‹ Protection et libre-échange, quelques statistiques [microforme]Chapitre 23 sur 39 · PRODUITS AMÉRICAINS · texte numérisé non relu

PRODUITS AMÉRICAINS

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PRODUITS ANGLAIS, EXPORTÉS A 1872 1878 £6,499,062 £4,304,105— Belgique. mu.

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MÉRICAINS.

L'une baissé rapidement et l’autre monte constamment dans la proportion des exportations.

Fn face de ce résultat, nous ne saurions mieux établir la position de l'Angleterre qu’en la représentant dans la position d’un riche bourgeois qui se retire des affaires. Il calcule qu'ayant assez d’argent de prêté, il peut se dispenser de travailler d'avantage. Il lui importe peu de renoncer à tel ou tel profit qu’il retirait en travaillant, attendu qu'après avoir déboursé pour vivre, disons $4,000 par année, il lui revient encore de ses placements plus du double en intérêts.

L'Angleterre avait un intérêt immense à établir le libre-échange. Maïitresse de l’industrie chez elle, elle la maîtrisait presque à l'étranger. Dans tous les pays du monde, nous dirions dans toutes les villes, elle a placé des capitaux, soit dans les banques, soit dans l’industrie, soit dans d'immenses maisons de commerce, soit dans les chemins de fer, soit dans la navigation. L’'Angleterre est rendue à ce dégré de puissance qu’elle envoie ses propres hommes et ses propres capitaux manufacturer à l’étranger. La plus grande manufacture de coton aux Etats-Unis, celle de Cohoes, par exemple, appartient exclusivement à des Anglais Que d’autres ne pourrions-nous pas citer ?

Pour l'Angleterre, établir le libre-échange, c’est accélérer le mouvement des échanges et, par conséquent, doubler le profit des chemins de fer et de la navigation, dans lesquels elle a de puissants intérêts. Elle en est rendue à un point où il lui importe peu qu’elle achète ses articles dans la Grande Bretagne même ou dans les pays étrangers, puisque dans l’un comme dans l’autre cas, ils viennent en grande partie d’un fabricant anglais. Dans presque toutes les villes du monde, les grands banquiers sont des Anglais. L'Amérique du Sud est toute entre leurs mains.

Du moment que l'Angleterre a compris que son territoire était trop restreint pour son immense accumulation de capitaux, elle a voulu prendre l'univers même pour le siége futur de ses opérations ; elle était forcée de le faire parce que si elle les eut tenus captifs dans ses limites, ils auraient fini par se dévorer entr’eux dans une concurrence effrénée, vu l'impossibilité de trouver des rendements avantageux.

Ce système n’a qu’un inconvénient. Par le libre-échange, l'Angleterre a déplacé le champ du travail. Ce quise faisait chez elle, se fabrique maintenant à l'étranger ; c’est à l’étranger que ses ouvriers devront aller chercher de l’ouvrage. Les capitalistes feront également fortune en Angleterre avec le libre-échange, les ouvriers périront. Une fois la boule du capital bien formée, elle se grossit rapidement ; mais malheur aux atômes, aux particules de toutes sortes qui se trouvent sur son chemin ; sa force d'adhérence est devenue irrésistible, elle balaiera tout sur son passage : et les bras et les petites bourses. Ceux qui observent l'effet que le libre-échange a produit sur les classes pauvres, s'effraient de ces résultats. De même que ceux qui regardent en haut ne voient que la prospérité ; de même ceux qui regardent en bas ne voient que l'accroissement du paupérisme, Pour ceuxci le libre-échange est une triste institution.

Les fabricants anglais ne peuvent plus lutter contre les Etats-Unis. Pour produiré à aussi bon marché, ils sont obligés de réduire les gages et de prendre sur l'ouvrier la protection que le tarif ne leur accorde pas. Quel est le district manufacturier dans la Grande-Bretagne qui n'a pas été bouleversé depuis un an par les grèves et les misères industrielles de toutes sortes.

Quant on voit la célèbre maison Horrocks, la plus grande fabrique anglaise de coton diminuer ses opérations et fermer plusieurs de ses moulins, pendant que les manufacturiers américains envoient par quatre et cinq millions du coton fabriqué en Angleterre, l’on n’a pas besoin de se demander quel est l’effet du libre-échange sur l’industrie d’un pays. Aussi les exportations anglaises diminuent d'année en année, tandis que ses importations augmentent.

M. Bourne, sous-secrétaire d'état, M. Giffen, chef des statistiques, M. Mundello, divers journaux spécialistes comme l’Æconomist, le Statist, The ournal of the statistical society ont tourné et retourné sur tous les sens cétte balance de commerce, de $200,000,000, $300,000,000 et $500,000,- 000 par année contre l'Angleterre sans pouvoir l'expliquer. Ils se sont demandé avec alarme : ‘* L’Angleterre mange-t-elle son capital ?’’ Non, elle ne le mange pas encore ; mais elle mange la classe ouvrière. Les grands capitalistes font rapporter leurs capitaux de bien des manières et les balances sont encore en leur faveur ; mais il n’en est pas de même des manufactures qui périssent. Les classes ouvrières anglaises traversent une crise épouvantable. En 1877, il y a eu 177 grèves en Angleterre, et 224 en 1868 par suite de réduction de salaires. Depuis le commencement de la présente année, les choses ne s’améliorent pas : 1500 ouvriers de filatures se sont mis en grève à Dundee, parce qu’on à réduit les gages de 10 p. 100. Plusieurs milliers d'ouvriers sur les chantiers de la Tyne ont arrêté l’ouvrage pour la même raison ; 60,000 ouvriers des docks de Liverpool ont fait la même chose parce que les salaires ont été réduits de $15 par mois à $rI.50.

