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CHAPITRE PREMIER

Historique

De nombreux travaux ont été effectués sur la spectroscopie des muscles. Dès le début des applications des méthodes spectroscopiques à l’hématologie, divers auteurs ont signalé dans le spectre musculaire deux bandes de la région jaune-verte correspondant sensiblement à celles que l’on venait de mettre en évidence dans le spectre de l’oxyhémoglobine (Kuhne 186%, Ray-Lankester 1871, Ranvier 1880, etc.) (1), et possédant comme celles-ci la faculté de se résoudre en une seule bande sous l’action des réducteurs. L'on considéra du fait de cette analogie comme suffisamment démontrée l'existence du pigment sanguin dans la substance musculaire, quoique à vrai dire la comparaison des deux spectres ne paraisse pas avoir été à cette époque discutée d’une manière très approfondie, ni étendue au delà des deux bandes «et 8; or on sait que la mise en évidence, dans le spectre d’un corps, de deux bandes correspondant exactement à celles d’une substance connue ne peut déjà prouver en toute rigueur que la présence, dans les deux corps, de certains groupements moléculaires communs : parenté n'implique point identité, et nous verrons plus loin qu'il semble résulter de recher-

4, Un index bibliographique est placé à la fin du volume.

Tes

ches plus récentes sur les pigments musculaires K. Mürner 1897) des différences assez notables entre les hémoglobines musculaire et sanguine (1).

Quoiqu'il en soit, et que l'assimilation directe du pigment rouge du musele au pigment sanguin se justifie complètement ou non, il ne ressort pas moins des travaux de ces premiers auteurs un fait extrèmement important au point de vue de la physiologie musculaire, qui est le phénomène de réduction respiratoire de ce pigment. Ce phénomène a donné lieu à d'importantes recherches sur les échanges gazeux du muscle pendant sa contraction, recherches qui conservent évidemment leur valeur quelle que soit l'opinion que l’on puisse avoir sur la nature des piginents musculaires. Je citerai simplement à ce propos pour mémoire, n'ayant point l'intention d'étudier ici la contraction, les expériences de Gerald Yeo (1885) sur la contraction du myocarde de la Grenouille, travail qui a été le point de départ de recherches plus récentes sur la contraction de divers muscles (Hénocque et Tripet sur le lapin, ete.).

En dehors de l'hémoglobine. ou plutôt en dehors des deux bandes classiques 4 et 5 qui paraissent immédiatement attribuables à un dérivé du pigment sanguin, le spectre musculaire paraît présenter un certain nombre de caractéristiques fort intéressantes, mais qui soulèvent des problèmes très complexes.

Dans une série de mémoires très importants, Mac Munn (1886-1887) a décrit des pigments spéciaux au muscle, qu’il a découverts spectroscopiquement. Nous analyserons le plus important de ces mémoires (1886) :

Mac Munn a recherché si, à côté des pigments respiratoires dits sanguins (hémoglobine, hémocyanine) il n'existe pas dans les divers tissus ou organes d'autres pigments respiratoires appartenant fondamentalement aux tissus eux-mêmes el capables de renforcer ou d’y remplacer l’action de ces pigments sanguins. À vrai dire, les pigments des tissus ou Aiïstohémalines avaient été déjà soupçonnés par quelques

|. L'hémoglobine musculaire est d'ailleurs jusqu'à un certain point {opographiquement indépendante de l'hémoglobine sanguine. Chez les animaux dont le sang contient de l'hémoglobine, la présence de ce pigment dans les muscles pourrait se concevoir facilement ; mais par contre l’hémoglobine musculaire subsiste dans quelques formes à la disparition de l'hémoglobine sanguine : je citerai le cas des muscles radulaires du Chiton, qui sont d'un beau rouge, et donnent les deux bandes vertes bien connues dites du spectre de l'oxyhémoglobine (Ray Lankester) alors que le sang ne contient point de ce pigment.

auteurs (Sorky, Krukenberg), mais sans être mis en évidence d’une façon nette.

À côté des histohématines de divers organes ou tissus (glandes génilales, œufs, organes d’excrétion, etc.) de nombreux types du règne animal, Mac Munn décrit des spectres d’un pigment respiratoire spécial au tissu musculaire (myohématine). Je cite in ertenso les définitions de Mac Munn, pour permettre de se rendre compte de la manière dont il

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