PAU PHILOSOPHIE
LA COMTESSE
Vous avez doulé de mon cœur?
LE CHEVALIER
Non , madame , non ; ce n'est pas moi à qui cette pensée a pu venir j mais comme un véritable amour est facile à alarmer, je me suis laissé séduire , trop facilement sans doute. •
LA COMTESSE
Et qu'avez-vous fait?
Ah ! permettez
LA COMTESSE
Non , je veux le savoir.
LE CHEVALIER
Eh bien , madame , c'est avec la dernière confusion que je vais .vous avouer que j'ai voulu vous inquiéter par ce billet.
LA COMTESSE
Comment?
LE CHEVALIER
Ce n'est pas à moi qu'il a été écrit.
LA COMTESSE
Vous avez recours à cet artifice dans un moment où vous étiez si sûr d'être aimé?
LE CHEVALIFR.
Ah! je ne prévoyais pas tout ce que je souffrirais de l'indifférence avec laquelle vous avez reçu cette épreuve.
LA COMTESSE
Je conçois que cette crainte avait pu vous retenir; mais vous n'avez pas eu celle de me voir souffrir par cette épreuve: ce spectacle vous aurait sans doute enchanté.
LE CHEVALIER , avec confusion.
O ciel! que dites -vous?
LA COMTESSE
Allez, monsieur, vous me confirmez, mais trop tard , ce qu'on m'avait dit des hommes , qu ils se ressemblent tous , et qu'ils ne vous aiment que pour eux.
l52 LE PETIT-MAÎTRE
LE CHEVALIER
Quoi, madame , vous pourriez ne pas me distinguer?
LA COMTESSE
C'en est fait , monsieur, je ne tous verrai plus. (Elle sort et tir»
une porte sur elle.)
LE CHEVALIER
Ah , madame! je mourrai , s'il in est impossible que jamais.. .