‹ Protésilas et Laodamie: tragédieChapitre 5 sur 18 · Tu fus pour moi comme la lumière du jour et · texte numérisé non relu

Tu fus pour moi comme la lumière du jour et

comme la flamme, moi, dans tes bras, je fus une rose; pourquoi si vite le jour s'*assombril-il?

Pourquoi la flamme des Amours s'éteint-elle ? L'orage te chasse loin de moi et ta rose se dessèche, fanée; — pourquoi Orcus t'enlève-t-il à moi?

Sanglantes entre toutes sont les plaies de mon

àme, mon àmesoupire, nostalgique, après latienne, — tu es perdu pour moi à jamais.

3 . Les enlacements enflammés de tes bras me tiennent en mes rêves, me poursuivent; lies feux passionnés, les lueurs de tes yeux

PROTÉSILAS ET LAOOAMJE 35

font, dans mes rêves, roagir mes joues; —

reviens vors moi, reviens, — fût-ce pour un instant^ --

que je sois réunie i toi;

reviens vers moi, reviena, — fût-ce pour un instant, —

que malheureuse, rendue au Bonheur,

je connaisse la joie, moi, dédaignée,

qui m'étends, solitaire, sur ma couche; —

pourquoi Orcus t'enlève*t-il & moi ?

Les dieux ne me seront-ils pas plus cléments?

Mon âme s'empresse vers la tienne à travers les espaces :

elle s'empresse vers les trompeuses routes des plaines infernales..* A. Mais, vivante, j'emprisonne mon àme;

en larmes, elle s'en retourne vers la couche vide ;

je ne peux traverser les gués de TAchéron;

un vivant ne peut contraindre les gardes souterrains, —

pourquoi donc suis-je torturée si cruellement?

Atroces entre toutes sont mes plaies et mes plaintes :

vouant mon àme à une langueur éternelle,

je sais, — que tu es perdu à jamais.

(Elle s'arrête un instant près du tombeau et appuie sa tète contre les blocs tailléi de la stèle; elle reste ainsi quelque temps immobile.)

LEGHOBUR.

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