M. DE VERBERIE, M. DE LA MERCI
M. DE VERBERIE
Je suis bien aise que vous preniez de mon chocolat, parce que vous vous y connaissez bien , et que vous me direz ce que vous en pensez.
Je vous réponds que je n'en prends jamais , et surtout à cette heure -ci.
M. DE VERBERIE
Oh , il ne vous fera pas de mal , il est fait chez moi.
M. DE LA MERCI
Voulez-vous me laisser dire ce qui m'amène?
M. DE VERBERIE
Volontiers ; mais c'est que j'étais bien aise d'être sûr avant, d'avoir votre avis sur mon chocolat.
M. DE LA MERCI
Vous connaissez l'abbé de l'Exergue?
M. DE VERBERIE
Si je le connais? Sûrement. Eh , vous me faites songer!
Il doit venir ici cette après-dinéc ; c'est lui qui m'a procuré le cacao , il faudra bien qu'il en prenne aussi du chocolat.
M. DE LA MERCL
Vous n'avez que votre chocolat dans la tête* mais puisque l'Abbé vient ici, il faut bien que je l'attende.
M. DE VFRBERIE.
Sans doute, vous prendrez du chocolat ensemble.
236 LA MÉDAILLE d'oTHON.
M. DE LA MERCI
C'est un homme très-curieux en médailles, à ce que tous m'avez dit?
M. DE VERBERIE
C'est très-vrai.... Leroux! Je crains qu'il n'en fasse pas assez .
M. DE LA MERCI
Ne vous inquiétez pas de cela. Je voudrais un peu causer avec l'Abbé pour savoir
M. DE VERBERIE
Permettez que j'aille dire à Leroux....
M. DE LA MERCI
Cela n'est pas nécessaire.
M. DE VERBERIE
Allons, comme vous voudrez ; mais vous serez cause qu'il n'y aura pas assez de chocolat de l'ait.
M. DE LA MERCI
Je vous dis que je u'en prendrai pas : ainsi il y en aura toujours assez pour l'Abbé.
M. DE VERBERIE
Oh, bon, vous en prendrez tous les deux. Eh bien?
M. DE LA MERCI
Eh bien, si l'Abbé avait une certaine médaille qui me manque, je serais l'homme le plus heureux du monde.
M. DE VERBERIE
Vous saurez cela en prenant du chocolat ensemble.
M. DE LA MERCI
On m'a dit qu'il l'avait- et vous sentez bien que s'il voulait me la céder....
M. DE VERBERIE
Oh, il le fera, puisqu'il m'a cédé le cacao avec quoi j'ai fait mon chocolat.
M. DE LA 3IERCI.
Ce n'est pas la même chose.
M. DE VERBERIE
Pardonnez-moi, pardonnez-moi.
LA MÉDAILLE d'oTHON. 237