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Protestation du clergé du diocèse des Trois-Rivières contre certaines calomnies dirigées contre son évêque [microforme]

Nous, soussignés, prêtres du diocèse des Trois-Rivières, heureux de voir en votre personne distinguée le Représentant du Chof Supréme de l'Eglise, après avoir déposé respectueusement À ses pieds l'hommage de notre vénération profonde et de notre filial attachement, prenons la liberté de lui exposer ce qui suit :

Uonsidérant qu'une Supplique, datée du 6 Août 1881, a été présentée au

St Siège, il y a près d'une année, par quelqu'un qui n'osant y apposer son nom a indignement emprunté, sans y être autorisé, le nom du vénérable Doyen de ce diocèse ;

Considérant que ce document, qui a dû produire à Rome une impression des plus pénibles et certainement des plus fausses, est aujourd'hui entre les mains de Votre Excellence, qu'il est de nature à tromper indisnement ;

Considérant que, dans ce document, l'honneur de l'Episcopat Canadien est injustement attaqué dans la personne de l’un de ses membres les plus vénérables et les plus distingués :

Considérant que cet écrit, inspiré par la plus grande malveillance et la plus insigne mauvaise foi, est de nature à diminuer grandement auprès du Saint-Siège et de son Illustre Représentant au Canada, le crédit et li riorité du Chef très éclairé et très vertueux de l'Eglise des Trois-Rivières :

Considérant encore que par là le bien de la religion, et particulièrement les intérêts du diocèse des Trois-Rivières, sont exposés à souffrir considérablement ;

Considérant de plus qu'il est excessivement douloureux pour des fils dévoués de voir leur Père indignement injurié et calomnié, et qu'il est de leur

ne

devoir de revendiquer énergiqueuwnent l'honneur, le

respect et la confiance dûs à ses vertus, à son zèle et à sa science 4

Considérant enfin que ces insinuations injurieuses et ce

S calomnies, contenues dans la Supplique sus-mentionnée, se résument comme

suit :

10 L'Evêque des Trois-Rivières fait des nominations intéressées et nuisibles au bien de la religion ;

20 Il menace de foudres ceux de ses prêtres, qui ne partagent pas son opinion sur des questions libres :

80 Ïl a voulu des mesures qui préparaient les voies à l'enterrement civil ;

40 Il détruit des paroisses dans un but intéressé ;

50 Il empêche la colonisation des terres incultes :

60 Il favorise le fléau de l'émigration :

To I] scandalise les populations :

80 Il a manqué aux promesses données :

90 Il fait maudire le peuple en le trompant indignement :

100 Il dépouille ce peuple de ses droits acquis et p

ar des moyens iniques ;

110 Il nuit au développement des communautés religieuses : 120 Il bouleverse les institutions ù

130 Il fait périr des religieuses, en fa

isant de leur maison un vrai tombeau ;

140 Il prépare des conflits inévitables entre le gouv

ernement civil et le pouvoir religieux ;

150 Il détourne les anmônes des fidèles de leur juste destination L 160 I] s'immisce dans le commerce des Banques ;

170 Il expose la Corporation Episcopale à la banqueroute et le diocèse à

la rançon ; 180 Il a fait marché de sa signature épiscopale au sujet de documents intéressant à un h-ut point le bien de la religion ; 190 Il a manqué de soumission au Saint-Siège, Délégué ; 200 Ile ses prêtres.

dans la personne de son xerce une pression immorale et des mauvais traitements contre

Nous, enfants dévoués de

l'Eglise Catholique et fils très attachés de l'Illustre Evêque des Trois-Riviè

res, Convaincus que nous avons à accomplir un

acte de justice autant que de piété et de dévouement filial, protestons de toutes nos forces et dans toute la sincérité de nos âmes contre les odieuses calomnies ci-dessus mentionnées, et audacieusement portées dans l'ombre contre notre Evêque bien-aimé jusqu'auprès du Saint-Siège ;

Nous déclarons qu'en autant que nous pouvons le connaitre, toutes ces accusations sont fausses, dénuées de tout fondement et injurieuses au suprême degré ;

Nous faisons connaitre à Votre Excellence que nous sommes exvessivement aflligés de ce que cette odicuse trame ait été ourdie secrètement contre notre évêque, et nous n'hésitons pas à déclarer que c'est à cause de ses vertus et de ses éminents services rendus à l'Eglise que Mgr laflèche reçoit ainsi l'honneur de la persécution :

Nous demandons de plus, avec tont le respect dü à la Suprême Autorité que vous représentez dignement, que justice soit rendue à Mgr notre évèque, qu'il soit réhabilité auprès du Saint-Siège par les moyens que Votre Excellence jugera à propos d'employer et spécialement par le rejet de cette pièce calomniatrice du 6 Août 1881, et que son indigne détracteur, dénoncé comme il convient auprès de la Cour romaine, soit puni comme il le mérite ;

C'est pour la satisfaction de notre conscience, et pour l'acquit de notre devoir envers Celui, auquel nous avons solennellement promis obéissance et respect au jour de notre ordination. que nous faisons cette protestation et cette demande, les croyant justes, légitimes et propres à pro-urer la gloire de Dicu.

