FLUX ET REFLUX
La nuit tombe et la mer descend.
Ma chère âme, allons sur la grève, Auprès du flot retentissant !
Le doute m'assaille sans trêve.
M'aimes-tu vraiment? J'ai rêvé Que ta tendresse serait brève.
b'LUX ET REFLUX. 2i[)
Ecoute le râle étouffé Du flot lointain! L'An Tristement son dernier Avé.
Du flot lointain! L'Angélus tinte
Mon âme est par l'angoisse atteinte; Je tiens, comme pour un départ, Ta main, froide malgré l'étreinte.
La falaise est dans le brouillard; Le vent humide nous pénètre.
Entends ce goéland criard!
Pour bien d'autres, ton cœur fut traître; Ton passé n'est point innocent.
Tu vas m'abandonner peut-être !
La nuit tombe et la mer descend.
Le jour grandit et la mer monte,
Allons courir sur les galets !
Comme le ciel est pur! Sois prompte.
Plus d'un bateau plein de filets S'en va, le long du quai qu'il frôle, Vers les horizons violets.
Serre-toi contre mon épaule, Et, le cœur joyeux, allons voir La vague écumer sur le môle !
Que j'étais injuste, hier soir;
Je doutais de toi, ma chère âme !
Ce bleu matin me rend l'espoir.
Ton passé cruel, pauvre femme, Nos larmes d'amour l'ont lavé, Gomme est ce rocher par la lame.
Vois ! Le bon soleil s'est levé.
Aimons-nous sans crainte et sans honte, Notre bonheur est retrouvé !
Le jour grandit et la mer monte.
1 OAST CHAMPETRE
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