ACTE TROISIEME
SQUAROCCA.
Tout comme je te vois !
Belle?
SQUAROCCA.
Belle n'est pas assez dire, je crois :
Avec complaisance.
Une grace ingenue ; Autour crun front divin deux longs flots d'or glissant; Le sourire charmeur d'une l&vre vermeille; Un doux regard voile d'ombre, mais oii Ton sent Que le feu de l'amour legerement sommeille!
PROSERPINE, avcc rage.
Tais-toi!... Vont-ils venir?
SQUAROCCA.
Frere et soeur, ce matin Sont partis. Je tiens pour certain Qu'ils seront la bientot. J'ai tout regie d'avance. Leur guide est de mes grands amis ; Dans le ravin, la-bas, j'ai mis Deux compagnons a moi, prets a toute occurrence.
Ce qui va se passer est facile a prevoir :
Au bas de la montee un trait des chevaux casse.
Mes hommes, nobles coeurs! s'ofTrent de bonne grace
Pour reparer le mal. Mais tout manque; il fait noir;
Les voyageurs, voyant ici de la lumiere,
Arrivent ! — Les voila pris dans ma souriciere !
Alors, ma reine, alors... tout ce que tu voudras !
PROSERPINE, fievreusc.
Bien! — Renzo baillonne, lesjambes et les bras
Lies a Fun ties arbres de la route !
Au jour, quelque passant l'assistera sans doute ! Eile !... je veux la voir,tu me la laisseras.
SQUAROCCA, docilement.
A ta merci! — Je vais guetter nos gens. Demeure. Tiens ! La lumiere la! car voici venir Pheure !
II pose la lumiere sur l'appui de lafenetre et sort.