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pied, son naturel reprenant le dessus, elle se retourna vivement, allongea le bras droit, exprima le fin mot de sa pensée par une de ces chiquenaudes hardies et pittoresques qui étaient le triomphe de son art. Celle-ci ne laissait rien à désirer ; à force de travail et de recherches, Gaiininette avait atteint la perfection. Randoce se releva d'un bond et, les poings serrés, voulut s'élancer après elle. Didier lui barra le passage; Baptiste, qui Pavait suivi, vint à son aide; ils eurent besoin de toutes leurs forces réunies pour contenir ce frénétique, qui se débattait dans leurs bras. Il finit par se rendre, cessa toute résistance, regarda son frère d'un œil morne, et, lui tournant le dos, il s'enfuit dans sa chambre, dont il il tira le verrou. Pendant ce temps, Garminette était montée à cheval et s'éloignait en hâte, fort mécontente de tout, hormis de sa chiquenaude.
Randoce resta enfermé chez lui toute la soirée. Didier se trouvait dans une singulière situation d'esprit; il était à la fois très-heureux et très-malheureux; il ne savait comment accorder sa joie et sa tristesse : Lucile et son frère, le charme et la plaie de sa vie, vraie plaie d'Egypte. A minuit, il était encore dans son fauteuil, creusant ce redoutable problème et ne sachant à quel parti s'arrêter, quand Prosper, à demi vêtu, ouvrit brusquement la porte de son cabinet, en lui criant : — Il faut en finir i Qu'avez-vous décidé ?
— J'ai décidé que vous commenceriez par me faire des excuses, répliqua Didier en lui montrant la photographie de Garminette.
MO Mu>8t»BR lUNDOOB.
— * Des excases I A propos de quoi?. .. Vous avez rova Mme d'Azado; vous l'avez persuadée,,. J'ai la votre bonheur dans vos yeux,
—Pour n'avoir pas fait lemal que vous comptiez faire» votre procédé en est-il moins indigne?
— Vous avouez donc que vous êtes heureux ? Ayez du moins la pudeur de vous en taire... £t moi aussi, poursuivit*!! d'une voix sombre, et moi aussi j'ai connu le bonheur. Autrefois je travaillais, j'aimais, j'étais aimé; je menais la vie qui convenait à mes goûts, h mon caractère; je me sentais au large dans ce monde; s'il me manquait quelque chose, mon imagination y suppléait; en ce temps, elle était riche h millions; elle brassait les rêves dans une cuve d'or... Mais vous êtes apparu comme un tentateur; avec vos grandes maximes et vos paroles musquées, vous avez éveillé dans mon ftme des ambitions malsaines; par droit de naissance, vous pouviez vous permettre d'avoir à la fois tous les plaisirs et tous les scrupules, ce qui est, j'en conviens, la félicité parfaite; vous avez fait miroiter devant mes yeux la grande duperie du succès honnête, et vous avez travaillé sournoisement h me dégoûter de mon bonheur.,. La belle œuvre que vous avez accomplie! Vous avez retiré le poisson de son étang, sous prétexte qu'il
croupissait dans la vase, et que vous le vouliez dégor-
ger en eau courante; mais, après l'avoir fait sortir de sa bourbe, vous l'avez laissé sur le bord, h sec, et il se meurt d'asphyxie.,. Qui m'a dégoûté de ma pauvreté, de mon travail, de mon talent ? C'est vous. Qui m'a
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fermé tous les chemins de la fortune et de la gloire? C'est encore vous...
— Ce qui m'épouvante, interrompit Didier, c'est que vous êtes de bonne foi et que vous croyez toutes les extravagances que vous me débitez. Il est bien dangereux le talent que vous avez de vous persuader tout ce qu'il vous platt de croire,
— Il est vrai, continua Randoce, que vous m'avez magnifiquement dédommagé de toutes mes pertes... Je suis votre frère I Insigne honneur 1... Jamais piqueassiette ne fut mieux traitée vous ne me comptez pas les morceaux... Et que de peines vous daignez prendre pour me former le Cœur et l'esprit ! Si votre bourse m'est fermée, vous me faites part de votre conscience. Je suis votre écolier, votre pénitent. Vous critiquez mes procédés et mes vers ; vous m'élevez à la férule... Tout cela vous divertit, vous tient en haleine ; sans moi , vous crèveriez d'ennui. Souffrez qu'à mon tour je vous donne un conseil. Défiez-vous de moi. Je suis au désespoir. Quelques douceurs que vous trouviez dans ma société, faites-moi jeter à la porte par vos gens. Les demi* partis sont dangereux... Défiez-vous, je me sens capable de tout.
