de laboratoire sont faits :
Les frottis par M. Legangneux au Bureau d'Hygiène. |
Les B-W par M. Gayet, Pharmacien Chef de l'Hôpital Pasteur.