DE LOUREVILLE
Voilà l'air, le feu et l'eau ensemble.
Non, monsieur, ma fête est d'habitants des eaux.
M. DE LOUREVILLE.
Mais le feu , où sera-t-il ?
M. PASTOUREAU
A la fin.
M. DE LOUREVILLE.
Quoi, l'enfer au dernier acte? On n'a jamais fini par des démons . Ce n'est pas cela , vous n'y êtes pas .
M. PASTOUREAU
Je n'ai point de démons.
M. DE LOUREVILLE.
Point de démons , point d'enfer ! Impossible de réussir, vous n'y êtes pas. Il faudrait du moins
M. PASTOUREAU
Parlez* monsieur, je vous écoute.
M. DE LOUREVILLE.
Non , non ,* nous verrons après.
M. PASTOUREAU
Jupiter a transporté Léda à la Chine.
288 l'auteur
M. DE LOUREVILLE.
A la Chine?
Oui , monsieur.
M. DE LOUREVILLE.
A la Chine, c'est bien quelque chose! Mais je ne vois pas là d'enfer : et puis ce serait trop td. cl.
M. PASTOUREAU
Permettez. Il est obligé de retourner au ciel pour punir Ixion. Pendant ce temps-là , le roi de la Chine veut enlever Léda. Mercure fait venir les combattants de Jupiter : les Chinois sont repoussés, le roi est prisonnier. Glaucns paraît, et apprend à Mercure que le destin lui a accordé Léda , et que Jupiter et Junon, en faveur de cet arrêt, se sont raccommodés. Mercure rend la liberté au roi de la Chine et à ses combattants. Le roi donne une fête chinoise à Giaucus et à Léda , qui chantent un duo , à quoi un chœur chinois répond. Ixion, qui est précipité du ciel après le retour de Jupiter, met, en tombant, le feu à un artifice chinois superbe, qui termine Topera. Vous voyez bien, monsieur, que voilà du iéu.
M. DE LOUREVILLE.
Oui ; mais ce n est pas là sa place , non plus que celle des combattants : il faut corriger cela , et suivre la marche indiquée.
M. PASTOUREAU
Monsieur, aidé de vos couseils, je ne demande pas mieux.: mais voyez du moins les vers s'ils sont lyriques.
M. DE LOUREVILLE.
Montrez. Avec de la docilité, vous pourrez faire quelqueehose; mais vous n'y êtes pas encore. Je vous aiderai, parce que je vous trouve des dispositions. Voyons quelques morceaux.
ME. PASTOUREAU
Voici, si vous voulez bien, le monologue de Giaucus, dans le palais de Neptune.
M. DE LOUREVILLE.
A la bonne heure.
M. PASTOUREAU
Cruel destin, suspends ta rigueur!
Charmaut Amour, dont je chéris ia tlamme, Ne veux-tu régner dans mon cœur Que pour troubler mon àme?
Je crois, monsieur, que cela doit vous plaire?
M. DE LOUREVILLE.
On voit bien que vous avez des idées, mais ce n'est pas cela. Je voudrais....
M. PASTOUREAU
Mais, monsieur, la prière au destin amène le denoûment.
M. DE LOUREVILLF.
C'est la tournure de ce monologue, qui devrait être autrement. (Rêvant.)
Cruel destin, suspends ta rigueur] C'est une invocation?
M. PASTOUREAU
Oui, monsieur.
M. DE LOUREVILLE.
Je sens bien cela; mais je voudrais tourner ce vers-là....
M. DE LOUREVILLE.
Attendez.
Cruel destin....
Laissez-moi îàire, laissez-moi faire.
M. PASTOUREAU
Je ne dis mot.
M. DE LOUREVILLE.
Passez-moi récritoire, je vous prie.
M. PASTOUREAU
La voilà.