‹ Prosper Mérimée et la RussieChapitre 12 sur 29 · Causeries du Lundi, VII · texte numérisé non relu

Causeries du Lundi, VII

BIBLIOGRAPHIE

mon absence en les laissant chez moi d’où on me les expédiera par le Ministère de l’Intérieur. Il serait bon d’en envoyer le plus possible à la fois. Je vous les renverrai aussitôt que possible et en les corrigeant avec soin de façon qu’une seconde épreuve soit inutile. Le malheur c’est que j’ai été tellement accablé d’affaires que je n’ai pu terminer la traduction des pièces justificatives. Il ne m’en reste plus que pour un jour, mais je ne puis emporter avec moi un in-folio russe, grand aigle. Ainsi il faudra attendre mon retour pour terminer. Je compte être à Paris le 30 au plus tard, le 25, s’il m’est possible. Je laisserai chez moi des adresses pour les épreuves à m’envoyer.

« Veuillez agréer. Monsieur, l’expression de tous mes sentiments les plus distingués.

« P'" Mérimée.

« Vous n’oublierez pas dans le tirage quelques exemplaires sur velin pour des Russes qui m’ont fourni de livres et d’extraits de Mss. »

7. Les faux Démétrius, Scènes dramatiques, dans la Revue des Deux Mondes du 15 décembre 1852 [t. 88], p. 1001-1047. Pièce en 5 actes, publiée en volume en 1853, avec les Deux héritages, sous le titre : Les débuts d'un aventurier. Elle est précédée d’une introduction de quelques pages dont voici un fragment :

« Pendant que j’étudiais le caractère du Faux Démétrius, je dus passer 15 jours du mois de juillet dernier dans un endroit où je n’étais nullement incommodé du soleil, et où je jouissais d’un profond loisir. J’en profitai pour me pénétrer de mon héros... et à force de lire sa correspondance et tout ce que les contemporains ont dit

BIBLIOGRAPHIE

de SCS liabitudes, je finis par me persuader que je l’avais deviné et que je le connaissais. Cette persuasion où je suis arrive, qu’il me soit permis de le dire cà ma gloire, après une étude consciencieuse de tous les témoignages historiques me conduisit cà me demander si, au lieu d’initier le lecteur à mes investigations, il ne vaudrait pas mieux lui en présenter tout d’abord le résultat, lui ofTrir mes convictions au lieu de mes doutes K.. »

Émile Augier eut un moment l’intention de faire « un grand mélodrame » avec cette pièce, en collaboration avec Mérimée 2, mais le projet fut vite abandonné 3.

8. L’Inspecteur général (Reviipr'), trad. du russe de Nicolas Gogol, avec cette épigraphe : « N’accuse pas le miroir ; c’est toi qui fais la grimace « (proverbe popu" laire). — Précédé d’une longue « note pour les acteurs » sur les oaractères et les costumes. Paru avec les Deux héritages tn juillet 1853.

1. Dans l’édition en volume, on a supprimé les lignes suivantes, qui terminent l’article de la Revue des Deux Mondes : « A partir de ce moment, l’histoire du Faux Demetrius n’a plus de mystères, et j’ai déjà dit où l’on pourrait trouver la suite de ses aventures. Mes quinze jours de loisir étaient expirés, et je craignis de continuer ce drame, me rappelant le marquis de Mascarille, qui voulait mettre toute l’histoire romaine en madrigaux. »

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