‹ Proverbes d'autrefoisChapitre 107 sur 131 · Stue ne mainne Sain iHarltti 6t ne · texte numérisé non relu

Stue ne mainne Sain iHarltti 6t ne

matnne son parrain.

Celui que ne mène (protège) S' Martin, ne le sera pas non plus par son patron.

On peut juger par ce proverbe de l'immense popularité dont jouissait dans notre vieille France le grand thaumaturge des Gaules. Vous êtes-vous adressé à S' Martin, et S* Martin a-t-il paru ne pas vous entendre ? Inutile alors de recourir à un autre saint, même à votre Saint Patron, fût-il l'Archange Gabriel, ou Pierre le Prince de TEglise, ou Paul le S' Apôtre, ou même S' Jean le disciple bien-aimé. Aucun d'eux n'est plus grand, plus puissant que S' Martin ; s'il n'a pas pu vous exaucer, eux le pourraient encore moins.

Nul saint, en effet, n'a joui d'une popularité plus grande que S' Martin. Partout on lui avait érigé des autels, dédié des églises ; de partout on se rendait à Tours en pèlerinage à son tombeau. Clovis, après son baptême, n'y manqua pas ; c'était un culte extraordinaire basé surtout sur les écla* tants prodiges du saint. Rien, du reste, n'en donnera une plus juste idée, que ces contestations qui, d'après Sulpice-Sévère, surgirent entre popu-

lations après la mort du saint. Au bruit de cette mort, des contrées entières accoururent à Candat (ï). Les habitants de Tours et ceux de Poitiers se disputaient l'honneur de posséder ses restes. Les Poitevins disaient : c'est chez nous qu'il vint se fixer en premier lieu, qu'il fonda le monastère {2) où il eut voulu passer sa vie. Nous Tavons prêté ensuite à l'église de Tours, maintenant nous le reprenons. Les Tourangeaux répondaient que par son sacre, Martin leur appartenait tout entier et qu'il était inouï qu'on enlevât à son église le corps de son évêque. La dispute fut vive et dura un jour entier. Dans la crainte d'échouer malgré leur bon droit, les habitants de Tours eurent recours à un moyen décisif ; durant la nuit, ils enlevèrent le corps, le mirent dans une barque qui descendit la Vienne jusqu'à son confluent. Entrant ensuite dans la Loire, le convoi arriva à Tours, où il fut reçu au milieu d'un concours prodigieux.

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