‹ Prose (volume 2)Chapitre 76 sur 87 · L'INCORRIGIBLE · texte numérisé non relu

L'INCORRIGIBLE

Lorsque, vaincu d'un seul regard, je t'ai suivie, Plus d'un m'a dit : — « Encore ? A quarante ans passés! y> Soit. J'ai des cheveux gris aux tempes, je le sais; Mais ma soif de tendresse est loin d'être assouvie.

Celui-là qui me blâme, au fond du cœur m'envie. Non! je n'ai pas assez vécu, souffert assez, Et je vaux mieux que vous, jeunes vieillards glacés, Et l'amour est la grande affaire de la vie !

Non! je ne deviendrai jamais pareil à vous,

Dont quelques chaudes nuits font de calmes époux,

Et qui n'aimez qu'un temps, comme on jette sa gourme.

Regardons-les passer, ma mie, et plaignons-les, Ces couples sans désirs, qui traînent leurs boulets, Ainsi que des forçats sous le bâton du chiourme!

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