De plus, Excellence, nous ne Pouvons, dans une circonstance aussi douloureuse pour nous, nous borner à repousser énergiquement les odieuses calomnies inventées avec tant de perfidie contre notre très digne et très-vénéré Pasteur Ce serait une trop faible satisfaction donnée à la vérité et à la justice, et une consolation bien insuffisante pour nos cœurs blessés, Nous voulons de plus, et nous en sentons l’impérieux besoin, redire devant l'Illustre Représentant du Père commun des Fidèles les éminentes vertus, les hauts enseignements, et les travaux vraiment apostoliques de Celui. dont la sage et paternelle direction nous conduit depuis bientôt dix-sept ans dans la voie du bien et du devoir. Nous voulons mettre sons les yeux de Votre Excellence, avec d’autres éloquents témoignages, les vives protestations de reconnaissance, d'admiration et d'attachement, que nous avons, à plusieurs reprises déjà, déposées aux pieds de cet éminent Prélat, notre Père chéri autant que dévoué.

Au mois d'octobre 1879, à l'occasion de la fête patronale de Sa Grandeur, le Clergé du diocèse, voulant reconnaitre les éminents services de son Chef dis-

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tingué, désireux d'apporter en même temps quelque adoucissement aux amertumes dont il savait son cœur aflligé, résolut de lui offrir un cadeau destiné à perpétuer et les mérites hautement appréciés du Pasteur, et la gratitude, l'affvetion et la soumission des ouailles. L'offrande fut accompagnée de l'adresse suivante, dont nous aimons à redire aujourd'hui les paroles, comme nous en conservons avec fidélité les pensées et les sentiments.

MONSEIGNEUR

Le désir d'offrir à Votre Grandeur un témoignage tangible de la vénération et de l'affection dont l'entoure le Clergt du diocèse dés Trois-Rivières, vit depuis longtemps au cœur de tous vos humbles collaborateurs dans le chap de l'Eglise. Leurs vœux vous avaient désigné d'avanve à la haute direction de leurs travaux, et ce sentiment d'attachement à Votre personne ne s'est pas affaibli, Monseigneur, surtout quand le Clergé d'un autre diocèse, le partageant avec nous, venait, dans un élan de reconnaissance, déposer entre vos mains infatigables, un témoignage précieux, le riche insiyne qui redit si éloquemment

ces services, qui l'ont provoqué d'une part, comme les nobles sentiments qui

l'ont produit de l'autre.

Mais l'art qui rend sensible la pensée du cœur et l'incorpore à ln matière, comme pour lui donner un corps et en présenter la forme aux yeux, a ses nécessités et ses exigences. I] peut être plus prompt, quand il se prête à façon ner les métaux, à faire étinceler l'or.sons le burin ; il procède plus” lentement avec le pinceau et les couleurs. Il faut subir ses lenteurs. ou renoncer à son concours. Aujourd'hui cependant votre Clergé est heureux de pouvoir réaliser enfin les vœux qu'il a formés depuis longtemps. Cette toile qui s'est animée sous le pinceau, cette toile qui respire, vous redira, Monseigneur, elle rédira à tous que votre image vénérée est gravée plus vive et plus parfaite encore dans les cœurs, que l’auréole dont l'illumine notre affectueuse vénération y est encore plus glorieuse,

Le Clergé connait le dévouement qui a sauvé de la ruine l'institution même du diocèse, en rétablissant ses finances. Sous votre vigilante et paternelle administration, les œuvres qui ontété commencées par le digne fondateur du diocèse, ou qui existaient auparavant, ont prospéré, ont grandi ; et d’autres ont été entreprises, poursuivies et heureusement accomplies: témoins les progrès des deux gloires éducationnelles du diocèse, le magnifique Séminaire de Nicolet qui compte tant de succès, et celui des Trois-Rivières qui arrive à l’âge mür, sans avoir connu, pour ainsi parler, les faiblesses de l'enfance ; témoins les vingt-sept à trente institutions qui fleurissent dans le diocèse, sons la direction des bons frères des écoles chrétiennes ou sous celle de nos dévouées religieuses, institutions dont le nombre a quadruplé, depuis votre accession au Siége épis-

