‹ Proverbes d'autrefoisChapitre 122 sur 131 · tftni plM aitime autrui de 6oi, au moutiti · texte numérisé non relu

tftni plM aitime autrui de 6oi, au moutiti

fu mor) be $oit

Qui aime autrui plus que soi-même, au moulin se meurt de soif.

Eût-il tout en abondance, il ne sait rien garder pour lui.

C'est ce qu'on aurait évidemment mauvaise grâce à nier. Quand Alcibiade, d'illustre mémoire, voulut stupéfier ses légers et inconstants compatriotes, il n'osa pas recourir à ce moyen extrême, et se contenta de couper la queue de son superbe chien, qui faisait l'admiration de toute la ville.

Mais à quel propos ce proverbe, quand et à quelle occasion le citait-on ? Toutes les fois, sans doute, qu'en voulant satisfaire sa vengeance ou ses rancunes, on se lésait soi-même, soit pour avoir mal pris ses mesures, et avoir vu se retourner contre soi le mal qu'on avait préparé ou souhaité à d'autres, — il y en a tant qui se laissent prendre à leurs propres pièges, — soit enfin pour s'être dénigrés eux-mêmes et s'être enlevé toute autorité et tout prestige, en dénigrant ceux qui leur étaient alliés ou par les affaires ou par le sang.

2t0. tftui tant a fet qui ne puet mea, bien

le doit len leaaier en pea.

Qui a fait tout son possible, on doit bien le laisser en paix.

— Assez faict qui iaict ce qu'il peult.

Qabr. Miuaisr, Trétor des Sentence»,

— Ki fait ce qu'il peut, on ne luy doit plus demander.

ANC. Paov. Ms. ziii* siàcli.

— Qui tant a fait qu'il n'en peut mais Il se doit bien tenir en paix,

Proy. Gallic, Ms. XV» siAclr.

Quand on a fait tout ce qu'il était possible de faire, on n'est pas obligé à davantage. Que pourraiton bien reprocher à qui fait son possible ; si Dieu lui-même le laisse en paix et lui tient compte de sa bonne volonté, pourquoi Thomme serait-il plus exigeant.

SU. (Hui tient la patte par ta quee, it ta

torne ta on it veut.

Qui tient la queue de la poêle, la tourne comme il veut.

C'est bien à celui qui dirige une affaire et qui en a toute la responsabilité d'en avoir aussi la seule direction.

mu. Ctut lot done beua foi) 2>one.

Qui tôt donnC) deux fois donne.

— Ce proverbe est traduit mot à mot du latin de Sénèque t Bi$ dat qui cita dat, »

— Un bienfait qui se fait trop attendre est gâté quand il

aiTive.

— Petit présent trop attendu, n'est point donné mais bien

vendu.

— Bis est gratum, quod opus est, ultro si offeras.

C'est se rendre doublement agréable que d'aller au-devant d'un désir.

— Beneficium inopi bis dat, qui dat celeriter.

C'est doubler un bienfait que l'accorder sans délai. Erasme, étapré9 Etaripide.

— Gratta quœ tarda est, ingrata est gratta ; Namque cum fieri properat, gratia grata magis, si bené quid facis, fadas citô, nam cita factum gratum erit. Ingrat am gratia tarda facit.

Un bienfait trop attendu est un bienfait perdu ; il a au contraire deux fois plus de prix quand il est accordé aussitôt que demandé, voulez-vous donc faire du bien, faites-le de suite, il sera alors opportun et mieux reçu. Si vous tardez trop, il ne fera qu'un ingrat.

ACSONE.

Un acte de bienfaisance tardif est souvent stérile, inutile, désagréable.

« Ne dicas amico tuo: vade, et revertere, cras dabo tibiy cùm statim possis dare. »

Ne dites pas à votre ami qui vous demande quelque chose : allez et revenez demain, lorsque vous pouvez le lui donner à l'heure même.

Salomon, Proverbes, III, 28,

C'est perdre la grâce d'un don que de ne pas le faire le plus tôt possible. Il semble qu'on cherche

PHOVERBES D AUTREFOIS

du temps pour trouver les moyens de ne rien donner. C'est laisser voir au moins qu'on n'oblige pas avec plaisir et s'exposer à accomplir une action inutile.

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