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s’est assuré, que les fartrates n'éprouvent pas de variation sensible dans leurs pouvoirs rotatoires moléculaires par l'effet de la dilution, les quotients Q ne décèlent pas plus approximalivement des multiples exacls.
E. Mulder(1) reconnaît à la loi des mulliples le caractère d’une loi naturelle, au même titre qu'aux lois de Mariotte et de Gay- Lussac. Ce sont loules des lois idéales, auxquelles les corps que l’on rencontre obéissent plus ou moins, sans jamais les vérifier d’une façon absolument exacte.
MM. Carneluti et Nasini, entre autres conclusions de leurs expériences sur les dérivés de la santonine,ont tiré celle de l'exaclitude de la loi de Krecke. Les pouvoirs rotatoires moléculaires trouvés ont élé des multiples d’un seul et même nombre. Les mesures ont été faites à la température de 26°; le dissolvant employé était le chloroforme; les solutions contenaient, dans D0 c. c. depuis nojusqu'à + du poids moléculaire de la substance exprimé en grammes, c’est-à-dire, environ 5 grammes de santonine.
La loi des multiples a été l’objet d’une étude approfondie de la part de M. Th. Thomsen (3). Ce savant, après avoir examiné les pouvoirs rotatoires d’une foule de substances (hydrates de carbone, acides amidés, alcools, alcaloïdes, etc. ), est arrivé à cette conclusion, que le pouvoir rolaloire moléculaire des corps optiquement actifs peut toujours être représenté par une expression de la forme
M [ah __ 100 —= n.3,8 + n'. 8,4
la constante 8,4 étant propre à la fonction alcoolique, et la
(1) Deuts. chem. Ges. Ber., 1874,1399.
(2) Deuts. chem. Ges. Ber., 1880, 2208.
(3) Ber. 1880, 2168, 2269.
constante 5,8 aux Corps non saturés dont la molécule présente une liaison double.
Une discussion s’est alors élevée entre M. Thomsen et M. Landolt (1).
M. Landoltfait remarquer que la loi des mulliples, telle qu’elle a été formulée par M. Th. Thomsen ne tient pas compte de la variabilité du pouvoir rotaloire avec diverses influences, telles que celles de la nature du dissolvant et de la concentration. Il ajoute que lon pourrait représenter par des expressions de la même forme toutes les propriétés physiques et chimiques des corps (2), et conclut au défaut de fondement scientitique et à la nullité de valeur de la loi de M. Thomsen.
Ce dernier réplique que l’objection relative aux autres propriélés physiques ou chimiques des corps n’est pas. sérieuse à ses yeux et que la loi qu’il a formulée s'applique aux pouvoirs rotatoires réels des corps, c’est-à-dire aux pouvoirs rotaloires des corps supposés non dissous, d’après les nombreuses expériences des divers auteurs qui se sont occupés de cette étude.
Sans nous prononcer sur la loi des multiples au sujet de laquelle de nouvelles déterminalions de pouvoirs rotatoires faites dans des conditions bien déterminées nous paraissent nécessaires, nous constaterons cependant l'accord qu’elle présente avec les résultats des mesures les plus précises parmi celles que l’on possède sur cette matière:
(1) Ber., XIV, 29, 134, 158, 203, 296, 807, 1048, 1654, 1658.
(2) M. Landolt ajoute, à l'appui de cette opinion, que les poids atomiques de douze éléments sont des multiples simples du facteur 3,8 et que ceux de neuf autres éléments sont des multiples de 8,4.
mio Substances È é Essence de térébenthine L. . . . 50,24 6 X 8,4 — 50,4 2 X 8,4 — 16,8 » Dr 19527 5 X 3,8 — 19,0 Faptrate d'éthyles AN OR 07 2 X 8,4 — 16,8 CAMbhEe FEMME CU ROUNSE HE 10 X 8,4 — 84 Nidotines:i 1e filon péile tetes © 20000000 81 C8 A OGO,Æ AC dé CANNES NE 219,43 ( 20 6 RTS LS | 1 X 8,4 — 8, ACIde maAUTUeE SE AR ce ta Ale Ul ) 2 o CES T5 , B) = 05; ACINe tarilIqUE: RD 59 6 se ce ee Malate neutre de sodium. . . . . 26,90 De pri. Bitartrate-de lithium. meme 42,79 5 X 8,4 — 42 « d’ammonium. . . . . . 4,84 9 X 8.4 — 42 « desodinm ect 2 r4t 10 5 X 8,4 — 42 « de potassium. . . . . . 42.53 D X 8,4 = 42 Tartrate neutre de lithium. . . . 58,06 FONUS LE I5E,S D d'ammonium. . .. 63,04 j ss 7 Nr cie » He SOUS CRE 59,85 TX 84 = 58,7 s LB ODUB 6 T0 » de potassium. . . . 64,4 | 16 K 38 — 646 Tartrate d'ammoniametdesodium 61,71 (a DRE 8 X 8,4 — 67,9 » » potassium. 63,81 16 X 38 — 646 » de sodiumet de potassium. 62,34 Fe So e == see
La comparaison des nombres de la 2° et de la 5° colonne montre que les résultats fournis par l’expérience s’accordent assez bien avec ceux qui se déduisent de la loi de M. Thomsen.
Mesure des pouvoirs rotatoires. — Elle s'effectue couramment avec les appareils bien connus de Biot, Mitscherlich, Soleil, Cornu, Laurent et Wild.
Les anciens instruments ne donnaient pas une précision supérieure à un quart de degré. Avec les nouveaux {appareils
à pénombres et à franges), FUN PLAGE atteint Écilenent à 2 ou 3 minules.
Les délerminations sont ordinairement rapportées à la teinte sensible, ou mieux à la lumière du sodium.
Quand il s’agit de rapporter les poavoirs rolatoires spécifiques aux longueurs d’onde et d'établir la loi de la dispersion rotaloire d’une substance aclive, on a recours au procédé proposé par MM. Fizeau et Foucault et appliqué successivement par MM. Brock, Wiedmann, Arndtsen, Gernez et autres (1).
(1) Entre deux nicols tournés à l'extinction, on place la substance active. Un faisceau de rayons solaires traverse d’abord un collimateur à fente, puis les deux nicols avec la substance active. Celle-ei produit une dispersion rotatoire ; l’analyseur réduit l'intensité des diverses vibrations dans le rapport du cosinus carré de l’angle que chacune (d'elles fait avec sa section principale ; les vibrations normales sont complètement éteintes. On regarde à travers un prisme trèsdispersif: une ou plusieurs stries noires se montrent dans le spectre et se déplacent en parcourant successivement les diverses régions,. quand on tourne progressivement l’analyseur. On fixe le fil de la lunette successivement sur les différentes raies de Fraunhofer, on amène le milieu d'une bande en coïncidence avec ce fil; l’azimut correspondant de l’analyseur donne les rotations des plans de polarisation.