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qu’elle n’est pas produite par les pigments sanguins dans l’état où ils se trouvent dans le sang frais.
Par contre, pour les bandes 526-517 et 500, où il y a coïncidence avec une bande sanguine mais avec différence de valeur, il est possible d'admettre sans guère d'imprudence un rapport avec un pigment sanguin, en notant toutefois la nécessité d’une concentration du groupement moléculaire absorbant plus grande que dans le sang.
Pour la première bande d'autre part (celle qui a son maximum sur 572), la chose doit être attentivement discutée : cette bande est en effet adjacente (et non en coïncidence ,à une bande sanguine (D-" 75). Est-il possible de la considérer comme une extension de celle-ci? Sans rentrer dans le détail de son interprétation théorique, je ferai observer qu’une telle assimilation supposerait l'extension asymétrique de la bande sanguine, dont le maximum (Krukenberg) est approximative ment sur D, alors que notre bande musculaire paraît avoir son maximum vers 870 : la raie /,9 572) qui n'est pas touchée sur les spectrogrammes du sang, est englobée par la bande musculaire. Jusqu'à quel point une telle extension, un déplacement de 20 uv environ du centre de gravité d’une bande, est-elle conciliable avec la conservation de l'intégrité d’un groupement moléculaire ? Je n’en sais rien, peut-être faut il faire appel simplement à une augmentation de la concentration de ce groupement. Toujours est-il qu’on peut admettre mais à titre de pure hypothèse, qu’il y ait dérivation au dépend d’un groupement moléculaire appartenant aux pigments sanguins.
Dans l’ultra-violet, les choses sont beaucoup plus délicates, le sang et le muscle finissent très vite l’un et l’autre dans notre dispositif par absorber la plus grande part de cette région sous de très faibles épaisseurs Il semble cependant bien que dans les petites épaisseurs, les bandes de l’un et de l’autre (en tout cas de valeurs très différentes, ce qui supposerait déjà d'assez grosses variations de concentration moléculaire), n’ont pas leur maxima en coïncidence, sauf peut-être la dernière bande musculaire qui coïncide assez bien avec le maximum d’une bande de l'oxyhémocyanine (840 environ), décrite il est vrai chez des Mollusques (Dhtré) et non des Crustacés. Sauf ce point d’ailleurs douteux, une dérivation de ces bandes musculaires aux dépens des bandes sanguines devrait done, comme dans le cas précédent, exiger des étalelements asymétriques avec toutes leurs conséquences.
Tout ce que l'on peut donc dire à l’heure actuelle, c’est qu’il y a dans les spectres musculaires de l’Ecrevisse un petit nombre de bandes qui paraissent ne pas correspondre à des bandes de pigments tels que ceux qui sont représentés dans le sang frais, la possibilité d’une dérivation
in —
par modifications de certains groupements moléculaires de ces pigments restant à envisager sous réserve de démonstration ultérieure pour quelques-unes de ces bandes.
Tentatives de localisation des bandes dans les divers disques de la fibre musculaire de l’Ecrevisse.
Nous avons indiqué plus haut le principe de la technique que nous employons pour cette opération. Nous allons sans plus y revenir donner le protocole de quelques expériences qui en font l'application immédiate.
Série E.— Muscles abdominaux de l’Ecrevisse. Dissociation serrée de fibres, ne laissant en épaisseur qu’un très petit nombre de celles-ci. La teinte en lumière polarisée est le blanc de premier ordre, ce qui suppose une épaisseur maxima de 0,1 min. environ. Objectif 5 de Nachet. Plaques Chromo-isolar. Temps de pose 1,5 minute. Arc au charbon avec parcelles de Cd pour le repérage.
Ea) Spectrogramme de la dissociation en lumière polarisée, nicols croisés, l'axe des fibres à 45 degrés des nicols.
E6) Spectrogramme de la dissociation en lumière polarisée, avec mica quart d'onde parallèle aux fibres. Fente du collimateur très légèrement réduite.
Ec) Spectrogramme de la dissociation en lumière naturelle. Fente uu peu plus réduite qu'en £b.
Ed) Spectrogramme des nicols croisés avec le mica quart d’onde à 45 degrés. Mème fente que £c.
La comparaison de ces quatre spectrogrammes montre les faits suivants :
{9 La raie 572, absente dans ÆZa (lumière polarisée) est évidemment nette dans Æc (lumière naturelle). Cette raie n’est pas éliminée par les nicols, car elle existe dans Z6, très faible il est vrai, mais nette sur les négatifs; on la retrouve en outre intacte, ainsi que D, dans le spectre des nicols parallèles.
2° La raie D(389) est très affaiblie, presque invisible, dans £a, alors qu’elle est intense, à des degrés divers mais nettement dans les autres spectrogrammes.
3° Ilexiste en lumière nalurelle (Æc) une bande brillante 2-4 (570- 555) environ, que nous avons vue dans les spectres précédents de l'Ecrevisse. Cette bande se retrouve dans tous les spectrogrammes sauf
RD
Ea, alors que le groupe de raies brillantes 35-40 (420-410), d'in-
tensité comparable dans les autres spectrogrammes, est encore présent.
