LE COMTE, EMILIE
LE COMTE
Elle a juré ma perte j je n'eu saurais douter.
EMILIE
Vous connaissez son caractère j il ne faut pas la contrarier.
LE COMTE
Avec quelle indifférence elle m'abandonne à ma douleur I
EMILIE
Mais pourquoi ne pas croire ce quelle vous dit? Que cette veste soit finie ou non , que vous importe? "Vous n'en manquez pas.
LE COMTE
Si vous me querellez aussi .'.... Mais vous ne savez pas ce qui a donné lieu à tout cela .
Je ne prends le parti ni de l'un ni de l'autre : mais je vois qu'on se brouille toujours sur unmot.
LE COMTE
Sur un mot î . . . . Ah , je vous en prie , que je la voie , que je me jette à ses pieds! Je ne saurais vivre avec l'inquiétude où
je suis , et la savoir irritée contre moi Ma chère Emilie , je
vous conjure de lui demander la permission
EMILIE
Ce n'est pas dans ce moment-ci ; laissez passer ce premier mouvement. Il faut qu'elle soit plus calme, pour vous entendre et vous pardonner.
LE COMTE
Ah ? si elle m'aimait véritablement !
LA VESTE BRODÉE. l3
EMILIE
Sûrement , vous lui feriez des reproches , et vous vous perdriez tout-à-fait.
LE COMTE
Je m'en rapporte à vous. Mais est-il vrai que cette veste soit finie?
EMILIE
Vous voyez bien que le sujet de la querelle vous occupe encore plus que le désir de l'apaiser. Allez-vous-en ; et vous reviendrez quand vous serez plus tranquille.
LE COMTE
Je vais suivre votre conseil ; je n'espère plus qu'en vous.
(Il sort.)