SCENE IV
Les Mêmes, SOPHIE, paraissante la fenêtre et se retirant aussitôt.
SOPHIE
Mon père !
C'est toi, ma fille ? levée si matin ?
SOPHIE
Vous rentrez déjà?
DROUILLET.
Non , mon enfant, c'est que nous poursuivons un individu diablement suspect, va !
SOPHIE
Qu'a-t-il donc fait »
DROUiLLET.
Ce qu'il a fait?... II est signalé à l'autorité comme coupable de l'enlèvement d'une jeune Anglaise. J'étais au poste, lorsqu'un sergent-de-ville vint nous dire qu'on l'avait aperçu dans le voisinage. Je me mets sur la porte, les mains dans les goussets, et en fredonnant comme un sous-officier... qui ne se doute de rien, lorsque je vois arriver un homme qui s'approche de moi et éternue de la manière la plus indiscrète à six pouces de ma figure , et sans la nécessité ou je me suis vu de détourner la tête , pour échapper à son impolitesse, je le saisissais... ma parole d'hon ncur! je le saisissais. Cependant.. . j'ai un soupçon ... il m'a
m 4 se
semblé connaître cette atroce figure. Je n'ai pas pu éclaircir me* doutes, car le drôle s'est éloigné rapidement ... mais j'ai l'ait sortir mes hommes, et nous le poursuivons depuis une heure. Tu n'aurais pas vu passer un homme avec un manteau bîeu. ... comme un facteur!
SOPHIE
Non, mon père !... Pauvre jeune homme! s'il a enlevé celle demoiselle, c'est qu'il l'aime sans doute.
DROU1LLET.
La belle raison!.. . Ceux qui enlèvent des montres et des pains de sucre, c'est parce qu'ils les aiment aussi ... ce n'en sont pas moins des mal intentionnés. (En riant, aux gardes nationaux). Elle est d'une grande naïveté, ma fille! elle a des raisonnemens quelquefois fort drôles. (Le0glfôde3 nationaux rient.) On ne rit pas sous les armes \s(dSophie. ) Allons ! rentre chez toi ! et surtout ne cause pas avec ce petit mauvais sujet de Vincent... tu sais que je le déleste... s'il te parle, ferme ta fenêtre!... je yais continuer mon devoir. . . retournons au poste - garde à vous! portez arme!... arme bras! par le flanc droit, droite !... marche !
[fis sortent par la gauche.)