40 Aucun renseignement, dans ces spectrogrammes de la série Z qui sont extrêmement faibles, sur la bande /8,5-20,5 (467-460).
50 La raie 27,5 (438) présente dans Æc et dans Æb, est absente dans £a, mais elle manque aussi dans Æ4d.
Série E3. — Muscles de la pince de l’Ecrevisse. Dissociation donnant une teinte gris-blanc de premier ordre, ce qui équivaut à une épaisseur légèrement inférieure à 0,1 mm. Objectif 5 Nachet. Plaques Chromo-isolar. Temps de pose 2 minutes.
E3a) Lumière polarisée, nicols croisés, les fibres à 45 degrés des nicols, la fente du collimateur parallèle aux fibres. Lumière parallèle.
E36) Même dispositif, avec addition du mica quart d'onde parallèle aux fibres. Fente légèrement réduite.
E3c) Lumière naturelle, fente légèrement réduite.
Résultats : 1° Disparition de la raie 587% dans E3a, extrêmement faible mais visible sur E36, très nette et forte sur E3c.
20 Affaiblissement (mais non disparition) de la bande brillante 570-555 dans E3a, alors que les raies 420-410 y sont aussi intenses qu’en lumière naturelle (E3c).
3° Une bande 467-458 très faible est aussi intense dans les trois clichés.
49 Des traces extrêmement faibles de la raie 47 (898) paraissent se retrouver dans E3a et et E3c.
Série EÆ4 (PI. 1). — Muscles de la pince de l’Ecrevisse. Dissociation effectuée et photographiée dans les mêmes conditions que E3, sauf le temps de pose : 2 minutes 1/2.
E4a) Lumière polarisée, nicols croisés, fibres à 45 degrés des nicols.
E46) Même dispositif avec mica quart d'onde. Fente réduite.
Eäc) Lumière naturelle, fente réduite.
Eäd) Nicols croisés et mica quart d’onde à 45 degrés.
Résultats : 1° Disparition de 1,9 (572) dans E4a, ainsi que dans E45. Nette par contre dans E4d, très nette dans Eke. Il est à remarquer qu'une raie ÿ (862) beaucoup plus faible que £,9 est présente dans EZc et se retrouve dans E4a où 1,9 à disparu.
2° Affaiblissement de la bande brillante 2-4 (570-555) dans E4a et E40 : renforcement dans E4c et E4d.
3° La bande /8,5-20,5 (467-460), est également nette dans les trois premiers spectrogrammes.
Il y a dans E4b des traces très faibles des raies ultra-violettes 26,5 (878) et 61 (868 ?), que l’on retrouve plus accentuées dans E4e, et
en
qui manquent dans E4a. Je n’ose pas affirmer que l'intensité du cliché n’y est pas pour quelque chose, mais il faut bien remarquer cependant que ces rayons avaient près de deux millimètres de supplément de verre (les lames de garde du mica quart d’onde), à traverser dans E4b, chose assez considérable pour des rayons de cette région de l'ultraviolet, et qui aurait plus que compensé très certainement la faiblesse du cliché E4a. Par contre, Z7,5, qui existe dans E4e, est rigoureusement absente dans E4a et E46.
Série E5.— Muscles de la pince de l'Ecrevisse. Dissociation effectuée dans les mêmes conditions que E3, sauf de temps de pose : 3 minutes 1/2. :
E5a) Dissociation en lumière polarisée, nicols croisés, avec un mica quart d'onde parallèle au plan principal d’un nicol, par conséquent éteint. Fente parallèle aux fibres comme toujours.
E5b) Même dispositif, le mica quart d'onde ayant subi une rotation de 45 degrés.
Résultats : la raie 572 nette dans E5b, est presque nulle dans E54. D 589 y est également affaiblie, quoique une raie 35 (420) soit à peu près équivalente dans les deux spectrogrammes.
2° La bande brillante 2-4 (5 70-5%5) est un peu plus faible dans E5a.
Interprétation des résultats précédents.
1° Nous remarquons que la raie 572 disparaît, ou en tout cas subit un très fort affaiblissement, toutes les fois que les rayons issus des parties biréfringentes du muscle arrivent seuls (avec les restrictions que nous avons faites plus haut), au collimateur. Dans le même cas, la bande brillante 3 70-55% subit également un affaiblissement, pouvant aller jusqu'à disparition totale. Enfin, la raie D peut être atteinte aussi.
Il semble donc logique d'attribuer ces effets à l'existence d’une bande légère 389-555, à maximum sur 87% (jaune vert) appartenant exclusivement aux disques biréfringents (disques Q). Il n’est rien d'étonnant à ce que cette bande se trouve réduite dans les deux sens sur les spectrogrammes en lumière ordinaire, ou il y a mélange des rayons issus des diverses parties de la fibre, et où la bande d’absorption de Q peut-être compensée ou noyée par les rayons issus de [ par exemple. [l est à remarquer que dans le cas où la préparation est en lumière polarisée avec mica quart d'onde, cette compensation ne doit pouvoir s'effectuer qu’imparfaitement, l'intensité de la lumière issue