-^ Vous me connaissez bien peu , lui répondit tranquillement Didier, si vous croyez que l'insolence et les menaces puissent rien obtenir de moi.
— Si je me mettais à vos genoux, s'écria Randoce avec rage, combien de temps m'y laisseriez-vous ?
dSSt PROSPER RANDOCB.
— la phrasel la phrase I murmura Didier. O comédien I
— Et si je vous jurais que je vous aime comme un frère, — c'est le mot que vous me demandez, — seriezvous assez simple pour m'en croire ?
— Je suis si las, répondit-il , si mortellement las de ce qui se passe ici depuis quelques mois , qu'en vérité , oui, je ferais semblant de vous croire, et je me conduirais en conséquence.
— C'est un mensonge que vous n'obtiendrez jamais de moi. Que diable ! il y a des choses impossibles. Non, jamais vous n'aurez le bonheur de m'entendre dire : Mon bon frère, que vous êtes sublime t La charité, s'il vous plaît t... Vous avez lu Shakespeare, mon bon monsieur. Je vous dirai comme Orlando : — L'âme de mon père, qui est en moi, commence à se révolter contre cette servitude... J'en suis fâché, je n'ai pas un cœur de citrouille. Regardez-moi bien; je suis debout, et je vous demande ma légitime. Oui , je ressemble à mon père , j'ai comme lui l'esprit juridique; mais j'entends la chose mieux que lui. Le droit 1 le droit i je ne connais que le droit naturel. Toutes vos lois humaines , je les méprise comme un vil chiffon... Moi, vous aimer I pourquoi ?... Parce que vous avez tout et que je n'ai rien? Parce que vous êtes né dans un château, et que j'ai grandi dans une soupente ?. . . Et lequel de nous deux méritait d'être riche? Qui de vous ou de moi est taillé pour la jouissance , taillé pour l'action ? Que faites-vous de vos écus? Rien. Vous dormez; on peut dormir sur un gra-
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bat. Que faut-il h l'huttre pour être heureuse ? Une écaille qui ferme. J'étais né pour tout connaître, pour tout posséder y pour tout vouloir; j'avais toutes les curiosités, tous les appétits, le monde tout entier me battait dans le cœur; mais la pauvreté m'a dit : Non , tu rêveras la vie, tu ne vivras pas...
— Vous avez mille fois raison, repartit Didier. Je ne saiâ que faire de ma fortune. Cependant la semaine dernière je me suis donné le plaisir de sauver du désespoir un ami de mon père en le cautionnant pour une somme considérable.
— Bien lui en a pris de n'être pas votre frère, reprit Randoce... Mais j'ai deviné votre secret. Vous êtes jaloux de moi, vous ne pouvez me pardonner mon talent... Brisons là. Faites-moi justice et vous aurez mon estime. En attendant, permettez-moi de vous haïr et de vous mépriser , comme je méprise l'homme qui m'a lâchement abandonné , qui m'a voué de gaieté de cœur à tous les avilissements de la pauvreté , qui a dit en m'appelant au monde : — Mon garçon, j'ai attrapé quelques heures de plaisir ; tire-toi d'affaire comme tu pourras...
— le malheureux i fit Didier en poussant un gémissement.
— Malheureux, oui, je le suis. Tout à l'heure Garminette était ici. Le son de sa voix m'est resté dans l'oreille. C'est tout mon avoir, toute ma fortune... — Et d'une voix de tonnerre : Je vous le demande pour la dernière fois. Qu'avez-vous décidé ?
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•*- Peut-être le saurai-^je quand vous m'interrogerez sur un autre ton.
Randoce s'élança sur un trophée d* armes qui était pendu h la muraille j il en détacha un pistolet*
— Prenez garde» il est chargé, lui cria Didier. Que voulez-vous faire ?
-^ Rassure^vous ; qu'est-ce que je gagnerais à vous tuer ? Et fouillant dans un tiroir, il en tira une boîte^ où il prit une capsule dont il coiffa la cheminée.
~ Qu'avez^vous donc fait de votre sachet de la* vande ? lui demanda Didier.
^^ Je n'y pensais plus, vous avez raison, dit-il en posant l^arme sur la table. Il ouvrit la fenêtre, s'appuya sur le rebord, i^espira la fraîcheur de la nmt, contempla le firmament. Il s'attendait que son frère profiterait de ses délais/ pour s'emparer de l'outil meurtrier et le mettre en sûreté. Didier ne bougea pas.
