VINCENT, MAD. RIGAULT, FANNY, RIGAULT
Vincent, redescendant la scène et regardant tfanny. Abominable fille, va ! je te déteste sans te connaître ; tu me fais perdre ma position sociale.
FANNY
O godl godl Je vais m 'évanoui lier., .
vincent, à part.
Allons! bon! la voilà qui s'évanouille à présent! Évanouilletoi si tu veux, va/
rigault, âFanny.
Mademoiselle.... ou madame , nous voilà seuls, nous vous écoutons.
vincent, d'un air furieux.
Oui, nous vous écoutons.
MAD. RIGAULT
Parlez, mademoiselle;
FANNY. ••-
C'était déjà plus que trois années que j'avais une grosse passioS pour monsieur.
vincent, à part.
A-t-elle un toupet ?
MAD. RIGAULT
Laisse mademoiselle s'expliquer.
vincent, à part.
Oui, oui, j'ai reçu huit cents francs, je ne peux rien dire. Oh!
FANNY
Quand il était revenu de Alger, il venait tout de suite chez mon père qui le flanquait à la porte subtilement.
vincent , à party se mordant les doigts et d'une voix étouffée. Oh! oh! oh! oh!
FANNY
Oh! je étais bien affligée, et je avais renversé des formes beau-
BRUXELLES - STAD BRUSSBL ' .
VïïUB-DE
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tincent, à part.
Moi, j'ai renversé le bocal de moutarde, je m'en aperçois durement.
FANNY
Et alors, il était encore venu clans la maison, et il ne me avait emportée pendant trois jours...
Vincent, d part.
S'il est possible ?
FANNY
A présent, mon père il savait tout, et il jurait des mots trèsvilains de colère contre le fils de vous,
VINCENT
Ah/ je n'y tiens plus.'. ..mais c'est un fagot. ..un horrible fagot, ]e ne connais ni le père ni la fille.. . Voyons, qu'est-ce qu'il me veut , votre père ? qu'est-ce qu'il me veut, à la fin des fins. . . votre père.
fanny, avec fierté.
Mon père était un gentlemen brave. .. et c'est dans votre sang qu'il voulait nétoyer. .. no, i*o, laver son offensement. Vincent, criant et hors de lui.
Qu'est-ce que c'est que ce vieux enragé-là? Je lui défends de nétoyer, ni de laver n'importe quoi dans mon sang, je le lui défends. .. mais j'aime beaucoup ça, par exemple. fanny, d'an air menaçant.
Il voulait placer sur vous plus que trois mille calottes.
RIGAULT 0ÉMAD. RIGAULT.
Ah ! bon Dieu.
VINCENT
Trois mille calottes ! mais c'est une abomination : mais je vou* admire, vous autres . . vous êtes d'une tranquillité , vous êtes-hV, vous ne dites rien.
RIGAULT, désolé.
€, qu'est-ce que tu veux que nous disions ? ) VINCENT,
ois mille Galottes!. . mais je me plaindrai à son ambassadeur. Comment? un étranger, un homme a qui on prête le sol de ma patrie pour se promener dessus, viendra me faire faire des me- •naces aussi révoltantes par cette . . Portugaise que je ne connais pas, je le jure!... [Il lève les bras) et je ne sais pas pourquoi sou scélérat de père veut me tuer, voilà la vérité!
FANNY
Il était fol, Prosper.
VINCENT
Encore Prosper. . . a la fin, je m'insurge. Je veux me faire connaître à l'univers entier. ( à Fanny) Je suis pas le jeune homme que vous cherchez, je ne suis pas le fils de celte maison
' Mad. Rigault, Vincent, Iiigault, Fanny. (i
ici. Celle maison-ici m'est étrangère , je suis étranger à celle maison-ici !
M AD. RIGAULT
Que dit-il •' ah ? M. Rigault, voilà que ça lui reprend.
rigault, bas à Vincent. (1) Malheureux ! tu veux donc la faire mourir de chagrin.
Vincent, hors de lui et frappant du pied. Je n'écoute plus rien.
Mon ami, calme-toi.
vincent gesticulant beaucoup , et criant de toutes ses forces.
Comment ! que je me calme. . . mais du tout, je ne me calmerai pas. . . je ne me calmerai pas. ... je ne veux pas me calmer. J'aime mieux rendre l'argent. [D'un air déterminé.) Allons, allons, je rends l'argent. . . [En tirant de son gousset le billet de banque et la bourse. ) Je trouve que ce n'est pas assez payé pour l'ouvrage qu'il y a. . . Me faire tuer pour hni'c cents francs. . . merci, par exemple! J'aimerais mieux mourir de faim toute ma vie. {Offrant ait ei native ment le billet et la bourse à Rigault et à sa femme. ) Qui est-ce qui prend l'argent? qui est-ce qui prend l'argent? (// 1èreremet dans sa poche) C'est un embrouillamini atroce. Je m'en vas, adieu. ( Il remonte vivement la scène. Rigault le saisit par le bras, )
RIGAULT
Tu ne sortiras pas.
mad. rigault, au desispoir.
Où vas-tu, malheureux enfant? dans l'état où tu es ?
VINCENT
Air : Le luth galant.
Où j' vas ,dit's vous? . . .je n'en sais rien ,ma foi! Mais Dieu protèg'lesjeun's gens sans emploi , "•^Mon âme noble et pur' n'en est pas atristee... Un tragique l'a dit dans un' pièc' fortvantée : Aux petits des oiseaux il donne la pâtée... Il en gardera pour moi. {bis)
is) ^^
[Il remonte la sccne\WÊÊ
mad. rigault, le retenant. ^^
Tu ne sortiras pas.
Je te le défends.
Et de quel droit?
VINCENT
MAD. RIGAULT
Mon Prosper, écoute-moi.
VINCENT
Mais voilà justement ce qui a tout gâté. . . Vous me bombardez du nom de Prosper. . . mais je ne m'appelle pas Prosper j je suis Vincent. ..
(i) Madame Rigault, Vincent, Rigault, Fanny.
b? 43 je
rigault, étonné et ci part.
Vincent!...
VINCENT
Le malheureux, l'infortuné Vincent, garçon herboriste. Vous me dites que j'arrive d'Alger : je ne sais seulement pas où il demeure. . . [S* attendrissant de plus en plus et finissant par pleurer. ) Voilà un an que je suis chez M. l'otard, faisant sécher de la fleur de sureau, et séchant moi-même de tendresse pour mademoiselle Sophie, qui demeure porte à porte; car, à la fin de ça, je n'y liens plus,.. à la fin de ça, (// s* essuyé les yeux. ) fanny, à part.
Oh' il avait le fièvre chaud.
rigault, à part.
Mais ce qu'il dit là. . . il se nomme Vincent.
vincent, à Rigault.
Et si vous en doutez, demandez à mademoiselle Sophie; elle vous dira que je suis sans place, sans asile et sans le sou. . . . ( ci mad. Rigault. ) Et vous venez m'appeler Prosper. . . moi?. . . quel affreux calembourg! "
mad. rigault, à son mari.
Que dit-il?
rigault, emmenant sa femme vers te fond. Fais venir Sophie. . . il faut qu'elle nous dise. . .
mad. rigault, sortant par la porte à gauche. Je cours la chercher. . .