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tantes, très vite absorbées, 3286 et 380, et que la courbe s'abaisse après 850, celte région étant quelquefois visible alors que les raies antérieures sont absorbées.

Tout cela est très complexe, comme on le voit, et cette complexité tient en grande partie à ce que l'absorption photographiquement très intense ne permet la séparation des bandes que sous de très faibles épaisseurs. Le spectre que nous VEnons de décrire correspond au spectre brut du muscle, élimination faite des caractéristiques de la source. Il est intéressant de le comparer maintenant au spectre de l’oxyhémoglo-

bine.

Comparaison avec le spectre de l’oxyhémoglobine.

1e Les bandes de l'oxyhémoglobine. — I est facile de constater à première vue, et nous l’avons signalé chemin faisant, la coïncidence approchée de deux bandes du muscle(5889-550 et 550-508)avec les deux bandes jaune-verte z et 8 bien connues de l’oxyhémoglobine (fig. 11). Ces bandes sont ici très larges, et la photographie enregistre déjà leur jonction pour des épaisseurs de muscles inférieures au demi-millimètre. Sur la bande rouge antérieure à € de loxyhémoglobine, nous n'avons aucun renseignement, celte région étant au delà de la sensibilité de nos plaques.

Quant à la bande violette de l'oxyhémoglobine (bande de Soret) à laquelle les dernières recherches (Dhéré) attribue une valeur moyenne de 414 % (1), il semble bien que nous la retrouvions aussi dans la grande bande musculaire qui va approximativement de 450 à 400. Celie assirhilation se légitime assurément lorsque l’on considère la large bande qui se trouve dans cette région des spectrogrammes musculaires pour des épaisseurs de l'ordre du millimètre ; la chose devient plus com: plexe lorsqu'on s'adresse à des épaisseurs inférieures : le maximum de cette grande bande paraît alors reporté, sur certains spectrogrammes, vers 430-420, c’est-à-dire en avant vers le rouge du maximum que devrait montrer la bande de l’oxyhémoglobine (voir fig. 11). Si l'on considère la sous-bande légère, mais à peu près constante, qui s'étend entre A2@ et 410 comme représentant la bande de Soret, ce déplacement du maximum peut être envisagé, soit comme la superposition à

1. Pour l'oxyhémoglobine du sang de Cheval. Il n’est pas démontré que celte valeur soit absolument constante pour les autres Vertèbres.

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la bande de Soret d'une autre bande d’un groupement moléculaire différent (appartenant au sarcoplasme lui-même ou bien à un dérivé quelconque de l'hémoglobine), soit, ce qui est beaucoup plus vraisemblable, comme un cas particulier de la loi bien connue de Kundt, d’après laquelle il y a transport vers le rouge des bandes des corps dissous dans un milieu fortement dispersif. Il faut noter à ce point de vue que Môrner à montré un déplacement analogue des bandes x et 8 du muscle par rapport au sang, ce qui confirmerait la dernière éventualité.

Quoi qu'il en soit, l'intensité de cette région 480-400 donne lieu à une remarque importante : les principaux auteurs s'étant occupé de la bande de Soret (d'Arsonval, Gamge. Dhéré, ete.) admettent — et nous l'avons vérilié plusieurs fois nous-mêmes photographiquement — que cette bande de Soret est la plus sensible du spectre du sang. subsistant dans les dilutions extrêmes d'oxyhémoglobine après la disparition des bandes jaune verte. A défaut d'indications spectrophotométriques précises, il peut paraître étrange que cette bande soit dans quelques spectrogrammes en un tel état de faiblesse qu'on puisse hésiter sur ses limites et même sa présence, pour des épaisseurs de muscles auxquelles les bandes vertes très intenses paraissent déjà presque fusionnées (1)

I y alà un déséquilibre dont la cause serait intéressante à chercher.

Ce déséquilibre peut se retrouver d’une autre manière en essayant d'évaluer quelle pourrait être la proportion d’oxyhémoglobine qui serait contenue dans le muscle, si ses propriétés étaient du même ordre que celles du sang.

