SCENE VIII
LOGRE, LA MÈRE BOINISETTE.
LA 3IÈRE BONNETTE
Eh, mon maître, où allez-vous donc, au lieu de vous coucher?
l'ogre.
Mère Bonnette , apporte la lampe ; je me ravise. Il vaut mieux tuer ces enfants à présent; les Ogres mes amis aimeront mieux les manger que de manger du mouton, du veau, ou du cochon.
LA MÈRE BONNETTE
Mais , mon maître
l'ogre.
Encore? Je n'aime pas qu'on me contredise, tu le sais bien. Allons, obéis; apporte la lampe.
LA MÈRE BONNETTE (s'en allant
Ah, les malheureux enfants!
i/OGRE.
Tu réponds, je crois?
LE PETIT POUCET. J 83
LA MERE IONNETTE.
Je dis que VOUS l'aurez dans l'instailt. (Elle va chercher Ja lampe.
l'ogre.
Qu'est-ce que ceci veut dire? Je ne les sens plus. (A lanière Bonnette.) Veux-tu venir?
LA MÈRE BONNETTE (dans la maison).
C'est que la lampe est éteinte.
l'ogre.
Comment , chienne !
LA MÈRE EONNETTE.
Je suis tombée , pour m'étre trop pressée.
l'ogre.
Je t'irai chercher.
LA MÈRE EONNETTE.
Notre feu est éteint. Il faut que je batte le briquet.
l'ogre.
Comment , vieille sorcière ! Je vais aller à toi : attends . attends-moi.
LA MÈRE BONNETTE
Ah ! j'ai trouvé du feu.
l'ogre.
Si je vais te chercher, tu t'en repentiras.
LA MÈRE BONNETTE
J'y Suis tOUt-à-l'heure. (Elleparait avec la lampe.)
l'ogre.
Voyons, éclaire-moi. (il cherche.) Éclaire donc bien. (En colère.) Ils n'y sont plus : c'est toi , abominable bête, qui en es cause.
Moi?
l'ogre.
Oui, toi. Je ne sais qui me tient que je ne l'étrangle, oui....
LA MÈRE BONNETTE, à genoux.
Ah, mon cher maître, miséricorde!
84 LE PETIT POUCET
LOGRE.
Lève-toi, et donne-moi mes bottes de §ept lieues tout-à- Theure.
LA MÈRE BONNETTE
J'y vais. (En s'en allant.) Comment faire?
l'ogre.
Oui, sûrement, c'est elle Viendras-tu?
LA MÈRE BONNETTE, (revenant avec les bottes.)
Je les tiens.
l'ogre.
Allons donc, (il met ses bottes.) Si je De les trouve pas, tu seras mangée à mon retour.