M™ MOKA, M. DELALANDE, M. DUVAL, M. DES- PRESSINS, LE GARÇON
M. DESPRESSINS.
Eh bien, a-t-il parlé?
M. DUVAL
Oh pour cela , non. Allons , donne-moi mes vingt louis.
M. DELALANDE.
Un moment.
M. DUVAL
Mais n'as-tu pas parié que tu le ferais parler 7
M. DELALANDE.
(Test vrai.
M. DUVAL
Eh bien?
M. DELALANDE.
Comme je lui ai marché sur le pied , peut-être qu'il m'enverra dire quil veut se battre j il faut attendre.
M. DUVAL
Nous sommes convenus qu'il parlerait aujourd'hui ; qu'astu à dire?
M. DELALANDE.
C'est vrai ; mais si c'est par ce que je lui ai dit, qu'il parle demain, je le suppose , je n'aurai pas perdu.
M. DUVAL
Tout de même.
M. DELALANDE.
Non pas. Veux-tu parier encore dix louis?
M. DUVAL
Si tu veux.
M. DESPRESSINS.
Finissons cette affaire-ci auparavant.
M. DELALANDE.
Et comment?
M. DESPRESSINS.
Écoutez-moi , vous êtes des nigauds tous les deux.
M. DELALANDE.
Pourquoi cela?
M. DESPRESSINS.
Parce que cet homme, qui s'appelle M. Ledoux, ne pouvait pas vous répondre. Vous lui auriez parlé cent ans.
M. DU VAL
Il est peut-être muet?
M. DESPRESSINS.
Tu l'as dit. Il est sourd et muet de naissance.
M. DELALANDE.
Que diable.' il fallait donc nous le dire.
M. DESPRESSINS.
J'ai voulu vous laisser parier. Tenez, voilà vos dix louis à
chacun. (Il les leur rend.)
M. DU VAL
Veux-tu que je te mène! Où vas-tu?
M. DELALANDE.
Aux Italiens.
M. DESPRESSINS.
Eh bien, j'irai aussi.
M. DU VAL
Garçon, vois si mon carrosse est là.
LE GARÇON, regardant.
M. DELALANDE.
Allons-nous-en. Bonjour, madame Moka.
Mme 3IOKA.
Messieurs, je suis bien votre servante.
M. DU VAL
Allons, passe.
Cils s'en vont.)
LA
MÉDAILLE D'QTHON.
PROVERBE XLf.
PERSONNAGES
M. DE VERBERIE
M. DE LA MERCI