On sait que pour des solutions pures d’oxyhémoglobine, d'après les traités classiques (Rollett) la jonction des bandes jaune-verte se fait approximativement pour 0,6 à 0,8 0/0 d'oxyhémoglobine, la solution étant observée sous 1 centimètre d'épaisseur. En appliquant cette caractéristique aux muscles, par une proportion facile à établir, on obtient que pour les épaisseurs de muscle considérées la teneur en oxyhémoglobine serait de 12 à 15 0/0 environ, chiffre d’ailleurs assez invraisemblable à première vue. Je rappelle que sur une mesure analogue, basée sur des observalions directes au spectroscope, Hénocque indique chez le lapin 13 0/0 dans les muscles blancs et 14 0/0 dans les muscles rouges. Essayons d'autre part de faire un calcul analogue en comparant d’autres régions de spectrogrammes musculaires à des spectrogrammes de sang de grenouille pris sous diverses épaisseurs (PI. IT, série K). Nous

1. Les essais faits avec diverses sources et diverses sortes de plaques permettent de mettre hors de cause l'action propre des unes et des autres dans le fasionnement des bandes jaune-verte.

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trouvons que la bande B-500 environ du muscle entre 0,3 et 0,5 mm. d'épaisseur est à peu près équivalente comme dimensions à celle du sang de l’animal (non dilué), sous 0,1 à 0,2 mm. environ ; de plus, la distance entre cette bande musculaire 589-500 et ia bande musculaire violette débutant vers 450 est sensiblement comparable à celle qui sépare la bande verte de la bande de Soret sur les spectrogrammes du sang (intervalle 500-450. Pour des épaisseurs de muscle et de sang plus grandes, nous trouvons une concordance analogue : la bande 600-480 du sang sous 1/2 mm. d'épaisseur environ se Superpose suffisamment à la bande du muscle de 4 à 2 mm. environ, qui empiète sur D et va jusqu'à Cd, l'intervalle 580-460 des bandes verte et violette de l'oxyhémoglobine cadre approximativement avec l'intervalle 480-450 environ du spectrogramme musculaire.

Si l’on se base donc sur ces dernières analogies, on n’arrive à la conclusion que la région 589-450 des spectrogrammes du muscle aurait des caractéristiques équivalentes à celles du sang observé sous une épaisseur correspondant au {4/4 ou au 1/5 de l'épaisseur propre de ce muscle, ou, ce qui revient au même, que le pourcentage de l’oxyhémoglobine dans le muscle de grenouille serait au moins # ou 5 fois plus faible que dans le sang. La littérature fournit très peu d'indications sur les valeurs de la proportion d'hémoglobine contenue dans le sang de la Grenouille ; Gautrelet, dans un tableau résumant la bibliographie des valeurs hémoglobiques du sang des Vertébrés, indique 8 0/0 : l'ordre de grandeur établi pour les divers groupes des Vertébrés est du reste en général voisin du 1/10. En admettant ceci, on arrive par cette méthode à un pourcentage d’oxyhémoglobine musculaire de l’ordre de 2 0/0. L'’énorme différence entre les ordres de grandeur des résultats donnés par les deux calculs ci-dessus (2 0/0 et 15 0/0) corrobore le déséquilibre dont nous avions parlé plus haut. A quoi peut-il tenir ? Plusieurs causes, a priori, peuvent être mises en avant :

a) Pertes de lumière par diffraction ou diffusion au niveau de la préparation, et différence de sensibilité des plaques aux diversesradiations, Les pertes, en renforçant les bandes et en exagérant le point de fusion des deux bandes jaune-verte, peuvent-elles être impliquées dans le déséquilibre ?

Malgré l'avantage qu'ont les grandes longueurs d'onde sur iles petites dans les pertes par diffraction, cette cause d’erreur ne me paraît guère à redouter ; il s’ensuivrait un renforcement général du spectre à côté duquel le déséquilibre dû aux différences de longueurs d'onde serait absolument négligeable. Du reste, Soret a montré qu'une diminution de près de 60 0/0 de la lumière incidente ne produisait qu’un renforcement

de bandes tel qu'en donnerait une augmentation d'épaisseur de l'ordre du 1/10. Une telle variation d'épaisseur serait bien peu de chose dans nos préparations où les pertes sont certainement loin de 60 0/0.

I y aurait plus à craindre à mon avis des différences d'intensité efficace des diverses régions du spectre sur la plaque photographique, mais nos temps de pose ont été suffisamment variés (de 2 à 5 minutes environ) pour que nous attribuions à ces phénomènes la totalité du déséquilibre.

