‹ Propos scientifiquesChapitre 9 sur 19 · OBSCURITÉ · texte numérisé non relu

OBSCURITÉ

LUMIÈRE

rouge.

LUMIÈRE

azur violet.

LUMIÈRE

blanche.

Grenouille

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Oiseaux (moineau , canari).

Surmulot

Nous ne possédons aucun renseignement sur l'intensité des phénomènes respiratoires chez les larves de grenouille, mais il est permis de penser, en s'ap-

(1) Chasanowîlz, Ueber den Einfluss des Lichtes mif die Kohlensaure Ansscheidung im thierischen Organismus. Inaugural dissertaUon. Kœnisberg, 1872.

puyant sur les faits que je viens de rappeler, que les rayons de la région chimique du spectre , les bleus et les violets, conduisent à une usure plus rapide des tissus que ceux de la région thermique. Ceci est confirmé par l'expérience suivante :

Si l'on prend un certain nombre de têtards à peu près de même taille et élevés jusque-là dans des f ;onditions identiques , puis qu'on vienne à les soumettre à l'inanition sous l'influence des différentes rouleurs, on verra qu'ils meurent beaucoup plus vite dans la lumière violette que dans les autres, et que la progression des couleurs dans ce cas est précisément l'inverse de celle que nous avons obtenue pour la croissance.

Les lumières colorées sont en général défavora- Ijles à la vie sans nourriture et , à ce point de vue, c'est la lumière violette qui occupe le premier rang.

Comment se fait-il alors que cette même lumière nous ait donné de si beaux résultats pour la croissance?

Il faut admettre qu'elle active les phénomènes ile nutrition, l'assimilation des aliments, dans une proportion encore plus grande que les phénomènes de combustion et de désassimilation. Dans la lumière violette , la fraction de la substance gagnée sur la substance perdue est plus considérable que dans les autres lumières.

Prenons un même nombre de têtards en déve-

loppement depuis Tœuf, dans les vases colorés, plaçons-les tous dans des vases exposés à la lumière blanche, privons-les de toute nouri'iture et nous verrons que les têtards qui se sont développés dans la lumière violette résistent plus longtemps à Vinanition que ceux qui se sont développés dans les autres lumières.

Sous ce rapport , l'expérience a montré que l'ordre des couleurs était le suivant : violet, bleu Jaune, blanc, rouge et vert. Les têtards élevés dans la lumière violette avaient accumulé une quantité de matériaux nutritifs telle , qu'elle leur a permis de résister plus que les autres au manque de nourriture, tandis que ceux soumis à Faction des lumières rouge et verte, et que nous avons toujours vus si chétifs, succombaient très rapidement.

11 est regrettable que les rayons verts n'aient pas été étudiés par Moleschott et Fubini, mais les rayons rouges se rapprochent beaucoup de l'obscurité ou lui sont même inférieurs (Chasanowitz) quant à leur action sur la respiration , place qui leur est également donnée par nos expériences sur le développe* ment.

Et maintenant, nous venons de rapporter les résultats bruts de nos expériences sans qu'il soit possible pour lé moment d'en donner une expHoaUon complète. L'influence des lumières simples M fîp la lumière blanche s'opère-t-elle par l'interméiliairo

du système nerveux ou par une action directe sur les tissus? Moleschott a montré autrefois que Tœil prend part à l'augmentation de Tacide carbonique i'xhalé par les grenouilles sous l'influence de la lu- TJiiêre. Dans les mêmes conditions de température H d'intensité lumineuse , la valeur moyenne de Tacido carbonique produit par les grenouilles aveugles est à celle des animaux intacts dans le rapport ti*3 490 a 561 ou de 1 à 1,14. Plus récemment, dans î?on travail fait en collaboration avec Fubini , il est urrivé à des résultats analogues pour les lumières iulorées.

« Pour ce qui concerne la lumière colorée sur les animaux aveugles, disent-ils, nous avons obtenu les mêmes résultats que sur les animaux voyants, avec cette difl'érence toutefois que le degré de l'effet i^st moindre. L'action de la lumière bleu violacé, sîur les mammifères aveugles, est diminuée d'ime façon plus grande que celle de la lumière rouge. »

Et plus loin ils ajoutent : « L'influence de la lumière d'exciter l'échange de la matière prend le chemin non seulement des yeux, mais aussi celui de la peau. Lorsque la lumière agit par Tune ou l'autre de ces voies seulement, l'effet est moindre que lorsque les deux voies sont ouvertes. Chez les grenouilles et les mammifères, l'effet obtenu par Tune de ces voies est égal à celui obtenu par lau- IrtA j mais la somme de ces deux effets est moindre

que lorsqu'elles sont ouvertes Tune et l'autre , ce qui fait supposer qu'elles s'excitent réciproquement. La respiration parenchymateuse, tant qu'elle est mesurée par la quantité d'acide carbonique exhalée , s'accroît sous l'influence des lumières autant que la respiration dans son ensemble. »

Cette influence sur le système nerveux demande encore à être étudiée dans ses relations avec celle qui opère directement sur la peau. Par cette voie, nous parviendrons certainement un jour à nous rendre compte des singuliers résultats que nous venons de résumer. Il nous faut donc multiplier les expériences et bien remarquer que ces études , en ce qui nous concerne du moins , n'ont porté que sur des animaux aquatiques.

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