MM. Penn et fils à Greenwich et Humphrey et Tennant à Deptford, constructeurs de machine à vapeur, ont suspendu leurs travaux et jeté 4,500 hommes sur le pavé. Il y a actuellement 9,000 machinistes sans emploi à Londres.

Au mois d'avril même de la présente année, cette réduction des gage poursuit sa marche. Le salaire des maçons a été réduit suivant les endroit. depuis 7d à 5%d. par heure. Dans les fers, la réduction des salaires a ét? de 7% à ro p. 100 dans les cotons de 10 à 15 p. 100. En général l’on a retran® ché 2 chelins par 30 chelins de salaire ; 1 chelin par 20 chelins. En 1872, le” salaires pour l'extraction du minerai étaient de 7s. 3d. et 8s. 3d. par jour. Il° sont maintenant de 25. od. par jour. Les gages des ouvriers en fer d'EcosseS qui étaient de 6s. 6d.en 1874, sont actuellement de 3 chelins. MM. Bolckow, Vaughn et Cie., viennent d’éteindre huit de leurs hauts fournaux ; MM, Samuelson et. Cie, cinq ; Stevenson et Jacques, quatre. Dansle district de. Durham, il y a actuellement trente milles ouvriers travaillant dans les mines et le fer en grève parcequ'on réduit leur salaire de 15 p. 100. Ils offrent 10 p. 100. À Edimburgh les charpentiers sont en grève ; à Londres ce sont les mécaniciens ; dans le Stafforshire, ce sont les fabricants de clous.

On se rendra mieux compte encore de la baisse de la main d'œuvre en analysant le prix des cotons fabriqués. La différence entre le coton brut et le coton filé était en 1874 de 47%2d. par Ibs. En, 1879, elle n’est plus que de 274, comme on peut s'en, convaincre par le tableau suivant, pris sur données officielles :

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Il en est de même pour les meilleures qualités de coton fabriqué. Prenez le shirting par exemple. Nous laissons parler le ?os4 de Liverrool, du 22 août dernier :

Par pièce de Moyenne Marge.

51bs. 7Ibs. 94 lbs. pur lbs.

M. 6 dd. 4 d d, d.

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7 10 12 SH 15 316 6 316 187A ssosore sous 6 108 6 114 11 74 15 416 6 16 1BTD ee secs 7 3Ÿ 6 44 10 74 13 11716 6 516 TO 1 5 +4 9 JA 12 916 6 5716 1877 ss soon 8 58 5 6 9 7 12 916 54

18 TB sscssoronses D ETF 9. 9 9 3 IT 11716 54

Le journal ajoute :

L'an dernier la marge entre le coton et les marchandises de coton était 34 d. par Ibs. audessous de la moyenne des années précédentes. Cette année, il y a une autre réduction de % d, réduisant de 17% d. la marge actuelle comparée aux termes de 1873 à 1876, qui, pourtant n'étaient pas des années rémunératives. Il est évident que cet état de choses ne peut continuer, Les fabricants qui ont la bonne fortune de posséder des marques en vogue sur le marché anglais peuvent soutenir sans difficulté ; mais ceux qui font de l'exportation souffrent des pertes sérieuses.

Aussi jetez les yeux sur l’état des manufactures anglaises, L’Æconomist du 2 février 1878 choisit les 40 meilleures filatures anglaises et il compare les dividendes de 1876 avec ceux de 1877. Voici le tableau qu’il donne:

Noms. Dividende en 1876. Dividende en 1877.

MBIDOUPAD sis érosion 208 Oldham tWist, ss cesse ssoocos 224 5 RAY ssce sstérossirseensisse 214 FE) Wind80Or se sovooe ovooe sovooseoooosses 2 64 GPOSVENOP us, » à à à sovson sonccosssee QU 0 Contral.... soscss sosoceve soso over 208 24 Grven ACres. , 4 4e à ssseuss sovosonoeeses 20 Sllliissesesse poscsaae.ncniec doses soscess 2 LOR 04 SAW ss s05osuo0e css restes res does ossse se M 64 Rose Mill... ss cesse code. 134 6) HAT POr EWISL ss sssssssss soso. 15 4% Hope dé 6 nt ann. ln ssrocte essaie . 124 è4 SD sscs sus ssésss seosécscstcesss cum | LE 44 AAIWOOd sors vos voccse vovoss 114 0 SIOCK. ANO 8 scecrseges ces soscée, a LU 5 Park side... ngerensermesnense 104 l Commercial... sessesou soosee voone DE 0 DU srnesoe0 éssitass-ceomsa one Veses cvoasene. UE 1 3716 AÏDEPL ss scsaséses oedéreas Leséstesesse » D A4 Bankside ss se ses soso 8% 1

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L'Znvestor's Monthly Manual nous donne hebdomadairement les cotes de toutes les usines de fer et d'acier fonctionnant par compagnie : | a Dividende en Dividende en 1878 al Andrew Knowles & Sons... ,..... 10 p.c. en "77 5 su Arniston COul ss sors soso 74 5 ds Benhar Colliery ........ sesssssss soso 0 4 Bilbao Iron sus sesssses covcse sooes voovee ET BolckoW À ssesvuses » sosouvese sectes sos 10 “

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Total du capitat dluns ces entreprises 82,19 1,425,000 cotes de Cômme on le voit, cet immense capital est presque improductif, s’il n’est pas perdu pour la plus forte partie.

Tel est le succès de la politique libre-échangiste de l'Angleterre, qu'elle a réussi à ouvrir ses marchés à la concurrence étrangère dans la proportion suivante :

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