SCÈNE IV
DOLORES, ROLANDKE.
DOLORES (embrassant Rolande avec effusion.)
Ma belle Rolande, que je suis heureuse de te voir ! Que tu es bonne d’être montée ! Quetues belle aujourd’hui ! (Ze se Jetle la tête sur l'épaule de Rolande
et éclate en sanglots,) ROLANDE
Ne pleure pas, ma chère D
olorès, mon petit frère t'aime toujours de plus en plus
DOLORES (redoublant ses sanglots.) Il m'aime, n'est-ce pas ? il ne me laissera pas. ROLANDE ({on de £grand'mère sérieuse.)
Bon, encore des jérémiades, petite folle, bientôt
tu auras peur de me perdre, moi aussi.
+ idée 2 et os
DOLORES (sanglotant toujours.)
Aa, si tu savais, si {tu savais ; (érusquement courageuse) mais comme tu dis, trève de jérémiades et un peu de joie. As-tu vu les Doutre atjourd'’dui ?
ROLANDE Non, mais je sors de chez Célia Lalanée.
DOLORES
Etelle va bien , j'espère. Et ton petit fière que chante-t-il de bon ? Fait-il encore des façons a Célia ?
ROLANDE
Petite jalouse, la pauvre Célia s’en inorfond ; elle n’en demanderait pas tant que toi pour être heureuse.
DOLORES (autoritaire.)
Mais je veux savoir, moi, s’il essaie de flirter encore. Oh !'tcu beau petit frère. Que tu es heureuse de le voir, de vivre avec lui, l’aimé.
ROLANDE Pas tant que cela, le mauvais sujet qu’il est.
| DOLORES fl Ab l est-ce qu'il fait des bétises maintenant ?
PLACE A L'AMOUR IOI
ROLANDE Bon, te voilà qui prend cela au sérieux. C’est vrai, en amour comme à la guerre, on n’eutend pas badi-
nage.
DOLORES
Bête, je t'aime.
ROLANDE (regardant l'horloge.) Sept heures bientôt, il faut que je te quitte. DOLORES (auforitaire.)
Non, reste, je le veux.
ROLANDE
Petite, volontaire, on n’est pas tous comme mon frère Charles pour obéir à tes caprices mutins. Je
pars, m’entends-tu ?
DOLORES
Tiens, voici mon père (e//e essuie ses yeux.)