‹ Proverbes dramatiques de Carmontelle (volume 2)Chapitre 94 sur 236 · M™ MOKA, M. DELALANDE, M. DUVAL, M. DES- PRESSINS, LE GARÇON · texte numérisé non relu

M™ MOKA, M. DELALANDE, M. DUVAL, M. DES- PRESSINS, LE GARÇON

M. DESPRESSINS.

Eh bien, a-t-il parlé?

M. DUVAL

Oh pour cela , non. Allons , donne-moi mes vingt louis.

M. DELALANDE.

Un moment.

M. DUVAL

Mais n'as-tu pas parié que tu le ferais parler 7

M. DELALANDE.

(Test vrai.

M. DUVAL

Eh bien?

M. DELALANDE.

Comme je lui ai marché sur le pied , peut-être qu'il m'enverra dire quil veut se battre j il faut attendre.

M. DUVAL

Nous sommes convenus qu'il parlerait aujourd'hui ; qu'astu à dire?

M. DELALANDE.

C'est vrai ; mais si c'est par ce que je lui ai dit, qu'il parle demain, je le suppose , je n'aurai pas perdu.

M. DUVAL

Tout de même.

M. DELALANDE.

Non pas. Veux-tu parier encore dix louis?

M. DUVAL

Si tu veux.

M. DESPRESSINS.

Finissons cette affaire-ci auparavant.

M. DELALANDE.

Et comment?

M. DESPRESSINS.

Écoutez-moi , vous êtes des nigauds tous les deux.

M. DELALANDE.

Pourquoi cela?

M. DESPRESSINS.

Parce que cet homme, qui s'appelle M. Ledoux, ne pouvait pas vous répondre. Vous lui auriez parlé cent ans.

M. DU VAL

Il est peut-être muet?

M. DESPRESSINS.

Tu l'as dit. Il est sourd et muet de naissance.

M. DELALANDE.

Que diable.' il fallait donc nous le dire.

M. DESPRESSINS.

J'ai voulu vous laisser parier. Tenez, voilà vos dix louis à

chacun. (Il les leur rend.)

M. DU VAL

Veux-tu que je te mène! Où vas-tu?

M. DELALANDE.

Aux Italiens.

M. DESPRESSINS.

Eh bien, j'irai aussi.

M. DU VAL

Garçon, vois si mon carrosse est là.

LE GARÇON, regardant.

M. DELALANDE.

Allons-nous-en. Bonjour, madame Moka.

Mme 3IOKA.

Messieurs, je suis bien votre servante.

M. DU VAL

Allons, passe.

Cils s'en vont.)

LA

MÉDAILLE D'QTHON.

PROVERBE XLf.

PERSONNAGES

M. DE VERBERIE

M. DE LA MERCI

Page 1