Enfin Randoce se redressa. Montrant de la knftm le ciel étoile : — C'est assez réussi, dit-il , mais c'est toujours la même chose. Il s'avança vivement vers la table, comme un homme qui a pris son parti; il saisit le pistolet, regarda son frère, appuya le canon contre sa tempe droite et pressa la détente. La capsule partit, et ce fut tout. Le pistolet n'était pas chargé. Didier le savait... Et Randoce ? Il venait de mettre à la loteriç, ' sachant qu'il y avait vingt bons billets contre un mauvais.
Ce qui est certain , c'est qu'avant de sortir de la chambre il jeta le pistolet à terre avec une telle violence qu'il en cassa le chlen>
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-— Bon Dieu I fit Didier en se frappant la poitrine ; quand donc saurai-je où commence Thomme , où finit le^comédien ? J'ai beau fouiller sous le masque, je ne trouve point de visage.
Trois semaines plus tard, Didier écrivait ce qui suit :
€ G*en est fait : entre Ràndoce et moi, il y aura l'Océan. Rien ne finit que par la mort^ et grâce au ciel nous sommes très-vivants l'un et l'autre; mais l'Océan, c'est quelque chose; Je crois qu'à cette distance nous ne nous générons point et que nous pourrons nous aimer.
€ Pendant une journée, je fus bien inquiet ; je me reprochais de l'avoir mis au défi; je le cherchai dans la montagne, et, regardant mes mains, je croyais apercevoir des taches de sang. Je courus aux Trois-Platanes. Je vois encore Lucile accourant à moi tout effarée : -^ Ma mère est partie; elle avait si bien pris ses mesures que je ne me suis doutée de rien. Sa chambre est vide; elle a tout emporté, jusqu'à sa perruche. Elle avait deviné que je ne quitterais plus Nyons. -^ Ils sont partis ensemble, lui dis-je, et je sentis comme un rocher qui se détachait de ma poitrine. Survint M. Patru, qui se nltl a Mré aui anges. — De quoi vous plaignez-vous?
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s'écfia-t-il. N'êtes-vous pas trop heureux que ces deux folies se soient plu Tune à l'autre? Désormais votre bonheur est franc de toute hypothèque.
« Une lettre nous arriva de Bordeaux, lettre folle d'amour, folle d'injustice. Mme Bréhanne nous ac<:usait de la vouloir séparer de l'homme de ses rêves; il dépendait de nous qu'il l'épousât. Elle nous exposait les théories de Randoce, qui sont étranges. Il estime qu'un homme peut en sûreté de conscience se faire entretenir par sa maîtresse, entre amants tout est commun; mais il se déshonore en vivant des charités de sa femme... —Ils veulent vous faire chanter, dit M. Patru.
< Je résolus de partir sur-le-champ pour Bordeaux. Il m'en empêcha : — Vous accorderiez tout I — Nous passâmes toute la nuit à batailler. Je lui disais : — Pensez de Randoce ce qu'il vous plaira; toujours est-il qu'il n'avait qu'un mot à dire, qu'une grimace à faire pour obtenir de moi ce qu'il voulait. Ce mot, il ne l'a pas prononcé; cette grimace, il n'a pu la commander à son visage. — H. Patru partit le lendemain, muni d'instructions et de pouvoirs. U trouva la situation un peu différente de ce qu'il attendait. Mme Bréhanne lui parut amoureuse à en perdre les yeux; son aventure l'avait rajeunie^ transformée; elle était jolie comme un ange. Prosper semblait épris; mais selon M. Patru, c'est pour le Pérou qu'il en tient. Le chiffre des deux pensions fut longuement, âprement débattu. Mme Bréhanne disputa comme un procureur. Prosper jouait l'indifférence et ne disait mot. M. Patru leur déclara qu'il
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était notre mandataire, que l'argent passerait par ses mîdns, qu'ils eussent à s'adresser à lui.
« — Mariez-vous bien vite, leur dit-il, embarquezyoûs pour Lima, et qu'on ne vous revoie plusl
« — Ah I par exemple, fit Prosper, quand j'aurai fini mon drame...
« — Votre drame! Qui diable croit encore à votre drame?
€ Prosper m'a écrit. Il est bon prince : il consent à tout oublier. Il plaisante sur les nouvelles relations de parenté que va établir entre nous notre double mariage : — Grâce à Dieu! vous n'êtes plus mon frère. Vous serez, selon les circonstances, mon gendre ou mon neveu. Je puis me couvrir devant vous comme un grand d'Espagne. — Le reste de sa lettre est un cantique en l'honneur du Pérou. Nouveau Pizarre, il s'apprête à conquérir l'empire des Incas pour le compte de sa souveraine, la poésie. Il voit déjà s'orvrir devant lui des horizons immenses... Immense! h l'article de la mort, il aura ce mot entre les dents.
