A TOUS LES MIENS
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C’est avec un peu de mélancolie que j'écris celte modeste étude en vue d’être jugé : Dignus intrare.
Je me souviens... des jours anciens... el... je ne pleure pas mais je songe que je fus, il y a quelques dix ans, un pelit étudiant plein d’ardeur et d'espoir. ayant la Science pour maîtresse el pour richesse l'Ilusion. L'une a été fidèle, l’autre, furtivement,
s’en est allée.
Il y a éu la guerre. Pour les uns cel aoriste est complet, définitif. Sur les autres, indéfiniment, le fardeau de la guerre pèsera. à
Ecarté par les circonstances de lhôpital et du laboratoire où j'aurais aimé faire ma vie, j'ai dû penser à être un homme avant de devenir un savant. À être l’un, comment on peut devenir l’autre, -les Maître lyonnais me l'ont appris. Au moment de les quitter je leur en exprime toute ma gratitude. Sur le souvenir de mes premières études une Oin-
. bre imaintenant s'étend. Avec tristesse el fierté je songe à celui qui les guida, à celui dont l’inimense “et souriante bonté aplanit pour moi les abords de
LE SRE
la Science el nr'appril à l'aimer, à celui dont la figure grandit tous les jours dans la mémoire de ceux qui Pont connu, Jules Courmont. Comme une flamme haute et claire sur ceux qui Fapprochaient rayonnail son intelligence. Irrésistiblement son exemple attirait les esprits qu'il forrmail vers la Science, pour le Bien. Qu'il me soit donné de-suivre toujours cette voie.
Le Maître et le guide que j'ai perdus en lui, je les ai retrouvés dans le continuateur de son œuvre, dans celui qui a hérité son rôle de semeur d'idées fécondes, de créateur d'initiatives généreuses ; le Professeur Paul Courmont, qui me fait aujourd’hui l’honneur de présider mon jury après avoir été l’inspirateur de ce travail. Pour l’inlassable et affectueuse bonté qu'il m'a témoigné, du fond du cœur, je le remercie. à
Sous sa direction j'ai étudié ce point d'Hygiène sociale qu'est l’Assistance à domicile des tuberculeux pauvres. Vu de près, le rôle de celles à qui incombe cette tâche, les Infirmières-Visiteuses d'Hvgiène, nest apparu infiniment digne d’admiration el de respect. N'est-ce pas en effet faire la plus noble des charités que faire la charité de son intelligence, de sa science et de son cœur, que donner non pas un secours malériel el passager, mais vouloir déraciner la douleur en mettant toutes ses forces à lutter contre sa cause la plus habituelle et la plus tenace, la maladie. Par ce travail je n'ai pu donner qu'une idée inmparfaite de la grandeur de leur tâche. Je prie les Infirmières-Visiteuses de me le pardonner.