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copal des Trois-Rivières ; et les autres œuvres à l'honneur de l'Eglise et de ln religion, qu'ilest inutile d'énumérer ici, sont là nussi pour témoigner de l'ardeur, du zèle et du dévouement que Votre Grandeur a su déployer pour la défense des saines doctrines et pour l'accroissement et l'affermissement de la piété et

de tout bien, Mais ce que l'on ne saurait oublier, Monseigneur, ce sont vos

efforts pour dissiper les nuages dont on avait pu assombrir l'atmosphère, sur les bords du Tibre, au détriment de l'honneur et de lu valeur du Clergé ce

anadien. Croyez le Monseigneur, nous sommes tout particulièrement sensibles à ce bienfait; le rétablissement de la justice trouve si naturellement le cœur d'uccord.

Permettez, Monseigneur, que je prie Votre Grandeur d'agréer ce travail d'un artiste canadien, d'un enfant du diocèse; c'est l'hommage spontané du Clergé diorésain Croyez à son attachement, à sa vénération et à son dévouement à son Evéque.

Deux ans plus tard, à l'automne de 1881, la tempète devenait plus forte contre le vénérable Evêqne des Trois-Rivières. Pour l'acquit de sa conscience et dans le but de promouvoir d'une manière efficace les vrais intérêts de la religion dans notre pays, il crut devoir s'imposer pour la quatrième fois les fatigues du voyage à la Ville Eternelle. Les ennemis du bien, qui redoutent tou: jours la lumière, furent irrités en voyant un si grand zèle pour la défense des bons principes, et une fidélité si constante à recourir au Chef Suprême de la catholicité dans les difficultés que comportent les combats de la vertu et de la vérité. Ils firent entendre contre lui des remarques offensantes et indignes, Alors. à notre grande joie et à notre complète satisfaction, l'Administrateur de ce diocèse, le très-vénéré Chs. Olivier Caron, V. G. éleva la voix pour protester contre ces injures d’une presse mal disposée, e: ;::ar redire une fois de plus les hautes vertus, la science et le dévouement à l'Eglise du très-digne livêqu: des Trois-Rivières. Nous ne manquerons pas de répéter ici quelques-unes de ces paroles, qui sont, du reste, à peu près le contenu de l'adresse que nous avons nous-mêmes envoyée à Rome dans la même occasion. ‘Vous n'ignorez pas, disait M. le Vicaire Général, de quels sentiments est animée Sa Grandeur. Son humilité, son désintéressement parfait, sa charité apostolique, sa soumission a l'Eglise, son attachement aux doctrines romaines et ses vertus diverses, ont toujours brillé parmi nous, comme dans ses missions lointaines, d'un vif éclat et doivent faire comprendre à tous que notre digne Evèêque n'a entrepris le voyage à la Ville Eternelle que pour la plus grande gloire de Dieu. C'est précisément son attachement aux saines dostrines, dans ce siècle pervers, qui lui a mérité, à plusieurs reprises. l'honneur de la persécution dans le camp des adversaires des droits de l'Eglise.

Or, il est évident que ses enseignements, ses vertus, ses travaux et ses

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souffrances pour l'honneur de la religion et le salnt des âmes, qui en ont fait un des prélats les plus distingués du Canada, ne peuvent lui être imputés à disgrâce au Siège de la re montana de

Vous le connaissez comme nous, chers frères, et vous savez qu'il a été au milieu de nous tous un modéle de vertus par sa conduite, selon cette parole de l'Apôtre : Jacti forma gregis ex animo.

Dans son enseignement i] n'a été que l'écho fidèle de la doctrine de l'Illnstre Pie IX et de son auguste successeur Léon XIII, glorieusement régnant.

Dans ses luttes pour la défense des droits de l'Eglise, qui sont de plus en plus ménacés et attaqués pour la ruine de notre cher pays, nous pouvons tous lui rendre le témoignage éclatant qu'il n'a fait que se conformer aux lois générales de l'Eglise, et que récl'iuer pour le bénéfice de la religion, ce que nous ont légué nos aieux et ce que la loi, la constitution et les traités nous garantissent de la manière la plus authentique.

