‹ Propos sur le bonheurChapitre 3 sur 149 · IRRITATION · texte numérisé non relu

IRRITATION

Quand on avale de travers, il se produit un grand tumulte dans le corps, comme si un danger imminent était annoncé à toutes les parties; chacun des muscles tire à sa manière, le cœur s'en mêle; c'est une espèce de convulsion. Qu'y faire? Pouvonsnous ne pas suivre et ne pas subir toutes ces réactions? Voilà ce que dira le philosophe, parce que c'est un homme sans expérience. Mais un professeur de gymnastique ou d'escrime rirait bien si l'élève disait : c< C'est plus fort que moi; je ne puis m'empêcher de me raidir et de tirer de tous mes muscles en même temps. » J'ai connu un homme dur qui, après avoir demandé si l'on permettait, vous fouettait vivement de son fleuret, afin d'ouvrir les chemins à la raison. C'est un fait assez connu que celui-ci; les muscles suivent naturellement la pensée comme des chiens dociles; je pense à allonger le bras et je l'allonge aussitôt. La cause principale de ces crispations ou séditions auxquelles je pensais tout à l'heure, c'est justement qu'on ne sait point ce qu'il faudrait faire. Et, dans notre exemple, ce qu'il faut faire, c'est justement assouplir tout le corps,

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