‹ Propriétés optiques des MusclesChapitre 96 sur 142 · LD · texte numérisé non relu

LD

Le gros avantage de ce compensateur gradué est, à notre point de vue spécial, de permettre l'emploi simultané d’un oculaire micrométrique, qui ne serait guère possible avec un compensateur de Babinet par exemple.

2° Mesures d'épaisseur. — Les mesures d’épaisseurs par le procédé usuel de la vis micrométrique du microscope donnent des résullats assez défectueux : il est à peu près impossible de mesurer l'épaisseur d’un corps qui ne repose pas sur un plan, une fibre musculaire dans l’espace par exemple, comme nous aurons l’occasion de le faire pour les expériences de traction.

De plus, pour les mesures de variations d'épaisseur, les résultats sont aussi défectueux : le corps du microscope n'étant en général solidaire de la vis que par l'intermédiaire de cames et de ressorts, il y a des « temps perdus » absolument irréguliers :on est obligé d’opérer par moyennes en faisant fonctionner la vis dans les deux sens; malgré tout, l’accommodation de l'œil laisse encore une large zdne d’indécision, où des variations importantes d'épaisseur sont absolument noyées, surtout si l’on opère (comme on est obligé de le faire dans notre cas où l’objet est supporté par des appareils compliqués) avec des objectifs assez faibles.

A vrai dire, dans quelques-uns des cas d’études de variations, les variations de e se trouvent être très faibles par rapport à celles de X, et on peut les négliger dans l'étude du sens de la variation; mais une telle approximation est insuffisante dans beaucoup d'expériences où l’on a besoin de connaître la valeur même de la biréfringence.

Le seul procédé vraiment pratique et rapide pour faire une mesure d'épaisseur sur une préparation est celui qu'avait indiqué autrefois Mallard : faire subir à la préparation une rotation de 900 perpendiculairement à l'axe du microscope, de façon à ce qu’elle se présente par la « tranche » dans le champ; la mesure d'épaisseur devient alors une simple mesure de longueur que l’on peut effectuer facilement avec un micromètre oculaire.

20 Compensateur et quartz croisés, axe de l’objet parallèle au quartz : æ+b-- a—=0.

d'où : æ=a—b.

3° Compensateur et quartz parallèles, croisés sur l’objet : æ—b—a—=0.

d’où :

Nous avons fait construire à cet effet par la maison .Nachet une platine théodolite, inspirée par celles de M. de Fédorow pour l'étude des minéraux, et qui permet de faire sur le même endroit d'une préparation la mesure de teinte, et, par rotation de 90°, la mesure d'épaisseur. Cette plaline porte en outre un dispositif spécial permettant de produire les biréfringences accidentelles par traction et de les soumettre au même genre de mesures.

Cette platine (pl. XIII) se compose essentiellement d'un dièdre droit en verre, pouvant tourner sur pivots autour d’un axe parallèle à son arète et situé dans son plan bissecteur. La rotation est limitée à 90° par deux taquets, l'une ou l’autre des faces du diède étant horizontale au moment de l'arrêt limite.

L'élément que lon veut examiner, par exemple une fibre musculaire dissociée, est placé sur un fragment de lamelle, et on élimine bien entendu de son voisinage tous les débris de dissociation qui risqueraient de le masquer après le basculement ; le fragment de lamelle en question est déposé sur le côté interne d’une des faces du dièdre, où on le fait adhérer par capillarité au moyen d’une trace de liquide, et on oriente cette lamelle de façon à ce que la fibre soit sensiblement parallèle à l'axe de rotation (cette orientation ainsi que les repérages est facilitée par la présence à la surface du dièdre, de traits gravés marquant des traces de sections droites, et notés de numéros correspondants d’une face à l’autre).

La technique de la mesure elle-même se comprend facilement : on examine une première fois la préparation perpendiculairement à Ja lamelle, on prend sa teinte 9 par une des méthodes décrites précédemment; puis on bascule la platine, la lamelle devenant verticale, on repère le point précédemment observé et on mesure son épaisseur e au micromètre oculaire. Dans le cas où il y a intérêt à prendre la biréfringence dans les deux positions rectangulaires, on mesure dans la première position d, ete,, dans la seconde 9, et e,, et on a les deux valeurs :

x 2 r d d'en Pas ir € €a

.Le système annere pour la biréfringence accidentelle par traction se compose de deux pinces à serrage destinées à tenir les deux bouls de l’objet, et dont l’une est montée sur une tige filetée à pas fin permettant de faire varier son élongation au moyen d'un écrou. Ces deux pinces sont situées sur l'axe de rotation du dièdre de la platine, et l’élongation de la pince mobile se produit suivant l'axe, de sorte que l’objet est déformé sur cette direction.

Les deux. pinces sont normalement solidaires du dièdre, de façon à ce que le basculement de la platine fasse accomplir à tout ce système une rotation de 900, sans changer les rapports relatifs de ses différentes parties. Une échelle divisée logée sur la tige de la pince mobile permet de connaître à chaque instant son élongation.

La pince fixe peut être libérée de sa liaison avec le reste du dièdre (liaison qui est une vis de serrage) et effectuer un mouvement de rotaüon autour de son axe: ce mouvement peut servir à rectifier la position de la pièce et à lui éviter une torsion accidentelle (1).

Deux pinces-rallonges peuvent être raccordées aux pinces précédentes et facilitent quelquefois la mise en place de l’objet.

La manœuvre de ce système se conçoit facilement : l’objet étant dans une élongation donnée (lue sur la pince mobile) on mesure la teinte et l'épaisseur dans deux positions rectangulaires comme dans le cas précédent. On maintient, si besoin est, la pièce humide en déposant au pinceau sur les pinces, de temps en temps, des traces de liquides (2).

1. Cette pince libérable peut également être utilisée pour faire accomplir à une préparation une rotation quelconque entre 0 et 1809 : il suffit de maintenir entre les mors de la pince le support de la préparation. C’est ainsi qu'ont été effectuées les mesures indiquées plus haut sur la surface des indices des muscles. Une précaution indispensable est à prendre ici : la préparation ne peut pas être déposée sur un fragment de lamelle, qui pourrait introduire, dans certains azimuths, des aberrations par réfraction : il importe que la portion de la fibre sur laquelle doit porter la mesure soit libre dans l’espace; on y arrive très facilement en soutenant la fibre sur un petit cadre incomplet (à 3 côtés) en fil métallique ou simplement en carton, support que l’on retient par la pince, en ayant soin que le côté du cadre parallèle à la fibre ait une position telle qu'il ne masque pas celle-ci dans un des azimuths importants.

2, Calcul de l'erreur pouvant être effectuée au moyen de la platine théodolite si, par un défaut de centrage, la rotation de la pièce ne s'effectue pas parallèlement à son axe ; en d’autres termes si l’axe de la pièce après la rotation de 909 de celle-ci n'est plus parallèle à sa position primitive (fig. 53). Dans ce cas l'épaisseur mesurée de la pièce sera €, alors que l’épaisseur effective traversée par les rayons lumineux sera E => #. Si à est l’angle d'erreur de centrage dont le système a dévié par rapport à sa position primitive, on a :

je :

cos & d'autre part :

Page 1