Nous pouvons le proclamer hautement, si notre digne Evêque a des adversaires aujourd'hui, comme en ont eu tant de saints Evêques d'autrefois et en particulier St-Thomas de Cantorbéry, c'est uniqueraent pour avoir défendu ce que nous avons tous de plus cher, la religion et la patrie, Les événements futurs le feront encore mieux vomprendre, Le seul tort que nous lui connaissions, c'est son extrême Mmansuétude à l'égard de ses détracteurs, dont les conps ont fait moins de mal à sa Personne qu'à l'Eglise. ”

Au mois d'octobre de cette année, lorsque tout joyeux nous avons vu reparaitre au milieu de nous Celui qui, malgré son âge avancé, ses infirinités et la faiblesse de sa santé, venait de se dévouer avec le plus grand courage pour le bien de son diocèse, nous nous sommes empressés de lui redire notre attachement, notre dévouement profond et notre vive gratitude. Nous l'avons fait dans les termes suivants :

A Sa GRANDEUR, Mar Ls. F. LAFLÈCHE,

Evéque des Trois: Rivières.

MONSEIGNEUR

Le Ciergé du diocèse des Trois-Rivières est infiniment heureux de saluer le retour de Votre Grandeur au milieu de ses ouailles, et il fait monter vers le ciel ses plus vives actions de grâces pour célébrer ce Jour, qui est un jour de bénédiction et de joie, Oui, que Dieu soit mille fois béni de vous avoir ramené comme par la main et de vons avoir conservé la santé d’une manière si admirable, pour l'avantage de vos chers diocésains. Le pasteur à donc été rendu à son troupeau ! les enfants ont retrouvé leur père : aussi l’allégresse est-elle grande

et universelle, Elle est d'autant plus grande, Monseigneur, que votre départ précipité du mois de Mai dernier nous avait affectés plus péniblement, Dans un état de santé des plus précaires, à l'âge avancé où vous êtes parvenu, quand vous étiez À peine remis des fatigues d'un long et pénible voyage, vous expo: ser de nouveau aux fureurs de cet Océan qui vous avait été si contraire ! Quitter votre pays, et aller vivre pour un tetups indéfini, sous un ciel étranger et lointain ! Tout cela, dans les circonstances où vous Vous trouviez nous paruissait au-dessus des forces ordinaires de la nature. Quel immortel amour vous portez à votre diocèse, Monseigneur ; et comment votre clergé ne vous aimerait-il pas à son tour ? Puisque votre cœur s'est senti assez de générosité pour entreprendre un pareil voyage, nous vous bénissons, Monseigneur ; et, sans vouloir rien préjuger, nous reconnaissons que vous avez été inspiré d'une sagesse supérieure, en l'entreprenant. Ce voyuge était extrémement pénible mais nous croyons comprendre qu'il était nécessaire, et nous voyons de nos yeux les immenses avantages qui en résultent déjà.

Depuis longtemps l'épreuve vous a poursuivi d'une manière implacable, Monseigneur; nous en avons gémi avec vous ; mais nous aimons à nous rappeler que l'empreinte austère qu'elle a laissée sur votre front, est le sceau des prédestinés,

Nos vœux et nos prières n’ont cessé de vous accompagner dans vos courses lointaines ; et nos populations qui vous ont toujours été si sympathiques et

si dévouees, se sont portées à la prière avec ardeur, pour demander le succès de vos généreux efforts, et, selon vos désirs bien des fois exprimés, pour arriver à procurer la plus grande gloire de Dieu.

Monseigneur, nous nous plaisons à vous considérer comme le second fondateur de votre diocèse, et nous espérons que l'histoire vous confirmera ce titre que nous nous plaisons à répéter aujourd'hui. Vous l'avez sauvé d’une ruine complète en +41, en rétablissant d'une manière si merveilleuse, ses finances délabrées et cowpromises. Dans cette première œuvre de votre administration, les efforts surhumains que vous avez faits, le dévouement que vous avez prodigué, les sacrifices pénibles et incessants que vous vous êtes imposés, quel est donc le cœur de prêtre qui pourrait les méconnaitre ou les oublier!

Et maintenant que vous avez réussi par Votre sagesse à mettre ce diocèse tant aimé sur un pied digne d'envie, nous l'espérons avec l'aide de la Divine Providence, vous en serez une seconde fois le Sauveur en conservant son intégrité.

Nous profitons de la présente occasion, Monseigneur, pour affirmer de nouveau, et d’une manière solennelle, ce que nos lettres da printemps dernier ont déclaré à Votre Grandeur, de la manière la plus touchante: Nous sommes à vous ; vos vues sont nos vues, vos intérêts sont nos intérêts.

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