« Je faisais hier une réflexion mélancolique. Prosper est un tempérament ; je suis peut-être une âme. Si on nous fondait ensemble, cette combinaison pourrait bien produire un grand poète. Tels que nous sommes, chacun de nous n'est que la moitié de quelqu'un. J'ai le rêve, il a la main; de cette main mise au service de ce rêve, il sortirait peut-être quelque chose de grand.
a Que dirait mon père?. . Hélas! j'ai misérablement échoué. La tâche était au-dessus de mes lorces. Il n'est
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pas d'homme moins propre que moi à prendre de l'ascendant sur an autre homme Prosper a plus fait
pour moi que je n'ai fait pour lui. U m'a tiré de mon indifférence, il m*a fait désirer le bonheur, il m'a réconcilié avec le possible. C'est le malade qui a guéri le médecin...
€ Je passe auprès d'elle des journées entières qui s'écoulent comme des minutes. Qu'elle me parle ou qu'elle se taise, sa présence me suffit; je ne rêve rien au delà. Après l'avoir quittée, l'inquiétude me reprend. Je me demande : Le bonheur de demain vaudra-t-il celui d'aujourd'hui? mais ^ peine l'ai-je revue, tous mes doutes sont levés. Quelle est donc cette musique qui berce le cœur et qui endort le rêve?
€ Cette après-midi nous nous sommes promenés le long de l'Aygues. Nous nous assîmes sur la berge au pied d'un saule. A cet endroit, il y a grand fond. U me prit une envie folle de l'enlacer de mes bras et de me précipiter avec elle dans cette eau profonde, pour être sûr d'emporter dans la mort ce qui me remplissait le cœur. Il sembla qu'elle eût deviné ma pensée ; elle se tourna vers moi en souriant, et sur ses lèvres entr'ouvcrtes la vie m'apparut belle comme un songe >
Le jour de son mariage, Didier se fit attendre à la mairie. Il s'était mis en chemin de fort bonne heure. S* apercevant qu'il était en avance, il ralentit le pas, et bientôt il fut s'asseoir sur une pierre, au bord d'un ravin. Prosper lui avait écrit la veille pour lui annoncer son mariage et son départ. U relut ce billet et s'occupa
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de tirer l'horoscope de son frère, de calculer ses chances de bonheur. — Ne jamais se juger, avoir une marotte, croire aveuglément à son talent et ne voir dans la vie qu'un thème de littérature, ce sont là, pensait-il, de précieux avantages. Les Randoce font ressource de tout, même du malheur. Prosper n'aura jamais de chagrins qu'il ne puisse mettre en rimes. L'heureux homme 1... Ce disant, il se surprit à imiter l'inimitable chiquenaude de Carminette. — Eh bieni oui, reprit-il. La chiquenaude de Carminette! serait-ce là le fond des choses, le dernier mot delà sagesse! L'heureuse fille I...
Mais aussitôt, rentrant en lui-même, il éprouva une vive confusion. Il tira de son sein un médaillon d'ivoire qui renfermait le portrait en miniature de Lucile; il était en possession de ce trésor depuis quelques jours. Il ouvrit la boite, et contempla d'un œil avide la peinture, qui était faite avec art; la ressemblance était frappante. Il est possible que Didier fût guéri, comme il s'en flattait; mais il avait quelque léger ressentiment de son mal, voici du moins ce qui lui arrivait. Aussi longtemps qu'il se trouvait en la présence de Mme d'Âzado, il goûtait un bonheur tranquille, une paix silencieuse et profonde; mais loin d'elle, regardait-il son portrait, il entrait en extase, le cœur lui battait violemment, le feu de la fièvre allumait son sang, il croyait entrevoir je ne sais quelle divine créature à laquelle il tendait les bras et qui le tenait à distance, se refusait t ses désirs. Explique qui pourra cette énigme I S'il ai-
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mait passionnément la femme, c'est du portrait qa'il était amoureux.
Le chant d'un paysan qui coupait une cépée d'osier
le tira de sa contemplation. Il rougit comme s'il avait été çurpris^en bonne fortune, ferma précipitamment le médaillon, regarda sa montre, se frappa le front et se mit à courir. Quand il arriva, on l'attendait depuis vingt minutes, et Lucile commençait à s'inquiéter. Je ne sais ce qu'il put lui dire pour justifier son impardonnable retard.
Fm.
CouLOMMiBRB. — Imprimerie Paul BRODARa