SCÈNE VIII
Les mêmes, moins DOLORES ROLANDE Mr. D’Avril, je vous interdis les compliments. D'AVRIL Autant m'interdire de vous regarder.
ROLANDE Encore ? Assez, vous dis-je. (Z/s causent.) MORETTE
Hein, illui fait des compliments maintenant.
(Æaut.) Mr. D'Avril doit être fatigué.
D'AVRIL (vivement.) Mais pas du tout, ou plutôt je me repose.
MORETTE (bafouillant.) C'est vrai, pas du tout, il dit qn’ilse repose, (à Rolande) mais si Mr. D’Avril voulait...
D'AVRIL
| Mon bon, mon excellent, mon brave Monsieur Mo- | rette, je suis à vous à l'instant. En attendant.(4 Æoæ— lande.) Mais votre père est un…
106 PROSE ET PENSÉES mn ROLANDE
Vous, vous...
D'AVRIL (énlerrompant.)
Faites moi pas de reproches, c'est mon genre; je pense tout haut, je me reprends, votre père est un. charmant, tiens, je ne puis m'empêcher de le regarder. (77 /e regarde.)
MORETTE (Drenant occasion que d'Avril le regarde.) Venez, (i//e prend par le bras) venez, mon cher d'Avril, nous allons vous installer.
D'AVRIL (se dégageant doucement)
J'ai laissé mes malles à l'hôtel, Moïsieur, je n’en ai pas.
MORETTE (zusis/ant.)
Alors venez visiter ma maison, mon jardin, venez, venez, (à part) sapristi s’il est aussi personnel et entêté que ma flle, ça n'ira pas, mais pas du tout.
D'AVRIL (à Part.)
Ab, sainte patience, le vieux va être difficile a endurer ; (auf) bien allons la visiter votre maison, (à part) belle et puis distinguée la petite, elle vaut le sacrifice d’endurer ce bonhomme un peu pesant.
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SCÈNEH IX.
ROLANDE seul, puis DOLORES ROLANDE (émue.)
J'aime son genre si peu banal à ce garçon-là. (Dolorès entre.)
DOLORES
Mes compliments, ma chère, je t'ai vue, et ton galant aussi qui n'est pas mal du tout. (Æo/ande regarde Dolorès avec efusion.) Et tu l’aimes déjà. C'est comme moi, ma chérie, j'ai aimé ton petit frère, en un instant, rien qu’en le voyant passer. Ce sont ces amours-là qui durent.
ROLANDE (sagement.) Petite folle, il y a loin entre la coupe et les lèvres. DOLORES Bon, des proverbes, en amour, pas de ça.
ROLANDE Il en faut un peu partout, beaucoup nulle part. DOLORES
Ab ! je me passerai bien de tes proverbes. (Se mettant à la fenétre.) Vois comme les étoiles clignotent irouiquement leurs petits yeux d'or lorsqu'elles t’en-
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tendent réciter tes proverbes et faire de la sagesse. Car c'est elle la grande Sage, la Nature, surtout par cette belle soirée d'été douce comme l'amour, qui convient à ceux-là seuls qui peuvent s'élever jusqu'à elle. La Nature a ses amants, et ceux-là sont ceux qui savent aimer, ceux qui veulent apprendre, des rêveurs parfois je l'avoue, car si elle a des phénomènes qui nous intéressent, elle a aussi son immensité qui nous attire et nous effraie. Mais allons, voici une étoile qui descend sur la terre, c’est ton petit frère qui nous arrive.