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LA MARGUERITE

u long de la chaussée où la pluie a cessé, au long de la chaussée fleurie de mollets blancs, ces marguerites de l'asphalte qu'a fait pousser tout à coup le soleil qui se mire dans les flaques et paillette d'or le do à lustré des pavés, ELLE se L hâte, la pimpante, troussant gailî lardemcnt de la main gauche son y paquet de jupons blancs et montrant, avec une telle impudeur qu'elle ne doit pas s'en douter, et sa fine cheville où le bas n'est

déshonoré d'aucune ride, et son mollet rebondi, cambré, concupiscible, et, làbas, — là-haut — , bien loin, par delà la jarretière dont la boucle accroche un éclis de soleil, un coin nacré de sa cuisse incomparable qui s'est, ce jour-là, affran^ chie de la pudeur du pantalon.

Derrière, à quelques pas, s'acharne un adolescent blême qui dévore des yeux goulûment, — en affamé qui depuis de longs jours ne fut convié à si pantagruélique banquet, — et cette fine cheville, et ce mollet concupiscible, et ce coin nacré de cuisse incomparable.

Puis, enfin repu, il l'aborde et murmure, égoïstement, pour que d'autres ne puissent, après lui, en régaler leur prunelles :

— Madame, on voit vos jambes...

Impérialement sereine et superbe, sans

même daigner tourner la tête, Elle laisse tomber, du haut de son impassible indifférence, Ces trois monosyllabes : '

— Je le sais.

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