b) Superposition d'autres bandes aux bandes jaune-vert de l'oxyhémoglobine, ce qui induirait en erreur sur leur fusion. Ceci est beaucoup plus sérieux. La première hypothèse qui vient à l'esprit est celle de la coexistence dans le muscle d’hémoglobine réduite, dont la bande unique D-E étouffe la région verte qui devrait être encore visible. Un tel mélange, non seulement vraisemblable, mais à coup sûr probable, rend la question singulièrement complexe par le fait que si nous avons affaire à la superposition des deux spectres de l’oxyhémoglobine et de l’hémoglobine réduite, la région bleu-indigo très dégagée (« Das Blau betrachtlich weniger.. [absorbirt] » Rollett) du spectre de l’hémoglobine réduite doit être à son tour en partie masquée par l’étalement de la bande violette de loxyhémoglobine. Spectrographiquement, il est à peu près aussi impossible de prouver que de renverser cette hypothèse. Je dois dire cependant que, la teinte spéciale, bien décrite par Ranvier, et reconnaissable macroscopiquement, prise par les museles pos mortem lorsqu'ils sont isolés entre lame et lamelle, teinte pour laquelle Ranvier constate la réduction spectroscopique de l’hémoglobine, n'apparaît qu’assez tard après l'isolement du tissu ; que nous n'avons jamais constaté son apparition sur nos préparations encore en expérience; que celles-ci enfin étaient faites dans un délai très bref, l'animal étant à peine immobilisé par un choc sur la tête, ou la section du bulbe, au point qu'il nous était souvent nécessaire de faire la résection complète de la patte pour pouvoir disséquer le gastrocnémien sans être gêné par les secousses de l'animal ; la pièce était donc très fraîche, de plus la dissociation à l'aiguille de ses éléments dans les préparations minces (les seulesintéressantes dans cette question), en permettaientun contact avec l'air suffisamment direct et intime pour réoxygéner la plus grande part du pigment réduit. Enfin, les spectrogrammes étaient faits sans arrêt à la suite les uns des autres, et l’expérience était menée à son terme sans autres pertes de temps que ceiles nécessitées par la dissociation du fragment musculaire, les remplacements des châssis et les vérifications indispensables: l’affaire d’un assez petit nombre de minutes. Tout ceci évidemment n’a pas la prétention d’exclure la possibilité

d'une bande de pigments réduits, mais en atténuerait considérablement l'importance par rapport au pigment non réduit. Sans rejeter par conquent le moins du monde cette hypothèse, je ferai pourtant remarquer que cette bande d'hémoglabine réduite ne résoudrait d’ailleurs pas complètement le problème du déséquilibre dont il était question plus haut, elle serait absolument incapable d'expliquer pourquoi dans notre 0xyhémoglobine musculaire, les bandes jaune-vert (qui sont malgré tout visibles et reconnaissables) subsistent à la bande de Soret, à l'inverse de ce qui se passe dans le sang : je rappelle en cffet que d’après les déterminations très précises de Dhéré «la photographie ne permet plus de constater nettement la bande (de Soret) dans le violet si, sous une épaisseur de 10 mm. la dilution (d’oxyhémoglobine) est supérieure à 1 pour 30.000; et l’œil ne distingue plus les deux bandes entre Det E si, sous la même épaisseur de 10 mm.. la dilution est supérieure à { pour 10.000 ». L'hypothèse n’est donc peut-être pas suffisante.

Quand à la présence de bandes musculaires fusionnées avec les bandes dites de l’oxyhémoglobine, dans la grande bande C414-Cd5 (61 0- 479 environ), il est possible d’en admettre en avant et en arrière de ces bandes, mais il y a doute pour le milieu. Pour l'avant, si nous comparons les spectrogrammes musculaires aux specirogrammes du sang, dans les conditions que nous avons indiquées plus haut, nous constatons que ceux-ci ont en avant de D une assez forte bande brillante (640-600 environ), subsistant bien au delà de la fusion des bandes vertes. Cette bande brillante n'a aucun équivalent dans les spectres musculaires, sauf pour des épaisseurs de l'ordre de 0,1 à 0,2 mm., c'est-à-dire qu'elle disparaît approximativement au niveau de la fusion des bandes vertes du muscle. Il y a donc là, sans presque aucun doute, une région d'absorption propre à la fibre, et ne dérivant pas directement d'un pigment sanguin.

Pour la région 589-500, il nous est impossible de prouver l'existence d'une bande propre de la fibre distincte des bandes dites de l'oxyhémoglobine : il suffirait de changer les ordonnées de la courbe de l'oxyhémoglobine sur le schéma ci-joint pour la faire cadrer avec la courbe musculaire, À un ordre d'approximation correspondant à celui de notre courbe d’oxyhémoglobine ; seul, l'étalement de la bande £ vers CdÆ4, pour les faibles épaisseurs, peut paraître un peu anormal, et relève peut-être de l'existence d'une sous-bande propre.

Les dernières parties Cd4-Cd5 de la grande bande sont probablement propres à la fibre.

Tout cela, comme nous l'avons dit plus haut, laisse subsister le déséquilibre : pour l’éliminer, il faudrait admettre que les bandes 589-

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