‹ Prophylaxie Sociale de la TuberculoseChapitre 5 sur 22 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Le péril tuberculeux et la guerre.

Nécessité actuelle

d'un personnel spécialisé pour le combattre.

L'Hygiène et la Guerre.

« La guerre cause de douleurs et de ruines innombrables, a pu devenir, par l'excès même de la souffrance, une source abondante de dévouements, d'énergies et d'initiatives fécondes. »

Ces paroles de M. Léon Bourgeois, vraies pour toutes les branches de l’activité sociale, sont particulièrement vérifiées dans le domaine de l'Hygiène. L'Hygiène, science de la préservation des maladies, devait normalement prendre une importance de premier rang dans le maniement de vastes rassemblements humains qui constituaient un champ terriblement favorable à la propagation des maladies contagieuses. Mais la guerre renforçant l’intérêt:de Ja prophylaxie aux Armées à, par contre-coup, ra

vivé l'attention que méritait la lutte contre ces maladies au point de vue purement social. Nombreux en effel étaient les hommes qui quittaient l'armée porleurs d’un mal qu'ils pouvaient répandre autour. d'eux et la nécessité urgente se fit sentir de circons-

crire ou d’éleindre ces foyers possibles d'infection:

Extension de la Tuberculose.

Parmi les problèmes qui se posèrent alors à l'Hygiéniste s’est dressé, infiniment redoutable celui de l'extension de la tuberculose. D'après les statistiques d’avant-guerre un décès sur huit environ était dû, en France, à la tuberculose. Pendant la guerre avec la formidable condensation des populations vers certains centres d'attraction, villes et camps, le fléau a grandi encore.

En ce qui concerne les hommes mobilisés, dans-la séance du 25 mars 1919, le professeur Vincent déclarait à l’Académie de Médecine que les commissioñs compétentes avaient réformé 111.000 tubercu-

leux avérés.

Moyens de défense.

Quelles étaient nos armes contre ce danger.

Avant la guerre, quelques trop rares -æuvres dues à la générosité et à l'initiative privée : L'OEuvre de Grancher, les Dispensaires, les Sanalorias populaires, ces derniers en bien petit nombre.

Par assurance obligatoire - contre la maladie

- (1891), l'Allemagne, dès 1895, s'était procuré les ressources nécessaires à l’éxécution d'un vaste programme de lutte antiluberculeuse. Au Congrès de Rome, en 1914, elle se montrail Justement orgueilleuse des 16/4 sanalorias populaires qu'elle avait cons-

truits.

L'aide américaine.

Mais dans la lutte contre la tuberculose comme dans la Futte contre l'ennemi commun l'Amérique nous apporta une aide précieuse et des notions pratiques qui fécondèrent nos efforts et raffermirent nos directives. Une mission officielle émanant de l'Américan Red Cross et.de la Fondation Rockfeller est venue à nous. Elle nous a offert non seulement une aide matérielle considérable dont notre pays épuisé par la lutte n'aurait jamais pu fournir l’équivalent elle à voulu aussi travailler avec nous dans la plus affectueuse collaboration.

C'est done pour nous le moment de mettre sur pieds en l’élayant sur des bases solides l’organisation indispensable à la défense antituberculeuse de notre pays.

Les plans de cette organisation ont d’ailleurs été ébauchés pendant 1x guerre par les mesures prises pour la prophylaxie de la tuberculose dans l'Armée (centres de triage, hôpitaux spéciaux, fondation des Comités départementaux d'assistance aux réformés tuberculeux et comme conséquence création de 10.000 lits militaires pour l'éducation prophylacti-

My

Te

que de ces malades dans des stations sanitaires et

des Hôpitaux spéciaux.

Etude des méthodes.

La prophylaxie antituberculeuse doit-elle obligatoirement, pour être efficace, entraîner les énormes dépenses que nécessiterait lPapplication intégrale et simultanée de toutes les mesures que doit comporter une action complète ?

Si l’on envisage isolément chacune de celles-ci, si l’on prétend que la lutte contre telle cause doit être engagée sans délais, on provoque immédiateinent des protestations de la majorité des médecins et de ceux qui s'occupent de la question. Car chacun met au premier plan la question qui est capitale à son propre point de vue et déclare les autres irréalisables ou de moindre importance. |

Il faut en effet admettre qu'aucune mesure prise isolément n'est susceptible de faire disparaître le fléau définitivement, ni la déclaration (avec la désinfection obligatoire et’ l'assistance à la famille qui doivent en être la conséquence indispensable) ni la disparition des logements insalubres, ni la répression de l'alcoolisme, ni la lutte contre les poussières, ni tant d’autres points encore. |

De même qu'il n’est pas de panacée universelle susceptible de guérir tous les maux, de même aucune action localisée et limitée n’est susceptible d'avoir un résultat efficace et permanent ét n’est par conséquent aple à réunir tous les suffrages. L’appli-.

calion simultanée de tout le programme antituberculeux, construction de sanatorias pour les malades curables, services hospitaliers spéciaux pour l’isolement des contagieux dont on ne peul espérer la guérison, assistance aux familles des hospitalisés, désinfection continue obligatoire, disparition des taudis, suppression de Palcoolisme, meilleures conditions hygiéniques du travail, cessation de l'exode rural, tout cela et bien d’autres choses encore coùterait des dizaines de milliards.

Mais ne peut-on, sans se laisser intimider par l’immensité de la tâche à accomplir, l’attaquer partiellement avec les ressources dont on dispose et obtenir en limitant les dépenses indispensables, un résultat sinon définitif et complet du moins très appréciable, car il importe avant tout de se mettre à l'ouvrage.

En 1902, Galmette donnait une formule de dispensaire dont le fonctionnement répondait aux possibilités d’un pays ne disposant comme la France que de ressources éparses et limitées (dispensaire type français). : LA EUE

Dès 1905, à l’époque. où la lutte antituberculeuse élait encore dans les limbes, Arloing et J. Courmont, saisissant l'énorme importance sociale de cette organisation, fondait à Lyon, à travers des difficultés matérielles considérables, un dispensaire antituberculeux. Les résultats ne tardèrent pas à se faire sentir et le graphique des décès par tuberculose dans la population lyonnaise pendant les années qui suivirent en est le plus éloquent et le meilleur panégv-

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