‹ Proverbes dramatiques de Carmontelle (volume 2)Chapitre 130 sur 236 · M. DU COULOIR · texte numérisé non relu

M. DU COULOIR

Pardonnez-moi; l'on a ce droit vis-à-vis de ceux qui veulent nous ôter ce qui nous appartient. D'ailleurs voilà monsieur, qui est le neveu de votre mari; il est le maître d'en user avec vous comme il lui plaira.

Mnie DE RUPERT.

Quoi, vous êtes le chevalier de Saint-Rieul?

LE CHEVALIER

Oui, madame.

Mrae DE RUPERT.

Où me suis- je fourrée!

LE CHEVALIER

Madame, consentez à ce que vous propose M. du Bouloir : ceci sera un secret, si vous le voulez.

Mmo DE RUPERT.

Mais, messieurs, si j'ai dit six cent mille francs ; il n'y a pas cela, je me suis trompée.

LE CHEVALIER

Eh bien, nous partagerons.

Mme DE RUPERT.

Je ne vous donnerai jamais trois cent mille francs.

M. DU BOULOIR.

En ce cas on mettra le scellé, comme je vous ai dit, et puis vous n'aurez que ce qui vous revient de droit.

Mme DE RUPERT.

Allons, messieurs, venez chez moi, puisqu'il le faut absolument.

M. DU BOULOIR.

Cela vaudra mieux que de plaider, madame.

Mme DE RUPERT.

Ah, mon dieu, pourquoi suis-je venue ici! (Elle s'en va.)

LE CHEVALIER

Quelles obligations, quels services!....

M. DU BOULOIR.

Vous êtes mon neveu. Finissons cette affaire sans perdre un instant; nous irons chercher ma nièce après, et j'aurai la satisfaction de faire votre bonheur à tous deux; ne serai-je pas bien récompensé? Allons, allons.

(Ils s'en vont.)

LA

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