‹ Prophylaxie des Maladies Vénériennes au Havre Utilité de la RéglementationChapitre 17 sur 24 · NAS · texte numérisé non relu

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recues au « Dispensaire Municipal de Salubrité » de la Rue Duroc où elles sont retenues pendant le traitement — celles qui veulent travailler sont occupées, soit à la couture, soit au repassage, et sont rémunérées pour ces services. Il fonctionne sous la surveillance du Bureau d'Hygiène et sous la direction médicale des Docteurs Leroy et Tulasne. Il comprend en outre, comme personnel, une directrice logeant obligatoirement dans l’immeuble avec son mari, deux infirmières et une cuisinière.

Les femmes cartées libres, suivant leur catégorie, ou bien sont visitées à domicile le mardi, ou bien doivent se présenter à la consultation le mercredi au Dispensaire.

Elles peuvent, de plus, être contre-visitées si elles sont ramassées dans la rue faisant du racolage, ou sur la demande du médecin.

Le samedi est réservé pour les cures d'entretien ; tous les autres jours : visites, examens et pansements.

De même que pour les malades de la consultation de la peau, toute femme surveillée est munie d’un carnet sanitaire sur lequel sont mentionnés les résultats des examens de laboratoire ainsi que les différents traitements reçus.

Les examens de laboratoire sont faits :

Les frottis par M. Legangneux au Bureau d'Hygiène.

Les B-W par M. Gayet, Pharmacien Chef de l'Hôpital Pasteur.

EN Lie

HYGIENE DANS LES MAISONS A) Précautions prises à l’arrivée des femmes.

Afin de dépister, autant que possible, toute maladie vénérienne, différents examens sont pratiqués.

1°) Examen de la femme nue;

2°) Examen au spéculum — frottis:

3°) Examen de sang.

S1 les résultats de ces examens sont bons, la femme est admise. Si l’examen donne une réaction faiblement positive + ou TF la femme est admise, mais soumise à une cure d'entretien.

Si la réaction est nettement posive + FF où FF ++ la femme est hospitalisée au Dispensaire, même si elle ne présente pas d'accidents ; elle y recoit un traitement complet qui consiste en piqures de biodure de mercure, de Benzoate de mercure, en injections intra-veineuses de cyanure de mercure, de Novarsénobenzol et en injections intra-musculaires de sels de Bismuth.

À titre de renseignements, voici quelques chiffres

indiquant l’activité du service :

En 1920 — 834 In]. intra-veineuses.

En 1921 — 1074 Inj. intra-vemeuses En 1922 — 1263 Inj. intra-veineuses.

En 1923 — 949 Jnj. intra-veineuses.

En 1924 — 727 In]. intra-vemeuses.

En 1925 — 845 Inj. intra-vemeuses.

JE ATERE En 1926 — 593 Inj. intra-veineuses.

En 1927 — 430 Inj. intra-veineuses.

En 1928 — 1288 In. intra-veineuses.

De plus en 1926, il a été fait 249 prises de sang, dont 87 positives : soit 34 %0.

En 1927 il en a été fait 366 dont 107 positives soit 29%.

En 1928, enfin, il a été fait 364 prises de sang, dont 119 positives, soit 32 %.

B) Précautions prises dans les Maisons dites de tolérance.

Hygiène moderne consistant en salle de bains, eau chaude, eau froide, linge propre, bonne nourriture, pas d'alcool. Chaque matin et chaque soir, injection de propreté sous la surveillance de la patronne ou de la sousmaitresse.

Des visites médicales ont lieu 2 fois par semaine. Des visites supplémentaires sont effectuées par le médecn, s'il les juge nécessaires.

Il appartient au médecin également de surveiller les cures d'entretien.

Dès qu'une femme est reconnue malade ou même suspecte, elle est dirigée sur le dispensaire.

À remarquer que les hommes, entrant dans les Maisons, sont examinés par la femme et même par la sousmaitresse et, s'ils sont reconnus suspects, sont renvoyés par la patronne.

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En 1926, un cuirassé étranger est venu dans notre ville ; un grand nombre de matelots étant malades, l'entrée des Maisons leur fut interdite par les patronnes elles-mêmes. Ils se sont alors promenés en ville et dans les cafés, en semant leurs germes.

Nous reviendrons d’ailleurs sur cette question dans la deuxième partie de notre travail.

Telles sont les précautions prises. De plus, dans chaque chambre, les clients ont, à leur disposition, les préservatifs nécessaires : vaseline, solution d’eau blanche, solution de permanganate de potasse, pommade au calomel, de l’eau chaude et des serviettes propres. |

Nous venons d'étudier quels sont les moyens médicaux mis en œuvre au Havre, pour lutter contre les maladies vénériennes ; il nous reste à voir comment la lutte sociale est organisée, ce qui nous amènera à parler de la règlementation et à discuter de son utilité.

C’est ce qui fera l’objet de la deuxième partie de ce travail.

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