‹ Propos sur le bonheurChapitre 68 sur 149 · AGIR · texte numérisé non relu

AGIR

Tous ces coureurs se donnent bien de la peine. Tous ces joueurs de ballon se donnent bien de la peine. Tous ces boxeurs se donnent bien de la peine. On lit partout que les hommes cherchent le plaisir; mais cela n'est pas évident; il semble plutôt qii'ils cherchent la peine et qu'ils aiment la peine. Le vieux Diogène disait : ce Ce qu'il y a de meilleur, c'est la peine. » On dira là-dessus qu'ils trouvent tous le plaisir dans cette peine qu'ils cherchent; mais c'est jouer sur les mots; c'est bonheur et non plaisir qu'il faudrait dire; et ce sont deux choses très différentes, aussi différentes que l'esclavage et la liberté.

On veut agir, on ne veut pas subir. Tous ces hommes qui se donnent tant de peine n'aiment sans doute pas le travail forcé; personne n'aime le travail forcé; personne n'aime les maux qui tombent; personne n'aime sentir la nécessité. Mais aussitôt que je me donne librement de la peine, me voilà content. J'écris ces propos, ce Voilà bien de la peine », dira quelcjue écrivain qui vit de sa plume; seulement personne ne m'y force; et ce travail voulu est un

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