‹ Prose (volume 2)Chapitre 67 sur 87 · FLUX ET REFLUX · texte numérisé non relu

FLUX ET REFLUX

La nuit tombe et la mer descend.

Ma chère âme, allons sur la grève, Auprès du flot retentissant !

Le doute m'assaille sans trêve.

M'aimes-tu vraiment? J'ai rêvé Que ta tendresse serait brève.

b'LUX ET REFLUX. 2i[)

Ecoute le râle étouffé Du flot lointain! L'An Tristement son dernier Avé.

Du flot lointain! L'Angélus tinte

Mon âme est par l'angoisse atteinte; Je tiens, comme pour un départ, Ta main, froide malgré l'étreinte.

La falaise est dans le brouillard; Le vent humide nous pénètre.

Entends ce goéland criard!

Pour bien d'autres, ton cœur fut traître; Ton passé n'est point innocent.

Tu vas m'abandonner peut-être !

La nuit tombe et la mer descend.

Le jour grandit et la mer monte,

Allons courir sur les galets !

Comme le ciel est pur! Sois prompte.

Plus d'un bateau plein de filets S'en va, le long du quai qu'il frôle, Vers les horizons violets.

Serre-toi contre mon épaule, Et, le cœur joyeux, allons voir La vague écumer sur le môle !

Que j'étais injuste, hier soir;

Je doutais de toi, ma chère âme !

Ce bleu matin me rend l'espoir.

Ton passé cruel, pauvre femme, Nos larmes d'amour l'ont lavé, Gomme est ce rocher par la lame.

Vois ! Le bon soleil s'est levé.

Aimons-nous sans crainte et sans honte, Notre bonheur est retrouvé !

Le jour grandit et la mer monte.

1 OAST CHAMPETRE

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